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Blanche de Castille
MessagePosté le: Mer 30 Nov - 02:46:08 (2016) Répondre en citant
Bonne Maman
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Citation:
Fille d'Aliénor d' Angleterre et d'Alphonse VIII de Castille, Blanche de Castille épouse Louis VIII en l'an 1200, alors qu'elle n'a que douze ans. Elle donne douze enfants à la couronne de France entre 1205 et 1213, dont cinq atteignent l'âge adulte, parmi lesquels Louis et Charles. La guerre qui sévit dans le sud de la France vient à bout de son beau-père et de son mari. Louis IX a onze ans ; sa mère assure la régence et fait habilement face aux seigneurs rebelles de la Bretagne et du Centre qui refuse de se plier à l'autorité monarchique. Une fois Louis IX sacré, elle ne disparaît pas de la sphère du pouvoir et assume la totalité des fonctions de son fils lors de l'absence de celui-ci, parti en croisade. Epuisée, elle est confrontée à la révolte des pastoureaux, avant de s'éteindre loin de son fils, toujours prisonnier des musulmans.

C'est à Aliénor d'Aquitaine, effrayée du comportement de Jean sans Terre, que la France doit d'avoir eu une telle reine. Alphonse roi de Castille a trois filles, dont l'aînée est mariée au roi Léon. Les deux plus jeunes, célèbres par leur mérite et par leur beauté, sont vantées devant Philippe-Auguste, qui envoie à Alphonse une ambassade pour demander la main d'une de ses filles. Les ambassadeurs devant les deux princesses également belles et douées, hésitent. Ils vont s'en remettre au hasard, quand ils font la remarque que la plus jeune nommée Blanche avait un nom plus doux à prononcer que celui de sa sœur, qui s'appelle Uracca ; cela décide du choix.

Le 23 mai 1200, l'archevêque de Bordeaux reçoit le consentement de Louis, âgé de treize ans et fils aîné de Philippe-Auguste, et de Blanche, âgée de douze ans. La cérémonie du mariage a lieu en Normandie, fief du roi d'Angleterre, car le royaume de France a été placé sous interdit par le pape Innocent III, depuis le début de l'année (Philippe-Auguste ne voulant pas répudier Agnès de Méranie pour reprendre son épouse légitime, Ingeburge du Danemark qu'il tient emprisonnée depuis 1193). Les chroniques de Saint-Denis qualifient Blanche de « très sage, très belle, très bonne et très franche ».

Quand son mari, alors Dauphin de France, se voit proposé la couronne d'Angleterre par les Anglais, lassés de Jean sans Terre, en septembre 1216, et que suite à la mort de ce dernier, le 18 octobre 1216, ces mêmes Anglais reconnaissent son fils Henri III âgé de dix ans, c'est Blanche qui vient en aide à son mari en difficulté ; et non son père Philippe Auguste. Ayant échouée à obtenir de l'aide de ce dernier, elle décide de mettre ses enfants en gage pour financer une expédition de secours en compagnie d'Eustache le Moine. L'échec de l'expédition force Louis à revenir en France.

Sur le plan familial, Blanche remplit les devoirs de la maternité dans toute leur étendue, elle nourrit elle-même ses enfants. Un jour qu'elle accompagne son époux dans une partie de chasse, une dame du palais donne son propre lait au futur saint Louis, pensant se rendre agréable à la reine ; mais Blanche, à son retour, fait rendre à l'enfant tout le lait étranger qu'il avait sucé : « Je suis sa mère, dit-elle, et nulle autre femme ne doit le nourrir ». Elle apporte la plus grande vigilance aux progrès intellectuels de ses fils.

Louis le Lion, son époux, a trente-sept ans quand il monte sur le trône (1223). Le 6 août, l'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, préside le sacre du Roi et son couronnement, ainsi que celui de Blanche. Presque aussitôt Louis prend les armes contre les Albigeois : Philippe-Auguste l'avait prévu et on lui avait entendu dire, dans ses derniers jours, ces paroles devenues prophétiques : « Les gens d'église entraîneront mon fils dans la croisade contre les Albigeois ; il y mourra, et le royaume restera entre les mains d'une femme et d'un enfant ». C'est au cours de cette guerre que commencent les révoltes des seigneurs, qui amènent plus tard les troubles de la régence de Blanche. Thibaut IV, comte de Champagne, est le premier à manifester ouvertement son indépendance.

Elle fait sacrer le futur Saint Louis malgré l'absence d'une grande partie de la haute noblesse du Royaume. Louis IX n'a que douze ans et demi. Reste à affronter la coalition du comte de Champagne, du comte de Bretagne, Pierre Mauclerc ; de Lusignan, comte de la Marche, et de sa femme Isabelle (veuve de Jean sans Terre), comtesse d'Angoulême ; et du vicomte de Thouars et Savary de Mauléon !

Sa diplomatie fait merveille puisque, sans combat, la ligue se trouve dissipée et le 27 mars 1227, le comte de Bretagne et le comte de la Marche comparaissent à Vendôme, et y signent un traité.

Mais une nouvelle conjuration, dirigée par Philippe de Hurepel, bâtard de Philippe Auguste, cherche à capturer le Roi et à le retirer des mains de la régente. Blanche s'enferme au château-fort de Montlhéry, et de là elle écrit aux bourgeois de Paris, en les conjurant de venir la délivrer, elle et son fils. La reine est aimée à Paris, les bourgeois s'arment, et viennent en foule chercher le jeune Roi qu'ils ramènent en triomphe sans que les rebelles osent troubler son retour. Dans la suite de son règne, le bon Roi se complait à rappeler ce témoignage de l'amour de ses sujets.

« Et me conta le saint Roi, dit Joinville, que il, ni sa mère qui étoient à Montlhéri, ne bougèrent jusques à tant que ceux de Paris les vinrent quérir avec armes ; et me conta que dès là, armes et sans armes, le conduisit jusques à Paris, et le défendit la bourgeoisie et garda de ses ennemis ».

Cependant les conjurés ne pouvant vaincre la Régente s'attaquent à Thibault de Boulogne, rare grand du Royaume encore fidèle au Roi. Ce dernier, avec le peu de troupe qui lui reste et malgré sa jeunesse, part vers Troyes pour le secourir. Cette intervention militaire surprend les Barons qui n'osent porter les armes contre leur suzerain.

La Bretagne est toujours alliée de l'Angleterre, Henri III ayant débarqué à St Malo, alors que Blanche vient de conquérir les places fortes bretonnes de Chantoceaux et d'Adon. Finalement, à Saint-Aubin du Cormier, une trêve est signée, 4 juillet 1231, pour trois ans avec une clause renouvellement. Elle est immédiatement suivie d'un traité de paix définitif, signé à Paris, entre le comte de Bretagne et la reine, et qui met fin à toutes les guerres que la régente a eu à soutenir contre les vassaux de la couronne.

La jalousie et les calomnies persistent. C'est ainsi qu'alors qu'un religieux réprimande le Reine sur les « orgies et maîtresses de Saint Louis » elle lui réplique qu'elle aimerait mieux : « voir mourir son fils, malgré toute la tendresse qu'elle avait pour lui, que de le voir encourir la disgrâce de son Créateur par un seul péché mortel ».

Si la force de caractère et son talent diplomatique exceptionnels sont mis au service de la France, le sire de Joinville nous rapporte qu'elle surveille le couple royal de trop près et est d'une grande dureté vis-à-vis de sa belle fille, Marguerite de Provence. Il souligne que Saint Louis dut se cacher pour voir sa femme.

Saint Louis ayant accompli le vœu de se croiser s'il guérissait, confie la régence du Royaume à Blanche en 1248. Louis IX avait, en effet, remis à sa mère le gouvernement du royaume avec les pleins pouvoirs. Ce pouvoir royal est tel, qu'au mois de mai 1249, on donne cours à une nouvelle monnaie qui, sous le nom de Reine d'or, représente Blanche tenant une couronne. Blanche de Castille gouverne sans inquiétude, défendant les possessions poitevines et l'héritage toulousain.

Son gouvernement est sage et prudent, elle refuse ainsi à Henri III le passage par la Normandie, que ce prince lui demande pour aller réprimer les troubles de ses provinces de France ; ce refus de la régente préserve les peuples des désordres qui accompagnent la route des armées et qui, au Moyen Age surtout, sont redoutables.

C'est à peu près le dernier acte important de l'administration de Blanche de Castille. Elle est surprise à Melun d'une fièvre violente, transportée à Paris, elle y reçoit les derniers sacrements des mains de l'archevêque de Paris ; elle meurt le 27 novembre 1252.

Blanche est inhumée à l'abbaye de Maubuisson. La reine avait fondé cette abbaye en 1241. Une charte de la même année atteste qu'elle a bâti ce monastère de filles de l'ordre de Cîteaux, afin d'y faire prier pour l'âme du roi Alphonse, son père, de la reine de Castille, Aliénor d'Angleterre, sa mère, et de Louis VIII, son époux.

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MessagePosté le: Mer 30 Nov - 02:46:08 (2016)
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Blanche de Castille
MessagePosté le: Mer 30 Nov - 08:59:39 (2016) Répondre en citant
Granada
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Une grande dame ... une grande reine ...

Blanche de Castille
MessagePosté le: Jeu 1 Déc - 20:08:56 (2016) Répondre en citant
TanNoni
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Grande reine, mais pas forcément belle-mère très agréable... Il semble même que pour sa belle-fille Marguerite de Provence elle fut une vraie marâtre.

Voir ici et là...

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Blanche de Castille
MessagePosté le: Sam 3 Déc - 05:09:23 (2016) Répondre en citant
Bonne Maman
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Une belle mère insupportable vous voulez dire !

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MessagePosté le: Sam 3 Déc - 11:01:25 (2016) Répondre en citant
caporal_épinglé
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_ C'est généralement la caractéristique première de la "belle-mère"...
 Certaines sortent du lot et savent rester à leur place, d'autres n'ont pas cette pudeur...


                                       

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 23:32:11 (2016) Répondre en citant
Bonne Maman
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C'est un rôle difficile, et un équilibre fragile à trouver.

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MessagePosté le: Lun 5 Déc - 00:03:34 (2016) Répondre en citant
caporal_épinglé
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_ Sans doute avez-vous eu une bonne expérience, la mienne est décevante...

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Blanche de Castille
MessagePosté le: Lun 5 Déc - 01:38:11 (2016) Répondre en citant
Bonne Maman
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Je n'ai pas eu... J'ai, nuance...

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MessagePosté le: Lun 5 Déc - 07:49:15 (2016) Répondre en citant
caporal_épinglé
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*
_ Et large nuance...

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Blanche de Castille
MessagePosté le: Lun 5 Déc - 17:28:32 (2016) Répondre en citant
Bonne Maman
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C'est de toute façon source de polémique, et, au mieux, d'humour

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:50:09 (2017)
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