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Annexe aux guerres napoléoniennes
MessagePosté le: Lun 21 Mai - 01:25:26 (2018) Répondre en citant
TVR
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Je m'amuse (en espérant vous intéresser) depuis quelques années avec des sujets consacrés aux grandes batailles napoléoniennes.

J'ai évoqué, à l'occasion de certaines batailles, les manœuvres de l'infanterie (Austerlitz), de la cavalerie (Leipzig) et de l'artillerie (Friedland).

On pense parfois que la stratégie d'ensemble comme ces tactiques sont de type purement napoléoniennes, comme si elles étaient apparues dans les années 1802/1804 par la seule volonté du premier Consul, futur empereur des Français.

Comme c'est évidemment faux, puisque rien ne provient de rien (forcément) faisons ensemble un petit retour sur l'évolution des armées françaises pendant tout le XVIIIème siècle.

Ce serait tout d'abord une erreur de penser que les batailles napoléoniennes furent les premières à mettre en ligne plusieurs dizaines de milliers d'hommes. La guerre "en dentelle" est souvent présentée comme des chocs assez réduits d'armées relativement peu nombreuses, et il est exact qu'à Fontenoy en 1745 l'armée royale alignait environ 45 000 hommes, soit l'équivalent de deux corps d'armée napoléoniens.

Cependant, à Malplaquet en 1709, l'armée du Maréchal de Villars présentait une masse de 120 000 hommes, soit beaucoup plus que ce dont Napoléon disposa à Austerlitz (74 000 hommes pour comparer).

Les armées de Louis XIV mobilisèrent en effet entre 1704 et 1713 plus de 350 000 hommes servis par plus de 1 200 pièces d'artillerie, soit, avec les moyens du temps, un effort humain et matériel très proche de celui du début du XIXème siècle (sauf pour l'artillerie qui évolua considérablement pendant le siècle).

L'idée d'armée en masse, formée par toute la nation, n'est pas une idée révolutionnaire même si la "nation en armes" s'est en partie concrétisée à partir de 1793 : le premier à en avoir eu l'idée, et à l'avoir formalisé dans ses écrits, fut le Maréchal de Saxe, dans ses "rêveries militaires", traité de stratégie passionnant que Lazare Carnot avait certainement lu ...

L'ouvrage du Maréchal de Saxe présente un intérêt particulier car il est construit de manière assez similaire aux 'oisivetés" de Vauban, qui décrivait quelques années auparavant la guerre comme un effort non seulement purement militaire, mais aussi démographique, économique et même fiscal : ces hommes pensaient déjà la guerre comme un tout lié intrinsèquement à la politique de l'Etat, et devant être intégré en tant que tel.

Soulignons ici que Clausewitz et son célèbre "de la guerre", dans les années 1830, n'osera pas aller aussi loin dans la réflexion stratégique.

Qu'en est-il maintenant de la stratégie et des tactiques au combat qui ont fait des armées napoléoniennes les meilleures d'Europe pendant plus de dix ans ?

L'armée française, quoique très puissante, a subi des échecs cuisants lors de la guerre de sept ans entre 1757 et 1763.

Elle connaît une série de réformes internes dans les années 1765 à 1780 qui ont pour but de la préparer à de futurs conflits. Surtout, et prenant la suite de Vauban et Saxe, des militaires français se mettent à écrire et proposer des analyses tactiques et stratégiques de grande ampleur.

Un débat passionné relayé par les journaux du temps met aux prises deux catégories d'officiers totalement en désaccord : les artilleurs et les ingénieurs géographes ...

Ces officiers lancés en pleine querelle théorique sont en effet en plein conflit, et prennent à témoin une opinion publique en cours de formation.

Les artilleurs sont convaincus que la puissance de feu augmentant des canons va permettre de donner aux guerres futures de la France une capacité de choc tactique qui relancera d'un coup l'idée de manœuvres et de batailles en champ ouvert. Jean-Baptiste de Gribeauval est leur plume, et écrit toute une série d'articles, puis un traité "de l'artillerie" que le jeune Napoléon lira avec le plus grand intérêt.

Les ingénieurs géographes, pour leur part, restent convaincus que la capacité des fortifications de plus en plus renforcées aura pour effet de bloquer le concept de batailles en champ ouvert, et ramènera inévitablement les armées aux modèles du XVIIème siècle : des campagnes ayant pour but de conquérir des territoires, d'où des zones de blocage constituées de places fortes à la Vauban, empêchant l'ennemi de déboucher. Leur plume est l'un des plus brillants d'entre eux : Pierre Ambroise Choderlos de Laclos qui bien avant d'écrire les "liaisons dangereuses" s'affirme comme l'un des grands théoriciens des places fortes et du contrôle du territoire par des points de convergence imposés par la géographie.

Ces querelles d'experts n'en sont pas : elles impactent directement l'effort politique et budgétaire des années 1770/1780. En effet, c'est Gribeauval qui l'emporte dans l'esprit des ministres, car il présente également un plan technique spectaculaire de refonte de l'artillerie de campagne.

En s'inspirant en effet du modèle suédois du début du siècle, Gribeauval propose le découplage de l'artillerie de campagne entre quelques calibres, peu nombreux (4, 6, 8 et 12, plus les obusiers de 24) permettant de standardiser la fabrication des pièces et de permettre un approvisionnement plus aisé. Il met également au point ce que l'on appellera le "système Gribeauval" : tout le charroi et les systèmes de caissons de munitions approvisionnant les pièces.

Choderlos de Laclos et les ingénieurs ont perdu dans cette controverse stratégique essentielle. Il s'en consolera en écrivant ses "liaisons", mais continuera sa carrière militaire et mourra divisionnaire sous l'empire.

Dans le même temps, un autre officier se met à écrire : Jacques Antoine Hippolyte de Guibert publie un "essai général de tactique" dans lequel, au-delà de remettre en question un système social de plus en plus aboulique, il propose de refonder tout simplement l'organisation des armées en campagne et l'emploi des grandes unités.

Ayant étudié les campagnes du maréchal de Saxe, Guibert a remarqué qu'en 1747/1749 ce dernier, à la tête d'une armée de près de 200 000 hommes, avait découplé de manière empirique son commandement auprès de lieutenants généraux.

Guibert va alors beaucoup plus loin : il propose que l'armée soit, en campagne, formée de corps de troupes inter armes capables de tenir un combat à condition de pouvoir se réunir rapidement pour reformer le corps de bataille.

Pour ce faire, deux conditions sont indispensables : que l'armée soit organisée de manière suffisamment souple pour que puissent être constituées des grands groupes formés d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie, et que ces ensembles privilégient la vitesse qui seule pourra permettre le déploiement large dans un premier temps de ces "petites armées" et leur concentration au moment opportun, c'est-à-dire lors de la bataille qui doit - normalement - clore la campagne.

Deux autres conditions accessoires viennent se rajouter à cet exercice de réflexion tactique :

- la rapidité des déplacements nécessitera la légèreté des approvisionnements en nourriture particulièrement, ce qui pose tout de suite le problème de fond auquel la seule réponse possible est de "vivre sur le pays" (entendez par là se nourrir sur l'habitant au fur et à mesure de la progression)

- et il sera souhaitable (préférable) que chaque officier général en charge d'un groupe soit un "petit César", c'est-à-dire capable de commander ces unités diversifiées de manière cohérente et coordonnée

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MessagePosté le: Lun 21 Mai - 01:25:26 (2018)
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