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Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 01:30:10 (2018) Répondre en citant
TVR
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La Normandie, et après plus rien ?

Après la destruction en Normandie de la VIIème armée allemande et des Ier et IIème corps blindés SS, les armées alliées (entendons par là anglo-américaines) ont foncé fin août vers la Seine.

La prise de Paris, non désirée par Eisenhower mais provoquée par le conseil national de la résistance et Leclerc menant sans ordres sa 2ème DB, a contraint l'état-major d'Eisenhower à modifier ses plans.

Cependant que le 21ème groupe d'armées commandé par Montgomery (troupes anglaises, canadiennes et la division blindée polonaise - la 1ère armée US de Bradley reprend son autonomie) arrive sur la Seine au nord de Paris, passe les ponts et fonce vers la Belgique, les 1ère et 3ème armées américaines dérivent vers la région parisienne puis remontent à leur tour vers le nord-est : l'objectif américain est d'avancer vers l'Alsace mais surtout de remonter vers le Luxembourg.

Le repli en catastrophe des débris de la VIIème armée, et surtout de la XVème armée allemande qui reflue du Pas de Calais le long de la Manche pour se regrouper finalement autour d'Anvers, crée un vide tactique qui aspire les alliés.

Début septembre, les anglais du XXXème corps blindé prennent Bruxelles sans résistance, et s'installent en préparant la suite des opérations.

A ce moment, le 5 septembre 1944, Churchill commet un pas de clerc diplomatique magistral : la couronne nomme Montgomery Fieldmarshall, ce qui lui donne 5 étoiles quand Eisenhower, en charge de toutes les troupes alliées, en a 4 comme Omar Bradley à la tête de la 1ère armée US, et Patton, à la tête de la 3ème armée blindée.

Montgomery, "Monty", a été plus que moyen en Normandie ... il a perdu 60 000 hommes et plus de 600 chars pour prendre Caen; mais surtout il lui a fallu un mois et demi pour avancer vers le sud, et n'a finalement pu dégager son 21ème groupe d'armées du Calvados que quand Patton et la 3ème armée blindée ont déclenché l'opération "Cobra" vers Avranches et la Bretagne, déclenchant alors le gigantesque coup de faux contre la VIIème armée et le IIème corps parachutiste du général Meindl, qui était remonté à pied depuis la Bretagne pour tenir le bocage au sud de Saint Lo.

Surtout, Monty méprise son commandant en chef (Eisenhower) et prend pour des ploucs Bradley et Patton.

Quand mi septembre l'amiral Ramsay, de la Navy, conseille fortement de bien contrôler les ports importants de la mer du Nord avant toute opération vers le nord de l'Allemagne, Monty le traite de crétin.

Il a une idée, un projet stratégique, et entend bien l'imposer tant à ses supérieurs qu'à ses alliés.

Son projet est d'entrer en Allemagne par le nord, de foncer en deux échelons vers la Ruhr d'une part et le centre du pays d'autre part : en brisant un front allemand devenu évanescent en Hollande, il peut percer définitivement les défenses du Reich, emmener derrière lui les américains qui descendront vers la Ruhr, et atteindre Berlin, pourquoi pas, avant que les soviétiques soient sortis de Pologne.

L'idée est intéressante, même si elle est à l'évidence marquée par la volonté de Montgomery de damer le pion à ces américains qu'il n'aime pas mais dont il dépend ...

La mise en œuvre, elle, est d'une complexité sidérante.


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 00:37:11 (2018); édité 3 fois

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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 01:30:10 (2018)
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Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 01:53:58 (2018) Répondre en citant
TVR
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La 1ère armée aéroportée

L'arme parachutiste est connue de tout le monde depuis longtemps.

Les paras allemands ont pris les ponts hollandais et belges en 1940, et par une arrivée en planeur encore jamais tentée, se sont emparés du fort belge d'Eben Emael.

Ils ont aussi pris la Crète en 1941 avec 92% de pertes (ce qui a décidé Hitler à ne plus jamais les utiliser en saut de masse).

Si leur saut sur la Crête a été meurtrier, il a permis le transport aérien sur place d'une division d'infanterie aérotransportée; c'est elle qui a alors pris la suite et décidé du combat.

Les alliés ont rapidement formé, eux aussi, des unités aéroportées : pour les anglais les 1ère et 6ème divisions, et la 50ème division aérotransportée, et pour les américains les 82ème et 101ème divisions.

La 1ère division para anglaise et la 101ème US ont sauté sur la Sicile en 1943, et subi de lourdes pertes.

Les 6ème division anglaise, 82ème et 101ème US ont ensuite sauté sur la Normandie lors du débarquement.

Larguées de nuit, avec des repères préalables douteux, les pertes de ces unités ont dépassé les 60% des effectifs; cependant elles ont pu, pour les anglais bloquer le canal de l'Orne à l'est de la zone de débarquement, et pour les américains prendre Sainte Mère Eglise et préparer les zones arrières d'Utah Beach.

Moyennant quoi tout le monde est maintenant au courant, sauf à être sourd ou autiste, que l'envoi en masse d'unités parachutistes représente une prise de risque majeure pour les unités envoyées, surtout si les renforts terrestres n'arrivent pas au plus vite vers les zones tenues par les paras.

En août 1944 est créée en Angleterre la 1ère armée aéroportée.

Commandée par le lieutenant général US Breredon, elle est composée des 82ème et 101ème divisions américaines, de la 1ère division para anglais, et de la 50ème division aérotransportée. La 6ème division para anglaise a tellement souffert du 6 juin qu'elle a été retirée de l'organigramme pour plusieurs mois.

Commandement allié oblige, le chef d'Etat-major de la 1ère armée aéroportée est un anglais : le général Browning, surnommé "Bob" Browning. C'est un dandy, marié à la romancière Daphné du Maurier qui avait choisi la couleur cramoisie du béret des paras anglais.

Bob Browning appartient au meilleur monde, et il a ses entrées. Il est aussi un inconditionnel de Monty; s'il a supervisé les opérations de la 6ème division le 6 juin, il n'a pas directement, encore, pu influer sur les opérations.

Il se rallie immédiatement à l'idée de Monty et met en musique pour lui la plus gigantesque opération aéroportée qui ait jamais eu lieu : ce sera "Market Garden".

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 02:05:15 (2018) Répondre en citant
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Avancer sur un tapis de parachutistes

En effet, le plan de Monty consiste à projeter vers la Hollande et le nord de l'Allemagne son XXXème corps blindé pendant que la 2ème armée canadienne foncera vers Anvers.

Le "hic" est qu'il y a 130 kilomètres entre les premières lignes anglaises et les points repérés comme devant être contrôlés, dont essentiellement les ponts autour de Nimègue et le pont d'Arnhem, sur le Rhin inférieur.

Entre le 8 et le 12 septembre, Monty et son état-major, avec l'appui technique du général Browning, mettent en place les prémisses d'une opération aéroportée totalement hors norme :

Il est question de larguer 35 000 parachutistes sur des zones de saut s'échelonnant sur 110 kilomètres : les paras s'empareront des ponts et des points de passage, cependant que le XXXème corps foncera pour les rejoindre en transperçant le front allemand pour déboucher sur Arnhem et, au-delà : l'Allemagne.

Faire passer l'idée n'est pas une sinécure : Bradley trouve l'idée invraisemblablement dangereuse, Eisenhower lui-même est un peu surpris de ce plan qui, d'un coup, va modifier en dix jours l'ensemble de l'effort allié, car en effet il va falloir dériver vers les anglais l'essentiel du ravitaillement total des alliés.

Or ce ravitaillement, en septembre, continue à ne venir que de Normandie : de Cherbourg et du port artificiel d'Arromanches, à 600 kilomètres des premières lignes.

Par un effort ahurissant, les alliés approvisionnent leurs armées à raison de 1 200 tonnes par jour, et Monty demande alors à "Ike" de lui dériver 1 000 tonnes par jour pour son opération.

Autrement dit, les 1ère et 3ème armées US vont s'arrêter sur place, le temps que Montgomery gagne la deuxième guerre mondiale ...


Dernière édition par TVR le Dim 25 Nov - 02:54:59 (2018); édité 1 fois

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 02:21:00 (2018) Répondre en citant
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Si votre parachute ne s'ouvre pas


Ces unités parachutistes qui vont sauter sur Arnhem ne sont pas composées que de parachutistes au sens classique du terme.

Si en effet l'essentiel des unités sera parachuté, l'arme parachutiste de l'époque est aussi et surtout complétée de troupes transportées par planeurs.

Ces planeurs sont vitaux : ils transportent les pièces d'artillerie légère, des Jeeps équipées de mitrailleuses 12.7, et tout un matériel permettant aux paras d'être immédiatement autonomes en tant qu'unités combattantes.

Ils peuvent aussi amener sur place au plus près des cibles des groupes de combat entiers.

En Normandie, ce sont des planeurs qui ont amené à Pegasus Bridge les paras anglais.

Mais ces planeurs sont fragiles, et mobilisent les C-47 Dakota qui doivent les tracter.

Leurs cloisons sont en contre plaqué, et pour être plus léger les troupes embarquées et les pilotes ne portent pas de parachutes.

C'est un voyage dangereux que de libérer l'Europe en planeur ... un général de brigade US, de la 101ème, y avait laissé la vie dans la nuit du 5 au 6 juin, car les planeurs arrivent souvent en "cassant du bois", ou plus précisément en s'écrasant sur le moindre obstacle.

En général il n'y a qu'un pilote à bord, pour gagner de la place.

Les alliés disposent de deux types de planeurs : les "Horsa" transporteurs de troupes et les "Waco C-G4", appelés par les anglais les "Hadrian", plus lourds et prévus pour emmener jusque des véhicules.

Que ce soit en parachute (assez éloigné des parachutes modernes) ou en planeur, le voyage représente un risque ...

Les paras anglais ont le sens de l'humour (anglais) : leur blague favorite est : "si votre parachute ne s'ouvre pas, rapportez-le : on vous le remplacera !"

Pour les "gliders" (les personnels des planeurs), un officier allemand un peu étonné lira à Arnhem sur la coque d'un planeur ce texte écrit à la craie et reprenant le slogan du gouvernement anglais conseillant les économies de déplacement : " ce voyage est-il vraiment nécessaire ?"


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 00:44:19 (2018); édité 3 fois

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 02:45:05 (2018) Répondre en citant
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Huit ponts et une route

Pour défoncer des lignes allemandes considérées comme presque déjà dissoutes, le plan que Montgomery fait avaler à Eisenhower est alors le suivant :

à partir du 17 septembre 1944, les divisions parachutistes et leurs planeurs vont poser comme un tapis de troupes entre le nord de la Belgique et Arnhem, sur 110 kilomètres.

Dans la foulée, le XXXème corps du général Horrocks foncera pour les rejoindre, assurer les prises des 8 ponts nécessaires à son offensive, prendra Arnhem, et l'ensemble du 21ème groupe d'armées suivra pour se retrouver pile au nord de la Ruhr.

Un seul petit souci en dehors de la distance surprenante sur laquelle il est prévu de lancer les paras : compte tenu des canaux belges et hollandais, il n'y a qu'une route pour mener de Nimègue vers Arnhem les 2 500 engins blindés du XXXème corps.

Horrocks, commandant du XXXème corps, est considéré par Monty comme l'un de ses meilleurs généraux. Grièvement blessé en Italie, il était au repos en Angleterre quand Montgomery le fait revenir fin août 44 pour lui confier le fer de lance de ses armées.

Epuisé, la colonne vertébrale fragilisée par ses blessures, le général Horrocks, connu pour son allant et sa bonne humeur, est cependant hors d'état d'avoir un avis critique sur la tactique ahurissante qui lui est ordonnée.

Perdant définitivement ses boulons, il proposera d'ailleurs fin septembre un plan de bataille ayant pour objectif d'attirer l'armée allemande à Waterloo. Son ami Monty lui conseillera alors d'aller se reposer en Angleterre ...

La question du commandant de corps du XXXème étant réglée, qu'en est-il des autres généraux qui vont participer à "Market Garden" ?

Les 82ème et 101ème divisons US sont commandées par des généraux exceptionnels, Gavin et Taylor. Les colonels commandant leurs régiments aéroportés sont pour la plupart très bons, ayant fait les sauts sur la Sicile ou la Normandie.

Le patron du 505ème régiment para US dira d'ailleurs aux aviateurs qui briefent les sauts : "faites ce que vous voulez, mais si vous recommencez comme le 6 juin je reviens vous péter la gueule !" ...

Pour la 1ème division para anglaise, le patron est le général Urquhart, un fantassin à qui on a confié cette division au printemps 44.

Elle est composée de trois brigades parachutistes et d'un bataillon d'éclairage équipé de jeeps et de matériel antichars qui arrivera par planeurs.

La 1ère division est également renforcée de la 1ère brigade parachutiste polonaise du lieutenant-général Sosiebowsky.

Ce sont au total près de 35 000 parachutistes qui vont être largués.

Cette opération aéroportée sera donc la plus importante en termes d'effectifs et de cibles jamais réalisée.

Lors des briefings préalables, deux généraux font part de leurs doutes : le général Gavin de la 82ème US, sidéré des objectifs qu'on lui désigne, demande si l'état-major général a toute sa tête, et le polonais Sosiebowsky, révolté par ce qu'on lui demande, exige un ordre écrit n'engageant pas sa responsabilité vis-à-vis des ses hommes, car il pressent un désastre.

Il n'a pas tort ...


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 00:48:31 (2018); édité 2 fois

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 03:28:40 (2018) Répondre en citant
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Ils sont en déroute

Pour l'état-major de Montgomery la messe est dite début septembre : il n'y a plus d'armée allemande digne de ce nom pour s'opposer à la poussée des divisions alliées.

La destruction de la VIIème armée, le repli en catastrophe de la XVème armée, la dissolution en cours de la XVIIème armée au sud de la Loire, la disparition pure et simple de la Luftwaffe du ciel : tout permet de penser qu'en face il n'y a plus rien ou presque.

Alors que les états-majors américains continuent comme des bœufs à avancer leurs divisions face à un ennemi dont ils se méfient, les anglais ont été pris depuis début septembre d'un enthousiasme sympathique mais un peu hors de propos.

Un historien anglais parlera plus tard, pour décrire le délire qui se propage depuis Monty jusqu'à ses échelons de commandement intermédiaire, d'ubris ... L'ubris, ce sentiment qui mène à la destruction les guerriers trop fiers, pour se rappeler la tragédie grecque ...

Il n'y a donc plus personne en face des anglais en Hollande ?

En fait il y a des troupes, et de plus en plus nombreuses.

La XVème armée s'est concentrée autour d'Anvers et des ports essentiels de la mer du Nord.

La déroute suivant la bataille de Normandie et la prise des ponts sur la Seine est réelle, mais c'est précisément à la frontière hollandaise que les divisions décimées commencent à se regrouper.

L'ensemble est disparate, défait, mal coordonné dans un premier temps en raison de la pression permanente des alliés.

Mais c'est à cet endroit et à ce moment de la mi septembre que la Wehrmacht commence à essayer de reprendre ses marques.

Des groupes de combat sont formés pour protéger les ponts hollandais.

Le général Student, commandant des paras allemands, est envoyé sur place pour reformer avec les moyens du bord un corps d'armée d'infanterie.

Le lieutenant-colonel Von der Heydte, dont le 6ème régiment de para allemand avait bloqué les américains le 6 juin autour de Carentan, est aussi sur place avec une unité jeune, encadrée par ses anciens de la Normandie.

Autour de l'aéroport de Deelen, au nord d'Arnhem, sont stationnées des compagnies de la division "Hermann Goering", une unité d'infanterie dépendant de la Luftwaffe.

Mais surtout, autour d'Arnhem sont en cours de reformation les unités des divisions SS, les 9ème "Frundsberg" et 10ème "Hohenstaufen", des divisions blindées SS décimées en Normandie mais qui ont survécu.

Des effectifs d'origine de 20 000 hommes par division, il reste 6 000 hommes opérationnels pour les deux divisions. Ces survivants disposent aussi de matériel qu'ils ont su ramener avec eux ...

Le 15 septembre 1944, le haut commandement de la Waffen SS décide, depuis Berlin, de les renforcer de 160 canons d'assaut, qui seront convoyés vers la Hollande par "Blitztransport" - des trains prioritaires - et arriveront sur zone le 19 septembre.

Deux bataillons de chars Tigre sont également mobilisés pour la région d'Arnhem et vont à partir du 16 septembre être dérivés par "Blitztransport" vers ce petit coin de Hollande, dont le pont routier sur le Rhin inférieur est une clé d'entrée vers l'Allemagne.

Dans la foulée, des renforts sont concentrés dans le secteur d'Arnhem : le Maréchal Model, commandant en chef du secteur, arrive sur place le 10 septembre, et demande des troupes et du matériel pour protéger les ponts ...

Les unités de Waffen SS sont pour leur part commandées par le général Bittrich, qui par sa clairvoyance va être le bourreau des parachutistes anglais.

C'est donc un ensemble disparate qui en effet se trouve face aux alliés, mais ... mais :

- les anglais n'éprouvent plus le besoin de faire fonctionner les réseaux de résistance en matière de renseignement car pour eux la messe est dite

- et cet ensemble disparate va se reconcentrer à toute vitesse en moins d'une semaine à la stupéfaction horrifiée des commandants alliés


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 01:01:35 (2018); édité 5 fois

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Dim 25 Nov - 03:54:52 (2018) Répondre en citant
TVR
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17 septembre ; premier jour ...

À la grande différence des largages du 6 juin, les sauts auront lieu de jour.

C'est plus dangereux, mais c'est plus sûr pour le regroupement des compagnies parachutistes et l'arrivée des planeurs.

Vers 14h00 ce 17 septembre, les hollandais entendent tout à coup le bruit sourd des avions, et les coups de départ de la FLAK allemande.

Si dans un premier temps, autour d'Arnhem, on pense d'abord au passage devenu régulier des flottes de bombardiers volant vers l'Allemagne, on se rend compte rapidement qu'il se passe autre chose.

A près de 12 kilomètres d'Arnhem sont largués en moins de trente minutes les trois brigades de la 1ère division para anglaise.

Les 2 800 paras de la 1ème brigade du général Lathbury atterrissent dans un timing à la limite de la perfection, et immédiatement commencent une marche forcée vers Arnhem et son pont routier.

Les 2ème et 3ème brigade des généraux Hackett et Hicks, larguées à 6 kilomètres pour l'une au sud et l'autre à 4 kilomètres à l'ouest, arrivent aussi sans encombre.

En revanche les planeurs atterrissent comme ils peuvent ... tout le bataillon de reconnaissance et ses 26 jeeps est considéré comme perdu alors qu'en fait il est arrivé, mais 5 kilomètres en retrait du centre de largage prévu.

Il se produit alors un désastre pour les anglais : leurs radios ne portent pas ...

On ne saura jamais ce qu'il s'est passé. Certains supposeront que les radios paras anglaises avaient été brouillées par les immeubles, qu'elles étaient trop faibles, bref le résultat est là et s'impose brutalement aux trois brigades de la 1ère division :

dès leur largage, elles perdent contact les unes avec les autres et avec le soutien aérien.

Les paras anglais avancent donc sur Arnhem sans soutien et sans information des renforts prévus.


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 01:07:18 (2018); édité 1 fois

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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 08:02:12 (2018) Répondre en citant
possum
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Intéressante ton idée de raconter Arnhem !


Allez ! Un peu de zique pour accompagner...





https://youtu.be/crqOp2zT2YE

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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 09:48:38 (2018) Répondre en citant
caporal_épinglé
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*
_ Je dirais même plus, idée intéressante, votre idée !





                                      



 Il faut bien garder en tête que pour la majorité des français, la guerre s'arrête à la libération de Paris, oubliant Colmar, Strasbourg, Saint-Nazaire...
 99% ignorent que la Corse sera le premier département libéré de France, Ajaccio, première ville !

 Combien savent la date du Débarquement de Provence ? Alors les Pays-Bas...
 Merci à vous de rappeler ces faits   Okay

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En avant toujours, repos ailleurs !



_ Quand j'entends le mot culture, je charge mon revolver !
Visiter le site web du posteur

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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 10:40:05 (2018) Répondre en citant
possum
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Pire encore !



Les merdiatiques pensent que la Guerre Mondiale a fini avec la victoire dans la Grande Guerre Patriotique de Libération de l'URSS, le 8 Mai 1945 !


...mais on ne va pas polluer plus longtemps l'exposé, comme toujours magistral, de l'ami TVR !

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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 10:18:54 (2018) Répondre en citant
Bonne Maman
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Merci TVR pour ce récit aussi clair qu'exposé avec brio et un zeste d'humour, le tout saupoudré d'un soupçon de suspense

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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 10:20:23 (2018) Répondre en citant
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possum a écrit:
Pire encore !

Les merdiatiques pensent que la Guerre Mondiale a fini avec la victoire dans la Grande Guerre Patriotique de Libération de l'URSS, le 8 Mai 1945 !
.mais on ne va pas polluer plus longtemps l'exposé, comme toujours magistral, de l'ami TVR !


Pour moi, tout s'est terminé après l'affaire du vase de Soissons...

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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 01:55:33 (2018) Répondre en citant
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Oups !

Après tous vos commentaires élogieux il faut reprendre le fil ...

Ce voyage est-il vraiment nécessaire ?

Si les largages des premiers bataillons anglais se déroulent bien, l'arrivée des planeurs est plus délicate.

Les tirs de la Flak allemande font des dégâts terribles sur ces planeurs en contre plaqué dont les équipages ne disposent pas de parachutes.

Souvenir affreux, un para anglais verra depuis son appareil un planeur coupé en deux par la FLAK, et des corps qui tombent .. le hurlement des moteurs le protège de ceux de ces malheureux.

Pendant ce temps, nous sommes toujours le 17 septembre, commencent avec une qualité d'horloge le largage des deux divisions paras US.

La 82ème aéroportée est larguée avec ses planeurs au sud de Nimègue, avec pour point principal de regroupement le pont Son, et avec lui cinq autres ponts qui doivent absolument permettre de dégager la route vers Nimègue.

La 101ème pour sa part est larguée au sud-est de la zone; elle est accompagnée des 35 planeurs qui amènent l''état-major de "Bob" Browning.

Pour les américains comme pour les britanniques, les largages se déroulent à la perfection, et, comme à l'entraînement, les compagnies et les bataillons se retrouvent presque tous complets et regroupés au sol.

On remarquera donc au passage qu'il est plus sûr de larguer des parachutistes de jour que de nuit ...

Certes, mais dès l'arrivée les unités américaines rencontrent à leur tour des obstacles qui vont rapidement les freiner.

Pendant que les régiments de la 101ème sécurisent la zone générale de saut, les premiers bataillons des régiments de la 82ème avancent vers les premiers ponts à prendre, et à tenir.

Un bataillon de la 82ème entre dans Nimègue : il avance tellement vite qu'il s'éloigne dangereusement des cibles fixées en Angleterre.

Le 504ème régiment de paras US est en approche du pont Son lorsqu'il explose devant eux.

Le 505ème régiment est de l'autre côté, près de Nimègue mais rapidement pris en équerre par des contre-attaques allemandes, il regroupe ses bataillons vers l'ouest.

Des huit ponts qui devaient être pris immédiatement, en fait cinq sont détruits dans la foulée des largages par des unités allemandes mal équipées mais dont les officiers ont su réagir tout de suite, sans ordre supérieur.

Les 20 000 parachutistes américains contrôlent leurs zones de parachutage et le pays environnant, mais se retrouvent dans une situation bizarre :

- ils tiennent parfaitement leurs zones de largage mais manquent de visibilité

- ils ont raté la prise immédiate des ponts intermédiaires essentiels pour la charge victorieuse du XXXème corps

Ce même 17 septembre, le XXXème corps s'ébranle et monte en ligne. C'est la Brigade blindée de la Garde qui est en tête, avec en pointe les Irish Guards.

Commandé par le lieutenant-colonel Vandeleur, les Irish Guards ont donné, et souffert, en Normandie face aux unités blindées SS.

Le régiment, avec ses 125 blindés soutenus par des bataillons d'infanterie motorisés, attaque le 17 en début de matinée, sur la route qui lui a été indiquée.

Dès le départ, l'affaire s'annonce difficile : 14 blindés sont détruits sur la route de progression par des anti-chars allemands.

L'ensemble de la formation est freinée; l'artillerie anglaise règle ses tirs et démolit à vue les premières défenses allemandes, ce qui permet à Vandeleur et ses Irish de continuer leur progression.

Vandeleur a l'œil sur sa montre, ainsi que le lui avait dit Horrocks.

Le commandant du XXXème corps avait en effet chronométré l'opération générale, de pont en pont jusqu'à retrouver les paras à Arnhem : trois jours, en trois jours les éléments de tête du XXXème corps doivent rejoindre Arnhem.

Donc, le 20, l'affaire sera faite ou elle aura rencontrer un léger problème ....

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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 02:11:56 (2018) Répondre en citant
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Si seulement j'avais disposé d'autant de moyens ...

Au début des largages britanniques, la panique n'est pas dans les unités, mais dans l'état-major du Maréchal Model, qui voyant passer au dessus de lui des dizaines de Dakota a cru qu'il était la cible d'une attaque de commando.

Le maréchal et son état-major ont alors évacué en catastrophe et se sont repliés à l'est d'Arnhem.

Un peu plus au nord-ouest, voyant passer ces myriades d'appareils, Student, le père des paras allemands, confie à son aide de camp "ah, si j'avais disposé d'autant de moyens ..."

Pendant que Model change en catastrophe son état-major de position, et que Student, songeur, voit passer escadrilles après escadrilles "Market Garden", un général allemand, lui, réagit immédiatement.

Le SS Oberstgruppenführer Bittrich, commandant de ce qu'il reste du IIème corps blindé SS, donne dans l'après-midi du 17 l'ordre à ses unités de faire mouvement sur Arnhem et le camp d'aviation de Deelen.

Dans la soirée du 17, les premiers éléments de la 1ère division para anglaise, en l'espèce le 2ème bataillon de la 1ère brigade, commandée par le lieutenant-colonel Frost, entre dans Arnhem et s'approche du pont routier.

Leurs radios sont mortes, mais ils prononcent leur progression en suivant à la lettre le plan opérationnel qui leur a été indiqué en Angleterre.

Ils ne savent pas que personne ne les suit ...


Dernière édition par TVR le Ven 7 Déc - 01:11:09 (2018); édité 2 fois

Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
MessagePosté le: Mar 4 Déc - 02:10:18 (2018) Répondre en citant
Bonne Maman
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Merci de raconter aussi bien, alors que je ne suis pas une passionnée des récits de bataille, votre prose me tient en haleine !

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Arnhem : un ou deux ponts un peu trop loin ...
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