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Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC :: 25 juin 1876 ...
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25 juin 1876 ...
PostPosted: Fri 26 Apr - 01:19:26 (2019) Reply with quote
TVR
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Dans l'histoire récente des Etats-Unis, deux moments majeurs marquent encore l'imaginaire : la guerre de sécession et les guerres indiennes.

Les guerres indiennes ....

Tous les enfants ont joué aux cow-boys et aux indiens depuis plus de cent ans.

Longtemps, dans notre imaginaire collectif, la cavalerie américaine a été la représentation des sauveurs venant à la rescousse des pionniers retranchés face à des hordes d'indiens déchaînés.

Ca, c'était avant ...

Avant que le cinéma américain, saisi d'un ahurissant retour sur soi, commence dès le début des années 60 à saper le mythe pour aboutir à une reconstruction militante de l'histoire des Etats-Unis avec particulièrement deux films qui ont marqué leur époque.

En 1970, Sean Penn tourne "Little Big Man", qui présente les indiens comme une population pacifique et écolo avant la lettre, victime d'un fou fascisant du nom de Custer.

Vingt ans plus tard, en 1990, Kevin Costner qui tourne et prend le rôle titre, réalise "Danse avec les loups", inspiré du roman éponyme de Michael Blake.

Le même Michael Blake, peu de temps avant sa mort, écrira un dernier livre intitulé pour la version française "le paradis des héros", dans lequel il se livrera, ayant effectué avec honnêteté des recherches sur la question, à une ode au 7ème régiment de cavalerie US, détruit à la bataille de Litlle Big Horn le 25 juin 1876.

Ainsi, et alors que le bon ton reste de célébrer les indiens et de traîner dans la boue les troupes américaines qui les combattirent entre 1846 et 1882, des historiens américains contemporains ne cessent de remettre l'histoire à l'endroit.

Nous allons les suivre, et avec eux suivre la cavalerie américaine dans les grandes plaines.

Pour se donner un axe, nous allons nous concentrer sur le personnage le plus médiatique des Etats-Unis dans ces années, et le plus controversé : Georges Armstrong Custer.


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25 juin 1876 ...
PostPosted: Fri 26 Apr - 01:37:11 (2019) Reply with quote
TVR
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En 1865, à la fin de la guerre de sécession, le jeune général Custer est à la fois un héros fédéral de la guerre, le plus jeune général (encore de nos jours) de l'histoire des Etats-Unis, et le commandant de cavalerie qui, à la tête de sa division, a fait subir le plus de pertes à la cavalerie confédérée tout en ramenant le plus grand nombre d'étendards sudistes.

Il est aussi celui qui, avec le général Chamberlain, a fait présenter les armes aux confédérés lors de la reddition d'Appomatox.

Custer a alors donné l'ordre à la musique de jouer l'hymne confédéré en respect pour les glorieux vaincus ...

Mais une fois la paix survenue, il faut démobiliser une armée gigantesque et formée à 90% de régiments formés de volontaires ou d'engagés "pour la durée du conflit" : fin 1865 l'armée fédérale retombe à un effectif très réduit de l'ordre de 45 000 hommes pour un gigantesque territoire.

Or, à l'ouest, depuis la fin des années 1840, se développe lentement mais sûrement un conflit larvé mais permanent que nous connaissons sous le nom de guerres indiennes.

Le conflit entre les indiens et les colons est évidemment plus ancien. Il a pris une ampleur inédite lors de la guerre de sept ans lorsque dans les colonies américaines, français et anglais se sont livrés à une lutte à mort pour le contrôle des grands lacs; chacun des deux camps s'est alors allié à telles ou telles confédérations indiennes.

Après la défaite française de 1763, puis la guerre d'indépendance de 1776 à 1781, les jeunes Etats-Unis se retrouvent seuls face aux nations indiennes, mais restent marqués par les idées de Benjamin Franklin : il faut donner du champ aux anciennes colonies de la couronne anglaise, et pour ce faire refouler ou, au mieux, détruire les nations indiennes vivant à l'est des Appalaches.

Il s'en suit plus de vingt ans de guerres locales, plus ou moins brutales, dont l'un des moments sera la destruction en 1799 d'une armée américaine de 1 600 hommes par les iroquois.

Dans les années 1840 la carte a considérablement changé ...

Refoulées vers l'ouest, les nations indiennes ont, soit disparu par des guerres internes, soit percuté les peuples des plaines : les sioux et les cheyennes, que les américains rencontrent alors pendant qu'au sud les texans coexistent plus ou moins avec les tribus apaches.

25 juin 1876 ...
PostPosted: Fri 26 Apr - 01:53:21 (2019) Reply with quote
TVR
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Entre 1849 et 1862 ont lieu les premiers heurts, d'une extrême violence entre les troupes américaines et les pionniers partant vers la Californie, et les nations indiennes des plaines.

Ces heurts, s'ils sont meurtriers, sont sans commune mesure avec le grand massacre qui va se déclencher à partir de 1861 entre les Etats : à l'ouest on qualifie de bataille un combat qui met aux prises 200 ou 300 hommes, et en laisse 20 sur le carreau. On est loin des dizaines de milliers de morts des batailles de la guerre de sécession.

En 1865, la guerre terminée, le département de la guerre fédéral doit gérer d'un coup deux problèmes contraires : licencier une armée géante d'une part et recomposer une armée professionnelle d'autre part.

Lors de ce stupéfiant effet d'accordéon, la plupart des colonels et généraux nordistes sont tout simplement priés de retourner dans le civil ...

Ceux qui étaient passés par l'académie militaire de West Point parviennent, pour certains, à rester dans les rangs de la nouvelle armée ... à condition d'être ramenés brutalement aux grades auxquels ils seraient parvenus sans la guerre.

Le général de division de cavalerie Custer devient alors capitaine, et il a de la chance ...

Il a de la chance car, très apprécié du général Sheridan, proche d'Ulysse Grant, il est rapidement remonté au grade de lieutenant-colonel, grade qui restera le sien jusqu'à sa mort.

Chance au demeurant relative, car dans la foulée en 1866 on lui confie le 7ème régiment de cavalerie US.

Qu'est ce que c'est que ce 7ème régiment de cavalerie ?

La cavalerie fédérale ne comptait en 1861 que six régiments, tous ou presque postés à l'ouest. Les dizaines de régiments de cavalerie formés pendant la guerre par les Etats du nord ont été démobilisés.

Un 7ème régiment est formé en 1866 pour tenir les postes du nord et de l'ouest en direction de la Californie par les territoires du Wyoming et du Montana.

Ce régiment à l'effectif initial de 960 hommes est formés d'engagés volontaires de toutes origines sociales, et s'avère rapidement peu fiable.

Ses officiers, pour la plupart, sont comme Custer des anciens de la guerre de sécession.

Le régiment est mal armé, mal équipé, mal approvisionné par une administration militaire lamentable, et il est littéralement ravagé par l'alcool et les désertions.

Il perd en six mois plus de 450 déserteurs, et son major qui, après n'avoir pas dessoulé pendant une journée, se met une balle dans la tête ...

Ca ne commence pas très bien pour le nouveau commandement de l'ex général Custer, qui de surcroît ne connaît rien aux indiens ni aux particularités de la guerre dans les grandes plaines.

25 juin 1876 ...
PostPosted: Fri 26 Apr - 02:25:23 (2019) Reply with quote
TVR
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Mais Custer apprend vite, et comprend rapidement ce qui se passe à l'ouest, tout en mettant de l'ordre dans son régiment.

Ce qui se passe à l'ouest est dû à plusieurs facteurs : la pression continue des pionniers qui tentent d'avancer pour s'implanter (pour la plupart) et créer des fermes dans les territoires indiens, la réaction des tribus hostiles qui se battent entre elles et opèrent des raids meurtriers contre les fermiers isolés, et la politique complètement absconse de Washington qui, d'une part tente de passer des accords avec les nations indiennes tout en les dénonçant dans la foulée en raison d'un "go west" de plus en plus irrésistible.

Entre la fin 1866 et le printemps 1868, Custer reprend en main son 7ème régiment. Lui ne boit pas une goutte d'alcool et est sans pitié sur ce point, y compris et surtout avec ses officiers; il se livre à un conflit permanent avec l'administration militaire pour que ses hommes soient, au moins, nourris et équipés, et soutenu par Sheridan reconstitue l'unité à l'effectif opérationnel de plus de 750 cavaliers.

Ces 750 hommes vont construire la légende de l'ouest et sauver la vie à des milliers de fermiers et de villageois.

A l'été 1868, plusieurs bandes de guerriers sioux déclenchent une série de raids meurtriers sur des fermes isolées : c'est rapidement la panique dans les environs du Fort Laramie ou stationne le régiment.

En octobre, sous le commandement général de Phil Sheridan, Custer lance son 7ème régiment recomposé vers les camps d'hiver sioux, afin de sauver les femmes et les enfants blancs que les indiens ont capturé et emmené avec eux.

Le territoire est immense, le 7ème dispose cependant de deux unités d'élite : une unité de tireurs de précision formée des meilleurs fusils des bataillons (un régiment de cavalerie US est formé de compagnies et de bataillons, le 7ème a 3 bataillons) et surtout l'unité d'éclairage.

Les éclaireurs, les scouts, sont des indiens pour la plupart Oglala, ralliés aux américains par haine des sioux qui ont martyrisé leurs propres campements.

Mi novembre, les scouts Oglala repèrent une série de campements sioux le long de la Washita river.

Celui qui attire leur attention, le plus à l'est, est celui du chef Black Kettle, qui mène en bateau les agents des affaires indiennes depuis six mois tout en protégeant dans ses camps les guerriers menant les raids.

Le 27 novembre 1868, Custer et son régiment se livrent à une attaque extrêmement risquée afin de "serrer" le campement et de libérer les otages blancs.

Cette attaque reste aujourd'hui connue sous le nom honteux de "massacre de la Washita river".

Qu'en est-il en effet ?

Avec 8 compagnies, Custer déferle sur le camp de Black Kettle; ordre a été donné aux cavaliers d'épargner femmes et enfants. Des dizaines de guerriers, surpris, sortent des tipis et sont frappés par la charge du 7ème.

On comptabilisera après les combats 92 morts chez les indiens, dont 9 femmes et 6 enfants : il s'avèrera qu'ils ont été tués par les scouts Oglala voulant venger leurs propres morts...

Des 6 otages blancs repérés, 3 sont assassinés par les indiens dans leur fuite : une jeune femme de 24 ans et deux enfants dont un nourrisson que les cavaliers retrouveront, l'un éventré et l'autre le crâne fracassé contre un arbre.

Custer replie aussitôt ses compagnies car les autres camps sioux le long de la rivière peuvent rapidement envoyer vers lui tous leurs guerriers.

Un de ses officiers, contrairement à ses ordres, poursuit vers la Washita les fuyards : lui et les 36 hommes de son unité seront retrouvés, massacrés, trois jours plus tard.

Moyennant quoi en décembre 1868, lorsque le 7ème de cavalerie regagne ses bases, la presse américaine se déchaîne : si la plupart des journaux chantent les louanges du beau cavalier et de ses hommes partis sauver des femmes et des enfants, certains commencent à entonner un autre air : Custer est un affreux tueur d'indiens pacifiques, un assassin qui ne cherche que la gloire la plus futile dans le sang d'innocents ...

Et ainsi la légende noire de Custer commence à se créer de son vivant.

25 juin 1876 ...
PostPosted: Fri 26 Apr - 02:40:43 (2019) Reply with quote
TVR
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Entretemps la politique et le "go west" bouleversent rapidement des équilibres déjà fragiles.

Par un traité avec les nations sioux et cheyennes, Washington a accepté de sanctuariser un territoire gigantesque entre les rocheuses et la rivière Platte; au centre de ce territoire se trouvent les "black hills", les collines noires, territoire sacré des sioux qui s'en sont emparés dans les années 1750.

Mais le chemin de fer avance, et la ligne arrive en plein cœur des territoires indiens en 1872.

En 1873, le président Grant doit faire face à une crise économique majeure (qui secoue aussi l'Europe) et doit trouver une solution; la sienne sera d'une extrême simplicité, il indique aux chômeurs et aux immigrants qui arrivent que la nouvelle frontière, vers le Montana, est leur Eldorado.

Il faut dire qu'en 1871 des prospecteurs ont trouvé de l'or dans les black Hills ....

L'effet d'annonce par les journaux est terrifiant : des milliers d'hommes partent vers les Black Hills au mépris des traités officiels. Custer reçoit l'ordre de déployer le 7ème pour stopper net ces hordes de prospecteurs, mais 750 hommes dans un territoire grand comme la moitié de la France ...

Les sioux pour leur part ne font pas dans le détail, et découpent littéralement tous les blancs qu'ils trouvent. Début 1874 l'affaire commence rapidement à sentir la fumée ...

A l'été 1874, le 7ème régiment est envoyé dans les Black Hills pour récupérer les prospecteurs égarés. Custer mène 8 compagnies, et se replie rapidement car les bandes de guerriers sont de plus en plus nombreuses et menaçantes. Lui n'a pas reçu l'ordre d'aller au contact.

Nous arrivons au printemps fatidique de 1876 ...

25 juin 1876 ...
PostPosted: Tue 7 May - 12:01:01 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
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"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

25 juin 1876 ...
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