Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us
Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC :: Jean Vanier
Log in Register Vous avez de nouveaux messages " href="privmsg.php?folder=inbox" class="mainmenu" onmouseover="changeImages('btn_top_pm', 'http://img.xooimage.com/files2/b/t/btn_pm_on-36d66.gif'); return true;" onmouseout="changeImages('btn_top_pm', 'http://img.xooimage.com/files9/b/t/btn_pm-36de9.gif'); return true;">Log in to check your private messages FAQ Memberlist Search Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC Forum Index
Bienvenue aux amis du Pays réel et de Radio Courtoisie, pour défendre l'identité française, sa culture, sa langue, son histoire, échanger des propos sur l'air du temps.
Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC Forum Index » Forum du Pays Réel et de la Courtoisie » France, terre de chrétienté » Jean Vanier
Post new topic  Reply to topic Previous topic :: Next topic 
Jean Vanier
PostPosted: Tue 7 May - 14:58:35 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Jean Vanier, fondateur de l'Arche vient de mourir.

Quote:
Décédé dans la nuit de lundi à mardi, le nonagénaire canadien avait consacré la plus grande partie de sa vie aux personnes présentant un handicap mental.

Ce mardi matin, la communauté de l’Arche a annoncé sur Twitter la mort de son fondateur Jean Vanier, à 2h10 dans la nuit de lundi à mardi. «Ces derniers jours, tout en restant très présent, il avait rapidement décliné», précisent Stephan Posner et Stacy Cates-Carner, responsable et vice-responsable internationaux de l’Arche. Affaibli par un cancer, le nonagénaire était entré en soins palliatifs à la Maison médicale Jeanne-Garnier à Paris au mois d’avril dernier.

Fils d’un diplomate canadien qui deviendra plus tard Gouverneur général du Canada, Jean Vanier naît à Genève en 1928. Après une enfance passée entre la France et l’Angleterre, il s’engage dans les cadets de la Royal Navy en 1942, à l’âge de 13 ans. Ce fervent catholique passe huit années dans les marines britannique puis canadienne, qu’il quitte finalement en 1950 pour suivre des études de philosophie et de théologie à Paris. Il devient ensuite enseignant.

Mais très vite, Jean Vanier change de vie. Au cours de ses études, il a rencontré le père Thomas Philippe, aumônier d’une institution psychiatrique - on apprendra en 2014 que ce dernier a abusé sexuellement de plusieurs femmes - , et s’intéresse depuis de plus en plus à la question de l’accueil des personnes présentant une déficience intellectuelle. En 1964, il s’installe en banlieue parisienne avec deux adultes handicapés mentaux. C’est ainsi que naît le premier foyer de l’Arche, qui compte aujourd’hui 152 communautés dans 37 pays.

Jean Vanier ne s’arrête pas là et crée en 1971, avec Marie-Hélène Mathieu, les communautés Foi et Lumière, aujourd’hui au nombre de 1420 dans 86 pays. Ces communautés réunissent, au moins une fois par mois, des adolescents ou adultes ayant un handicap mental, ainsi que leurs familles et amis. En 2000, il fonde aussi l’association Intercordia, qui propose des missions de solidarité internationale à des jeunes. Parallèlement, il écrit un certain nombre d’ouvrages, le premier étant publié en 1970 et le dernier en 2017.

En 2015, Jean Vanier reçoit le prix Templeton, décerné à une personnalité ayant contribué de manière exceptionnelle à promouvoir la dimension spirituelle de la vie. Il s’inscrit ainsi dans la lignée de Mère Teresa, du Frère Roger de Taizé, d’Alexandre Solenitsyne, du dalaï-lama ou encore de Desmond Tutu. L‘année suivante, il est promu commandeur de la Légion d’honneur. Interviewé à cette occasion par Le Figaro, il déclare: «C’est super d’avoir Templeton, c’est super de recevoir la Légion d’honneur, c’est super d’avoir une page entière dans Le Figaro, mais tout cela, ce n’est pas pour m’honorer moi, c’est pour honorer les personnes avec un handicap».

Plusieurs personnalités ont réagi à l’annonce du décès de Jean Vanier. Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, a ainsi écrit sur Twitter: «Tristesse et immense reconnaissance pour son action et celle de la communauté [de l’Arche, NDLR]. Je garde le souvenir de son humanisme et de son action résolue pour donner toute leur place aux plus vulnérables au coeur de la cité». Alessandro Gisotti, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a fait savoir sur le même réseau social que le pape François avait été «informé» du décès de Jean Vanier, et que le Saint-Père «priait pour lui et pour toute la communauté de l’Arche».

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Publicité
PostPosted: Tue 7 May - 14:58:35 (2019)
Publicité




PublicitéSupprimer les publicités ?

Jean Vanier
PostPosted: Tue 7 May - 15:02:20 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Quote:
Fondateur de l’Arche et de Foi et Lumière, Jean Vanier est entré en soins palliatifs le 18 avril. Âgé de 90 ans, il avait déjà été victime d’une crise cardiaque en octobre 2017. Au repos depuis, alternant moments de rémission et soins, il vivait jusqu’à récemment au sein de l’Arche dans sa petite maison de Trosly-Breuil (Oise).

Les communautés de L’Arche sont des lieux où vivent et travaillent ensemble des personnes adultes en situation de handicap mental et ceux qui les accompagnent, salariés ou volontaires. En 2018, l’Arche en France comptait 4000 membres dont 1800 personnes handicapées, 750 bénévoles et près de 400 volontaires. Sa prière, « Donne-nous des cœurs attentifs », est récitée quotidiennement dans les foyers de l’Arche

Foi et Lumière sont des communautés de rencontre formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d’amis, spécialement des jeunes, qui se retrouvent régulièrement dans un esprit chrétien, pour partager leur amitié, prier ensemble, fêter et célébrer la vie.


Source : Le Salon Beige

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Jean Vanier
PostPosted: Tue 7 May - 15:03:05 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Quote:


Ô Marie, donne-nous des cœurs attentifs,
humbles et doux
pour accueillir avec tendresse et compassion
tous les pauvres que tu envoies vers nous.

Donne-nous des cœurs pleins de miséricorde
pour les aimer, les servir,
éteindre toute discorde
et voir en nos frères souffrants et brisés
la présence de Jésus vivant.

Seigneur, souris-nous dans le regard de tes pauvres.
Seigneur, reçois-nous un jour
dans l’heureuse compagnie de tes pauvres.

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Jean Vanier
PostPosted: Thu 9 May - 01:34:35 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Quote:
Jean Vanier, le colosse au grand cœur, nous a quittés

Le fondateur des communautés de L'Arche et de Foi et Lumière, Jean Vanier, est mort ce 7 mai 2019, à l'âge de 90 ans. Lumineux, il a marqué de nombreux esprits tout au long de sa vie. Ce rayonnement est le fruit d'une vie toute entière dédiée à Dieu et à l'intuition que le salut de l'homme passe par sa relation avec les plus pauvres.
Il frappait ceux qui le rencontraient par sa bonté et son humilité mâtinées à l’occasion d’un regard pétillant. Né en 1928 à Genève (Suisse) dans une famille canadienne, Jean Vanier pouvait se targuer d’un itinéraire de vie hors du commun. Issu d’une fratrie de quatre enfants, sa famille se déplace au gré des affectations de Georges Vanier, son père, diplomate. En 1942, âgé de 13 ans, en pleine Seconde Guerre mondiale, Jean décide de rallier la marine de guerre anglaise. Un choix singulier pour un garçon de son âge dont il tirera un enseignement ad vitam puisque son père lui lance alors : « Si c’est ce que tu veux vraiment, fais-le. Je te fais confiance ». Dans l’armée, il découvre la rigueur militaire, le dépassement de soi, la détermination, l’efficacité… Cette expérience lui donne des armes pour sa vie future. En 1948, il s’engage comme officier dans la marine canadienne dont il démissionne en 1950, à l’âge de 22 ans, alors qu’une brillante carrière l’attend. Il songe alors à devenir prêtre.

Un homme qui cherche sa voie

Il se sent attiré vers le Christ, qu’il veut servir davantage mais sans savoir précisément comment. Durant plusieurs années, il tâtonne et multiplie les expériences, cherchant sa voie. Il débarque à L’Eau Vive, un centre de formation théologique et spirituelle pour des laïcs fondé par le père Thomas Philippe, prêtre dominicain. Celui-ci a la réputation d’être un brillant théologien. Jean est très marqué par sa rencontre avec le religieux pour lequel il éprouve comme un coup de foudre spirituel, qui devient à la fois son professeur et son père spirituel, véritable compagnon de route pour les années à venir, même si plus tard il prendra ses distances avec lui. Il découvre la théologie et la philosophie qui l’amèneront à préparer une thèse de doctorat sur l’éthique d’Aristote, qu’il soutiendra en 1962 à l’Institut catholique de Paris. En 1952, le père Thomas est subitement rappelé à Rome par ses supérieurs. Jean lui succède donc à la tête de la petite communauté jusqu’en 1956 où, après avoir quitté l’Eau Vive, il se retrouve à nouveau sur la route à chercher sa voie. Il passe une année à l’abbaye cistercienne de Bellefontaine (Vendée), teste la vie érémitique dans la campagne normande, part à Fatima (Portugal), soutient sa thèse, enseigne la philosophie à Toronto (Canada)… À travers ces tribulations, il apprend à se détacher de lui-même et à se laisser conduire par le Christ.

Une vie « avec les pauvres au nom de Jésus »

À la fin de l’année 1963, Jean rend visite au père Thomas qui est alors aumônier du Val Fleuri, à Trosly-Breuil, un petit village de l’Oise. Cet établissement accueille des personnes avec une déficience mentale. Ce contact avec le monde du handicap modifie le cours de sa vie. Il part visiter une institution à Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux (Seine-et-Marne) et découvre alors avec tristesse la réalité des conditions de vie de ceux qui étaient considérés comme des « fous » alors qu’ils avaient simplement une déficience intellectuelle. Cette réalité le bouleverse à tel point qu’il décide d’emménager dans une maisonnette délabrée avec plusieurs d’entre eux, Philippe Seux et Raphaël Simi. Jean n’est pas un spécialiste du handicap, il n’a pas de projet ni de plan précis, mais il porte en lui un désir profond de vie partagée dans un esprit de fraternité. « Ma petite voix m’a indiqué le chemin à prendre. Au début, ce n’était qu’un murmure. […] Mon rêve de “vivre” avec les pauvres au nom de Jésus — et pas seulement de leur “faire du bien” — semble pouvoir se réaliser en ce coin de Picardie où tout me porte. Mon sort, je le pressens, sera lié à ces êtres si souvent opprimés, écrit-il dans Un cri se fait entendre. Ils débutent ensemble une petite vie communautaire et Jean a trouvé un foyer. « Pour la première fois, I had found a home ! », écrit-il. Il semble enfin avoir trouvé sa place. « Loin des amphithéâtres studieux, je me laisse façonner par la simplicité d’une vie communautaire, auprès de personnes humiliées et rejetées. La joie que je découvre dépasse tout ce que j’avais pu imaginer », poursuit-il plus loin.

Une communauté qui grandit

Si les débuts sont tâtonnants, la joie marque ces premières années de L’Arche, nommée ainsi en référence à l’arche de Noé. Alors que le père Thomas, présent aux côtés de Jean, souhaite que L’Arche une identité catholique, Jean, pourtant profondément catholique, insiste pour que chaque communauté soit une communauté de foi, enraciné dans la tradition religieuse locale, et que chaque membre puisse vivre sa foi « selon la loi et la tradition qui lui sont propres » (charte des communautés de L’Arche).
Il découvre que la relation avec les personnes handicapées le transforme et qu’elles lui enseignent véritablement ce que ce sont l’accueil et le pardon. « Son histoire, c’est celle d’une expérience de rencontre avec des personnes handicapées qui a permis ensuite à des dizaines de milliers de personnes, dont moi-même, de vivre cette expérience. Nombre de personnes et de mouvements s’en sont inspirés », explique Philippe de Lachapelle, directeur de l’OCH (Office Chrétien des Personnes Handicapées). En 1971, Jean Vanier fonde les communautés Foi et Lumière, en compagnie de Marie-Hélène Mathieu. Durant plus de 50 ans, il poursuit l’aventure de L’Arche dont le projet, basé sur la relation, touche de plus en plus de personnes. Si la communauté a connu des moments de crise — en 2014, des personnes ont reconnu avoir été victimes d’abus sexuels de la part du père Thomas — un demi-siècle plus tard, elle a fait des petits et on compte aujourd’hui plus de 150 communautés à travers le monde qui font rayonner le message de Jean Vanier, l’ami des tout-petits.

Domitille Farret d'Astiès



Source : Aleteia

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Jean Vanier
PostPosted: Tue 28 May - 12:13:03 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Quote:
Jean Vanier, philosophe : « Aimer implique une sagesse »

Avant de créer son œuvre au service des personnes handicapées, Jean Vanier a mené une recherche philosophique approfondie sur la morale d’Aristote. Il y a découvert la grandeur de l’être humain, son ouverture naturelle au bonheur, à l’amitié et à la concorde.
Jean Vanier, philosophe ? Cette question semble bien déplacée car les hommages qui lui sont rendus renvoient bien plus à son exceptionnel charisme naturel et surnaturel déployé dans la relation avec les personnes handicapées qu’à des travaux philosophiques, intellectuels et conceptuels. Cependant, si le fondateur de L’Arche abandonne le travail universitaire proprement dit au moment de la publication de sa thèse en 1965[1], nous pouvons y voir une source et un déploiement incontestable dans la fécondité qui a été la sienne.

Le goût du bonheur

Cette fécondité semble loin des appareillages conceptuels et théoriques de la philosophie. Dire cela serait d’une part mal connaître la philosophie[2], et d’autre part mal connaître Jean Vanier. Dans sa thèse soutenue à l’Institut catholique de Paris, aidé par le chanoine Lallement et par Jacques de Monléon, il a développé une incontestable compétence dans le travail à la fois érudit et profond sur la morale d’Aristote. Cette étude n’était cependant pas motivée par la seule technicité d’un ouvrage savant sur un auteur ancien. Jean Vanier avait reçu de ses maîtres un enseignement qui, enraciné dans la recherche intérieure du vrai et du bien, allait porter des fruits insoupçonnés à l’époque. Cela est si vrai que Jean Vanier a souhaité publier, non une réédition de sa thèse, mais, dans le prolongement de celle-ci, une méditation sur ce qu’Aristote peut encore nous apporter. Cet ouvrage, réédité récemment sous le titre Le Goût du bonheur[3], est le fruit d’une collaboration avec des philosophes et enseignants qui ont permis cette réactualisation.

Les limites d’Aristote

Que peut-on trouver chez Aristote qui puisse rejoindre nos contemporains et l’œuvre de Jean Vanier qui donne à la rencontre avec toute personne une dimension sacrée ? Jean Vanier souligne les lacunes de sa philosophie qui sont aussi celles de la pensée grecque, préchrétienne. Nous pouvons énumérer rapidement ces principales limites : seuls les hommes libres et bien nés peuvent être véritablement heureux, les femmes et les esclaves, « par nature » sont inférieurs, les Grecs doivent dominer les barbares, la cité est hiérarchique et ordonnée par la nature, l’amitié entre l’homme et Dieu est impossible, celle-ci ne peut exister qu’entre des hommes rationnels, la compassion n’est pas centrale dans les relations humaines, l’accueil du plus faible est quasiment absent, la dimension historique de la vie humaine aussi, l’eugénisme n’est pas rejeté, etc. Cela fait beaucoup. Cependant Aristote reste un maître, y compris aujourd’hui hors de la sphère chrétienne également. Nous pouvons souligner quelques aspects fondamentaux, qui permettent également de comprendre l’actualité de ses intuitions.

Une recherche inlassable de la vérité et du bien

À la suite de Platon, Aristote manifeste que la philosophie est une recherche inlassable de la vérité et du bien. L’intelligence humaine n’est pas technicienne d’abord, calculatrice, elle est faite pour contempler et pour aimer, l’homme est fait pour vivre dans l’amitié et la concorde. Comme le rappelle Jean Vanier, « la morale d’Aristote est réaliste, elle jaillit de l’humain et retourne à l’humain » (Le Goût du bonheur, p. 273). Cet humain est un être un et complexe, dont la vie a besoin des vertus pour s’épanouir dans le bien, source du vrai bonheur (les fameuses vertus cardinales, bien présentes dans l’enseignement de l’Église). Est-ce à dire que nous avons une lecture chrétienne d’Aristote ? Sans doute, mais en même temps il nous donne des clés méthodologiques pour ne pas tomber dans le scepticisme (il n’y a pas de vérité) ou dans la négation d’une nature humaine qui reste un donné à connaître, perfectible par chacun par la culture, mais qui est la source de la vie humaine que la technique ne peut et ne doit nier.

Aristote organise les différents savoirs autour de la grandeur de l’être humain. Loin de tout esprit systématique ou scientiste, il s’appuie « non pas sur une théorie toute faite, mais sur le désir en chaque humain d’être heureux » (op. cit., p. 274). Il ouvre des pistes, trace des chemins nouveaux dans un monde dominé par les mythologies et la violence des dieux. « Pour connaître l’homme, écoutons l’homme » (op. cit., p. 275). Enfin, Aristote met l’homme devant ses responsabilités : c’est l’agir prudentiel, la décision éclairée par le bien, qui est au cœur de la liberté humaine. L’homme n’est ni une machine, ni un dieu, ni un animal, mais un être libre appelé à aimer et à agir par lui-même dans les limites de sa nature mais avec confiance en lui, et dans une perspective chrétienne, dans la Grâce en lui, présence des Personnes trinitaires.

Aimer implique une véritable sagesse humaine

Jean Vanier, a puisé dans la sagesse d’Aristote pour la dépasser, mais sans la renier. Comme il aimait à le dire pour appeler à une authentique philosophie du cœur : « Nous ouvrir à celui qui est dans la misère, écouter son histoire et le comprendre, tout cela éveille des forces profondes dans notre cœur humain. Ce sont les forces de l’amour et de la compassion. Aimer n’est pas juste une émotion. Aimer implique une véritable sagesse humaine, une compétence et une intelligence du cœur. Aimer, c’est créer des liens de fidélité, se réjouir de l’existence de l’autre dans sa faiblesse et sa différence ; c’est voir la personne derrière le handicap, derrière la différence. C’est à ce moment-là que nous devenons vraiment libres, libres d’être ce que nous sommes : riche de nos dons, de nos faiblesses et même de notre mortalité. »

Michel Boyancé

[1] Le Bonheur, principe et fin de la morale aristotélicienne, coll. textes et études philosophiques, Desclée de Brouwer, Paris-Bruges, 1965, gros ouvrage spécialisé de 500 pages. Il s’agit d’une thèse présentée en 1962 à l’Institut catholique de Paris, après des études au Québec, notamment à l’université Laval dans laquelle il a reçu une manière très « réaliste » d’envisager la philosophie et en particulier Aristote. Ce réalisme est certainement l’explication du lien et de la cohérence entre ce travail universitaire de jeunesse et l’œuvre de sa vie au sein et à partir de l’Arche.
[2] Jean Vanier a puisé à l’université Laval au Québec dans un enseignement visant à réhabiliter la philosophie dans une perspective de connaissance et de sagesse.
[3] Le Goût du bonheur. Au fondement de la morale avec Aristote, Paris, Presses de la Renaissance, 2000, réédition en 2007, et en 2018 chez Albin Michel.


Source : Aleteia

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Jean Vanier
PostPosted: Tue 28 May - 12:20:38 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
Administrateur
Administrateur

Offline
Joined: 26 Jul 2007
Posts: 44,055
Localisation: Au pays des cigales




Quote:
Jean Vanier : « Dites-leur de venir à Trosly »

Un géant, un exemple, un saint… Les hommages se multiplient depuis la mort de Jean Vanier qui sera inhumé ce jeudi 16 mai à Trosly (Oise). Un ancien assistant de L’Arche, qui fut aussi responsable provincial de Foi et Lumière, invite à un autre regard.
Février 2005, Marseille. Jean Vanier est venu animer un Katimavic, retraite offerte à tous les proches de L’Arche ou à tous les curieux désireux de découvrir la spiritualité de la fragilité… et du lavement des pieds. Dans sa chambre, je me souviens d’une tasse sur sa table de nuit, d’un livre ou deux, du magazine Newsweek sur le bureau, et d’un papier griffonné de sa main, peut-être une prochaine conférence en préparation. Un jeune homme voulait savoir ce que Jean Vanier répondait à ceux qui le canonisaient avant l’heure et qui ne savaient parler de lui, que pour en dire : « C’est un saint. » Voilà ce que le concerné avait répondu, dans un rire immense : « Dites-leur de venir à Trosly ! »

L’idolâtrie déresponsabilise

Derrière cette formule, ne se cachait pas seulement la clairvoyance d’un fondateur qui n’ignore rien de la pauvreté humaine — la sienne — ni des tensions inhérentes à la vie communautaire. Il y avait plus : « La pire chose qui puisse arriver à L’Arche, c’est de laisser croire que c’est exceptionnel ». Car, si c’est exceptionnel, ce n’est pas pour moi. C’est déresponsabilisant. Bref, l’idolâtrie me tient à distance de l’engagement. Or tout le monde, pour ainsi dire, peut devenir assistant à L’Arche, volontaire à Lazare, ou dans tant d’autres lieux…

Il avait conscience « d’avoir de la chance, parce qu’il a été le premier », et au fond de lui, demeurait le souvenir des centaines d’hommes et de femmes qui, comme lui, avaient consacré leur vie à L’Arche, aux personnes handicapées ou fragiles, à commencer par les parents, et qui le vivaient, sans l’avoir choisi, dans une discrétion absolue. Citant je ne sais plus qui, il avait conclu : « Vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça. » Car canoniser quelqu’un de son vivant, qu’on se le dise, c’était d’abord l’enterrer. Et il aimait la vie ! Durant ce même Katimavic, il avait évoqué le Ciel : « Si ça m’est donné, j’aimerais rencontrer deux femmes là-haut : Etty Hillesum et la Samaritaine. La première pour sa liberté intérieure. La seconde, pour lui demander : “Tout ce que j’ai dit de toi, est-ce que ça va ?” »

Se guérir d’abord

Printemps 2001, Paris. C’est sa grande conférence annuelle de l’OCH à La Mutualité. Cette année-là, le fondateur de L’Arche commente un verset de l’Évangile : « Veux-tu guérir ? » « Comment ça va ? » lance-t-il aux quelque deux mille personnes rassemblées ce soir-là. « Bien » répondent quelques personnes handicapées des premiers rangs. « Eh bien, vous avez de la chance, car moi, ça ne va pas fort. Mais, c’est mon problème. » Quelques semaines après, je lui demandais pourquoi il avait ainsi introduit sa conférence. Il me répondit : « Sur un tel thème, je voulais d’abord dire que moi aussi, j’ai besoin d’être guéri. »

Dans sa dernière Lettre aux amis, en octobre 2018, il avait conclu tous ses écrits par cette phrase : « Je vous quitte jusqu’à la prochaine lettre en vous remerciant encore une fois de vos vœux et de vos prières, et en demandant pardon à ceux et à celles que j’ai pu blesser à travers toutes ces années. »

Le message de la petitesse

16 mai 2019, Trosly. La prochaine lettre de Jean ne viendra pas. Ses obsèques se dérouleront dans l’intimité. Que chacun se souvienne de Jean, non comme d’un modèle parfait et inaccessible, mais comme quelqu’un qui n’a cessé de vouloir mettre les autres en chemin. Voilà le grand message du « géant », celui de la petitesse : « La vie partagée avec les plus fragiles n’est pas le fait d’une élite, c’est la destinée de toute notre humanité. » Chacun peut passer sous cette arche-là : ce n’est pas l’arche des saints, mais des pauvres, des faibles et des petits.

Pierre Durieux



Source : Aleteia

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Jean Vanier
PostPosted: Today at 12:52:22 (2019)
Contenu Sponsorisé





Jean Vanier
  Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC Forum Index » France, terre de chrétienté
All times are GMT + 2 Hours  
Page 1 of 1  

  
  
 Post new topic  Reply to topic  

Portal | Index | Forum hosting | Free support forum | Free forums directory | Report a violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001-2004 phpBB Group
Designed for Trushkin.net | Themes Database