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Forum du Pays Réel et de la Courtoisie - FPRC :: 1417/1428 : les écossais au service de France
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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Thu 7 Mar - 23:13:00 (2013) Reply with quote
TVR
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Nous avons tous en mémoire le roman de Walter Scott "Quentin Durward" qui décrit les aventures romanesques d'un jeune garde écossais au service du roi Louis XI.

Question idiote : que font des gardes écossais, en 1460, dans les troupes de protection du Roi de France ?

Comment se fait-il qu'une compagnie dite "écossaise" ait fait partie de la maison militaire du Roi jusque sous Louis XVI ?

Ce n'est ni une légende ni une figure de style car, dans la deuxième partie de la guerre de cent ans, ce sont plusieurs dizaines de milliers d'écossais qui sont venus se battre en France contre les anglais.

Tout commence à la fin du XIVème siècle, lorsque le roi Charles V, puis son successeur Charles VI, le roi fou (par intermittence) activent puissamment une alliance militaire entre le royaume d'Ecosse et celui des Lys contre l'ennemi commun.

L'objectif politique de Charles V était de créer un second front, au nord de l'Angleterre, afin de distraire des troupes anglaises un peu trop présentes en Normandie et en Guyenne.

La bataille d'Azincourt, en 1415, change tout.

En quelques heures, le roi Henri V extermine l'essentiel de la chevalerie d'Ile de France et du Hainaut. Le front nord du royaume est perçé, et les anglais sont en mesure de descendre la vallée de la Seine.

En 1417, les anglais tiennent Paris à la gorge.

Le Dauphin, futur Charles VII, abandonné par le cousin bourguignon, se replie en catastrophe sur la Loire et trouve refuge à Chinon.

Des armées royales, il ne reste presque rien. Les bretons sont en pleine guerre civile. Les français d'Ile de France sont décimés par Azincourt. Les bourguignons sont auprès de leur duc, hostile à la couronne des Lys au point d'envisager sereinement une alliance militaire avec les anglais.

Restent les tourangeaux et les poitevins, et les orléanais mobilisés par le bâtard d'Orléans, futur et célébrissime comte de Dunois, qui, demi-frère de Charles d'Orléans prisonnier des anglais depuis Azincourt, mobilisera toute la Sologne contre l'ennemi pour, non pas le Dauphin, mais préserver l'apanage de son demi-frère.

Et alors les écossais arrivent, par plein bateaux, à Nantes, pour venir renforcer les royaux.

La chancellerie française, elle, n'était pas morte sur les champs d'Azincourt.

Elle a oeuvré, et a puissamment relancé l'alliance franco-écossaise du temps de Charles V.

Le résultat ne se fait pas attendre.

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PostPosted: Thu 7 Mar - 23:13:00 (2013)
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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Thu 7 Mar - 23:19:14 (2013) Reply with quote
TVR
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En 1419, ce sont près de quinze mille écossais qui ont pris pied en Vendée et sur les rives de la Loire.

De 1419 à 1421, plus de huit mille autres arrivent en renfort.

Un troisième contingent de 7 000 hommes débarque en 1423.

Le dauphin, replié éperdument à Chinon, découvre qu'il a sous la main une armée de campagne.

Encore faut-il l'employer.

Comme il s'agit de mettre des rustines partout, les écossais sont, dans un premier temps, répartis dans les chateaux et forteresses qui protègent la Loire au nord et à l'est.

C'est ainsi que des highlanders vont se retrouver à Vitré, à Fougère, mais aussi dans le Perche et aux frontières de l'orléanais.

Ils sont dispersés, mais permettent ainsi de tenir les remparts qui protègent ce qui reste du domaine royal.

Les anglais sont alors amenés à livrer des combats de plus en plus brutaux, à coup de sièges, pour défoncer la ligne de protection de la Loire et de la Bretagne.

Pour les écossais, l'affaire est claire : les anglais ne les considèrent pas comme ennemis, mais comme rebelles bons à pendre. Aussi les garnisons écossaises se battent-elles jusqu'au bout quand les français envisagent régulièrement la paix des braves et le rançonnement.


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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Thu 7 Mar - 23:25:27 (2013) Reply with quote
TVR
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En 1421, "l'ère des armées écossaises" prend une nouvelle tournure quand débarquent en France les deux frères, Comtes Buchan, à la tête de 12 000 hommes.

L'aîné, John Buchan, reçoit l'épée de Connétable de France : il sera le Connétable le plus bref de l'histoire du royaume ...

Avec son frère, il lance alors toutes ses troupes le long de la Loire vers Orléans.

Rattrapés par une armée anglaise au nord d'Orléans, ils sont presque exterminés à la bataille de Cravant.

L'on peut voir aujourd'hui, dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, les tombeaux des deux frères.

Les écossais sont décimés, mais tous ne sont pas morts, loin de là.

1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Fri 8 Mar - 10:23:56 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Merci TVR ! La suite ! La suite !


scot

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PostPosted: Fri 8 Mar - 10:47:04 (2013) Reply with quote
VieuxGilou
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Toujours en verve TVR... (Quel talent !...) Merci.

Tout ça me rappelle que, quand j'étais petit et que ma mère me collait la corvée "d'écosser les  petits pois"... je croyais qu'ils poussaient en Ecosse... jusqu'au jour où je les ai vus pousser dans notre jardin !...
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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sat 9 Mar - 11:30:31 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Et vous portiez le kilt pour cet épluchage ? (pardon TVR pour le déviage)

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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sat 9 Mar - 11:36:20 (2013) Reply with quote
possum
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Ah ! Les chroniques de TVR... richesse et verve au rendez-vous ! Okay

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PostPosted: Sat 9 Mar - 11:37:43 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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D'où son pseudo...
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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sat 9 Mar - 11:46:18 (2013) Reply with quote
possum
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Ah ? Je croyais que c'était "Très Vieux Raconteur" !

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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sat 23 Mar - 23:00:56 (2013) Reply with quote
TVR
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En 1425, le royaume est complètement déchiré.

Cependant que toutes les régions du sud observent sans bouger les évènements, mais financent les efforts de guerre du Dauphin Charles, les anglais se sont emparés de Paris et de la Normandie.

La Bretagne tient contre les anglais, mais elle-même ne cesse de régler ses comptes en interne. La frontière militaire de Dol à Fougères résiste cependant aux anglais, avec ses garnisons écossaises en renfort.

La Guyenne est anglaise depuis toujours.

Pour que les anglais crèvent définitivement le peu qu'il reste de la royauté française, il suffit de s'emparer d'Orléans, qui est au sud de Paris et surtout sur la Loire.

La connection entre l'Ile de France sous contrôle anglais et un centre français qui ne tient plus à rien permettrait de définitivement rejeter vers l'ouest et le néant le "soi-disant dauphin".

Deux éléments vont empêcher ce plan stratégique cohérent et de grande ampleur concocté par le Régent d'Angleterre.

En effet, malgré l'alliance intéressée des bourguignons, Orléans reste inexpugnable : le jeune Dunois tient la place et ses environs, et ses chevaliers se font tuer sur place pour leur prince prisonnier en Angleterre ou il commence à écrire les plus beaux poèmes de la littérature médiévale pour occuper ses prisons.

Les écossais sont partout, et bloquent toutes les places fortes et les ponts sur la Loire.

Les seigneurs de la guerre français d'après Azincourt se révèlent : ils vont faire la guerre sans merci ni pitié, au départ avec peu d'hommes.

Et surtout ils se comportent, non plus en chevaliers, mais en tueurs. La France est en train de découvrir la haine à l'état pur de l'envahisseur étranger.

Dans les années qui précèdent la venue de Jeanne d'Arc, la guerre franco-anglaise est devenue inexpiable : on fait de moins en moins de prisonniers, et l'ancien esprit chevaleresque s'effondre lentement mais sûrement.

1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sat 23 Mar - 23:16:35 (2013) Reply with quote
VieuxGilou
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Laissez les radoter TVR et continuez vos Tellement Véridiques Récits...

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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sun 14 Jan - 02:20:34 (2018) Reply with quote
TVR
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Ainsi, entre 1419 et 1423, ce sont près de 25 000 écossais qui ont débarqué en France et viennent combattre pour les lys, et surtout contre les anglais.

Ils donnent au dauphin Charles une armée de campagne, dont il manquait complètement après sa fuite de Paris en 1418.

Ecrasés à Cravant en 1421, vaincus à Verneuil en 1424, les écossais tiennent malgré tout et restent présents, très présents ... auprès des compagnies françaises et bretonnes qui continuent à "tenir" pour le dauphin contre les anglais ... et le duc de Bourgogne.

Car le Duc de Bourgogne, Jean sans Peur puis son fils Philippe le Bon, ont avec des arrières-pensées très lourdes de conséquences décidé de signer des accords avec Henri V d'Angleterre, le vainqueur d'Azincourt, puis son frère le Duc de Bedford, Régent de France.

Après Azincourt en 1415, les anglais se sont emparés par les armes de toute la Normandie, du Maine, et des environs de Paris entre 1418 et 1419; ils tenaient déjà la Guyenne et d'un coup la mâchoire infernale qui avait tant inquiéter Philippe Auguste deux cents ans plus tôt s'est refermée sur la France.

Une campagne militaire exceptionnelle dirigée par Henri V avait en effet littéralement inondé la Normandie par cinq corps de bataille lancés depuis Caen vers l'ouest, le sud, le sud-est et finalement vers la cible principale : Rouen, deuxième ville du royaume par sa population de 50 000 habitants.

Rouen tint près de neuf mois contre les anglais; ses échevins et ses officiers mirent la couronne devant ses obligations féodales : si les lys ne venaient pas à leur secours, ils seraient libérés de toute obligation ...

Après neuf mois de détresse, de famine et de morts, Rouen se rend aux anglais et, désespérée, renie les lys.


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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sun 14 Jan - 02:50:00 (2018) Reply with quote
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C'est à Orléans que tout va basculer.

Fin octobre 1428, une armée anglaise de près de 14 000 hommes renforcée de 6 000 bourguignons met le siège devant la ville, ou plus exactement devant ses remparts situés au nord de la Loire; un contingent a pris pied au sud du fleuve : c'est lui qui tient les clés du siège.

La ville est tenue par quelques contingents "dauphinois" commandés par le Bâtard d'Orléans, l'un des chefs de guerre les plus teigneux du dauphin. Le bâtard tient non seulement une place essentielle pour ce qui subsiste du royaume, mais aussi l'apanage de son demi-frère, prisonnier en Angleterre depuis Azincourt.

Le siège dure, s'éternise ... début avril 1429, Philippe le Bon fou de rage d'apprendre que le duc de Bedford n'a pas la moindre intention de remplir ses engagements à son égard, donne l'ordre de repli à son corps de troupe.

Les capitaines anglais réagissent par le mépris à ce qu'ils considèrent comme une dérobade. En fait cette défection va leur coûter la victoire, et pour certains la vie.

Le 28 avril arrive de Blois un contingent "dauphinois" de renfort d'à peine 500 hommes, dont le commandement a été confiée à une jeune fille ... Jeanne d'Arc.

Le 29 avril cette minuscule unité entre dans Orléans : elle va changer le cours de la guerre de cent ans.

Cette troupe est composée pour l'essentiel d'écossais.

Et dans cette journée du 29 avril, les orléanais fous de joie car l'arrivée de ce petit contingent leur indique qu'ils n'ont pas été oubliés ni abandonnés, entendent dans leurs rues un air de cornemuse martelé aux tambours qui va devenir la plus ancienne marche militaire de France :

https://www.youtube.com/watch?v=8gNjfXMhMY8

Le 1er mai, le bâtard d'Orléans quitte la ville pour Blois afin d'aller chercher des renforts, car ils commencent à se regrouper au sud de la Loire. Il laisse la ville à Jeanne, mais surtout à un chef de guerre sans pitié nommé La Hire, qui restera célèbre pour sa prière funèbre :

"Mon Dieu, je te prie de faire pour La Hire ce qu'il aurait fait pour toi si tu étais La Hire et que je fus Dieu. J'ai servi mon Roi et pour le reste, j'ai fait ce qu'un soldat à l'habitude de faire ..."

Ainsi Jeanne a auprès d'elle à ce moment l'un des plus terribles capitaines d'écorcheurs de cette deuxième partie de la guerre de cent ans, au cours de laquelle on ne fait plus de prisonniers.

Ce même 1er mai, Jeanne inspectant les défenses extérieures de la ville est injuriée copieusement par les anglais qui, curieusement, savent qu'elle existe et qu'elle est arrivée. Glasdale, un capitaine anglais à la réputation presque aussi bonne que celle de La Hire, la traite de "putain d'Armagnac".

Mais la roue du destin et de Dieu tourne, et elle tourne contre les anglais ...


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1417/1428 : les écossais au service de France
PostPosted: Sun 14 Jan - 03:12:32 (2018) Reply with quote
TVR
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Le 7 mai 1429, l'attaque brutale de la bastille des Tournelles, au sud de la ville, par les troupes "dauphinoises" et le contingent écossais brise le siège en détruisant presque entièrement l'unité anglaise qui tenait le bastion. Glasdale est tué dans l'assaut.

C'est un échec pour l'armée anglaise, mais après tout ce n'est pas trop grave : l'ensemble des troupes situées au nord de la ville se replie alors en démontant ses positions.

Oui mais ...

Pendant que Suffolk, commandant anglais, regroupe ses troupes en se rassurant car il tient encore les places sur la Loire entre Orléans et Blois, Jeanne est revenue auprès du Dauphin et a demandé, supplié, des renforts.

Une femme, qui l'avait accueillie et observée, l'une des femmes les plus importantes de l'histoire de France, est la belle-mère du Dauphin Charles.

Yolande d'Aragon, mère du fameux "bon roi René", peut-être celle à qui avec Jeanne nous devons d'être une nation, conseille à son gendre, et ordonne et paye, pour que des renforts de plus en plus nombreux arrivent.

Les compagnies écossaises sont rameutées, les bandes royales arrivent du Maine et de Bretagne.

De Bretagne arrive un proscrit : le Connétable Arthur de Richemont, l'homme qui gagnera la guerre de cent ans, n'est pas aimé du Dauphin et a été écarté.

Richemont répond à l'appel de Yolande et vient avec ses bretons. Comme le Dauphin refuse encore de lui donner sa confiance, Richemont qui rencontre Jeanne prend une décision bizarre.

Il confie Jeanne à ses quatre gardes du corps, quatre chevaliers bretons de vieille lignée et surtout des bêtes de guerre, car il faut protéger la pucelle (leurs noms ont été conservés, dont celui du plus important, Tugdual de Kermoysan, qui survivra à l'aventure et sera plus tard conseiller militaire auprès du Dauphin devenu Charles VII). Pourquoi ?

Pourquoi en effet, pendant que les anglais et leurs alliés bourguignons commencent à entendre parler de cette jeune fille et la considèrent immédiatement comme la cible prioritaire à abattre, pourquoi dans le camp royal certains, toutes considérations politiques mises à part, la considèrent-ils comme une personne plus précieuse s'il est possible que le Dauphin ?

Il est vrai que le 18 juin 1429 est de nature à donner raison aux anglo-bourguignons ...

En effet ce jour-là, à Patay (nord d'Orléans, sur la route de Chartres) Jeanne lance la charge, contre l'avis de ses capitaines, de l'armée qui lui a été confiée : les anglais subissent l'un de leurs plus grands désastres.

Avec à peine 1 500 cavaliers, les français écrasent 5 000 anglais. 100 morts et blessés chez les français, plus de 2 500 chez les anglais : la malédiction des archers d'Azincourt est brisée.

Et surtout, la route est ouverte pour remonter vers Paris, contourner la ville tenue par les anglais, et foncer vers Reims ...

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PostPosted: Sat 20 Jan - 02:45:00 (2018) Reply with quote
TVR
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Revenu dans sa Bretagne, le connétable Arthur de Richemont reste en dehors de l'aventure.

Pourtant il a de son côté quelques idées sur cette guerre qui n'en finit pas.

Neveu du Duc de Bretagne, il a été fait prisonnier à Azincourt alors qu'il était jeune chevalier. Emmené en Angleterre, il a été très bien traité, tellement qu'il a reçu le titre de Earl of Richmond, titre qu'il conservera jusqu'à son accession au trône ducal, bien des années plus tard.

Moyennant quoi, libéré dans les années 1420, le jeune comte de Richmond est revenu en France nourri de haine contre les anglais, mais il les a aussi observé.

Devenu Connétable de France car les bretons sont très présents auprès du Dauphin, il commence avant même la venue de Jeanne à proposer une vision militaire totalement révolutionnaire.

Les aléas de la petite cour de Chinon font qu'Arthur de Richmond, que l'on dira Richemont, n'est pas aimé du Dauphin, futur Charles VII.

C'est ainsi qu'il est mis de côté dans les années 1429/1430 ... Il ne pourra pas venir aider la Pucelle, mais pendant qu'elle mène le Dauphin à Reims, lui commence à créer en Bretagne les bases d'une armée qui à terme anéantira les anglais.

Cette armée telle qu'il la veut écrase tout l'ordre féodal, quoi qu'il en soit l'un des plus grands représentants :

- la chevalerie deviendra une cavalerie lourde, dite de "gens d'armes", formée en compagnies commandées par des officiers généraux

- il sera créé une infanterie d'archers dits "francs-archers" afin de mettre à mal les archers gallois des anglais

- une artillerie puissante sera créée qui aura pour mission de tirer sur le champ de bataille par dizaines de veuglaires

- et l'infanterie (les anciens piétons) deviendra une masse de piquiers et de hallebardiers, qui va constituer des masses hérissées de pointes pour avancer sur l'ennemi

et surtout, surtout, cet ensemble sera créé dans un but nouveau : la bataille rangée; les sièges des places fortes vont perdre avec Arthur de Richemont leur rôle stratégique majeur, car lui veut saisir à la gorge l'ost anglais et le détruire.

Il est question de venger Azincourt.

Le premier choc de la nouvelle armée royale a lieu en Normandie, à Formigny, le 15 avril 1450 ...

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