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Cartes postales de Terre Sainte
PostPosted: Fri 21 Jun - 10:29:52 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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I. Sur la Via Dolorosa

Il n’y a que deux manières de « bien » faire la Via Dolorosa à Jérusalem sans être embringué dans les hordes touristiques.
Soit seul, le vendredi matin, tôt : la Via Dolorosa serpente en partie dans le quartier musulman et le vendredi matin, justement, nombre de muslims du secteur vont faire leurs dévotions à la mosquée Al-Aqsa (1). Le « Chemin des Douleurs » est donc moins encombré.
Soit le vendredi soir, à 16 heures, avec les admirables franciscains.
La Via Dolorosa part du couvent de l’Ecce Homo et se termine à la basilique du Saint-Sépulcre. Mais l’histoire du Chemin de Croix remonte au temps des pèlerins byzantins : ils marchaient de Gethsémani au Calvaire du Jeudi Saint. Au VIIe siècle, les pèlerins effectuaient quelques arrêts pour marquer les stations. Au XIe siècle, c’est le schisme d’Orient. Les orthodoxes commencent alors – et ils ne cesseront plus de le faire – de faire leur petite cuisine des lieux saints, y compris en ce qui concerne le Chemin de Croix. Au XIVe siècle, nos amis franciscains remettront heureusement (au moins pour deux siècles) un peu d’ordre dans tout ça.
La première station part du collège Omariye. Le minaret, à gauche, est connu sous le nom de « Tour Antonia ». C’est là que se trouvait le site de la forteresse romaine Antonia où Jésus fut condamné (« Alors, ils menèrent Jésus de chez Caïphe au Prétoire », Jean, 18, 28).
La deuxième station se situe aux chapelles de la Condamnation et de la Flagellation. Elles furent en partie construites sur le Lithostrotos où Jésus fut condamné à mort. On passe par l’Arc de l’Ecce Homo. Cet arc est un morceau original de l’Arc d’Hadrien qui servait d’entrée à Aelia Capitolina. C’est là que Ponce Pilate a présenté Jésus au peuple en disant : « Voici l’homme ! » (Jean, 19, 5).
La troisième station (Jésus tombe pour la première fois) se trouve à la chapelle polonaise. Un bas-relief de Thaddeus Zkienlinsky, au-dessus de l’entrée, représente le Christ fléchissant sous le poids de la croix.
A la quatrième station, Jésus rencontre sa mère. Un oratoire arménien en fait mémoire.
La cinquième station – Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix – est marquée par un oratoire franciscain.
A la sixième station (autel avec candélabre à sept branches dans l’oratoire du couvent des Petites Sœurs de Jésus), Véronique essuya le visage du Christ.
Septième station (marquée par une chapelle franciscaine) : Jésus tombe pour la seconde fois. Huitième station : Jésus console les femmes de Jérusalem. Cette station est marquée par une croix latine dans les murs du monastère grec. Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois (une colonne romaine marque l’endroit).
Les cinq dernières stations sont à l’intérieur de la basilique de la Résurrection. Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements. Onzième station : Jésus est cloué sur la croix sous les yeux de sa mère. Douzième station : le Christ meurt sur la croix (un autel grec se dresse au-dessus du roc de Calvaire). Treizième station : le corps est descendu de la croix par Joseph d’Arimathie en présence de Marie (sur les lieux, pierre de l’onction où fut déposé le corps).
La quatorzième station – Jésus déposé au tombeau – est le lieu le plus saint de la chrétienté : la tombe est le point central du Saint-Sépulcre (l’édicule fut érigé par les Croisés). Là, l’Ange dit aux femmes : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazaréen que vous cherchez, le Crucifié. Il n’est pas ici. Il est ressuscité » (Marc, 16, 6).
Alain Sanders
(1) Les Croisés l’appelaient le « Temple de Salomon » (ce que les israélites n’ont pas oublié) et s’en servirent comme palais royal et écurie.


Extrait du n° 7857 de PRESENT du jeudi 23 mai 2013
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Bonne Maman
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II. Bethesda : lève-toi et marche !

Le nom de Bethesda, à Jérusalem, ne vous dit rien ? Mais si, souvenez-vous… Là, à partir d’une citerne, l’eau était conduite par de petits canaux jusqu’aux bains. Là, de nombreux malades venaient chercher la guérison : en raison de leurs maladies, il leur était en effet interdit de s’approcher du Temple. Là, près de la Porte des Brebis (porte probatique), Jésus a guéri un paralytique : « Lève-toi, prends ton grabat et marche ! » (Jean, 5, 1-9).
En face du Birket Israïl se trouve un sanctuaire confié, en 1878, aux Pères Blancs par le cardinal Lavigerie. Tout en assurant la formation du clergé melkite, ils feront des fouilles archéologiques dégageant notamment la digue et les deux grands bassins de Bethseda. Les Pères dominicains de l’Ecole biblique de Jérusalem ont, quant à eux, mis au jour les restes de la basilique byzantine et les bains de guérison.
A l’époque de l’Aelia Capitolina (200-400 après J.-C.), un temple dédié à Esculape (ou Séraphis) fut construit, ainsi que des salles voûtées. Sous Juvénal, patriarche de Jérusalem (422-458), une basilique byzantine fut construite. Ses nefs s’appuyaient sur la digue et sept arches de soutien dans le bassin sud. Le chœur recouvrait les lieux de guérison. On peut encore voir les absides, quatre bases de colonnes et la mosaïque de son martyrion. Dédiée à sainte Marie de la Probatique, elle associait la guérison du paralytique et le lieu où, selon la tradition, est née la Sainte Vierge. En 614, les Perses détruisirent l’ensemble.
Restaurée par le moine Modeste, la basilique va connaître, au temps de Charlemagne, une période glorieuse avec de nombreux prêtres et des moniales.
L’église sera détruite en 1010 par le calife Al-Hakim. En 1099, les Croisés ne découvrent que des ruines. Vers 1130, ils vont s’employer à construire, pour des moniales bénédictines, une église romane dédiée à sainte Anne, la mère de Marie, et un petit monastère en mémoire du miracle du paralytique.
En 1192, le sultan Salah ed-Din (Saladin) transforme l’église Sainte-Anne en école coranique. Une inscription, au-dessus de la porte d’entrée de l’église, rappelle ce blasphème. Sous la domination turque, la crypte du sanctuaire, laissé à l’abandon, continuera de recevoir les visites clandestines – et risquées – des pèlerins chrétiens.
Après la guerre de Crimée (1854-1856), les Ottomans rendent l’église Sainte-Anne à la France pour la remercier de son appui militaire. Elle est alors restaurée et les premières fouilles peuvent commencer.
Pendant les sept siècles de profanation, les Franciscains n’ont jamais cessé de venir prier dans la crypte. Ils ne pouvaient y pénétrer que par une petite fenêtre qui existe toujours. On descend dans la crypte de la Nativité de la Sainte Vierge pour arriver dans une grotte.
La basilique Sainte-Anne est réputée pour son exceptionnelle acoustique. On peut y chanter, prier, célébrer l’eucharistie. Le jour de ma visite, je me suis trouvé avec un groupe de pèlerins philippins. L’Eglise. Universelle.
Alain Sanders



Extrait du n° 7858 de PRESENT du vendredi 24 mai 2013
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III. Le quartier du Muristan

En face de l’entrée du Saint-Sépulcre s’étend le quartier du Muristan (souvent méconnu, voire passé à l’as par les guides touristiques). Muristan, en persan, cela veut dire « hôpital ». Et voici pourquoi.
Sous le califat de Haroûn er-Rashid, avec qui il avait de bonnes relations, Charlemagne fait construire au Saint-Sépulcre une église dédiée à la Vierge, Sainte-Marie-Latine, un monastère et une bibliothèque pour les bénédictins. Mais aussi un hospice pour les pèlerins. L’ensemble sera ruiné par le calife Hakem, tenant de la très tolérante religion que l’on sait…
En 1030, des marchands d’Amalfi, en « Italie », négocient à grand prix l’autorisation de relever les ruines et de fonder un asile pour les pèlerins. Deux hospices sont alors créés, chacun avec une église. L’un sous le vocable de Sainte-Marie-Madeleine (appelé plus tard Sainte-Marie-Mineure), l’autre sous celui de Saint-Jean-l’Aumônier (1). Cet établissement sera désigné sous le nom « Hôpital ».
A l’arrivée des Croisés, Gérard de Provence, directeur dudit hôpital, crée avec les Hospitaliers un ordre religieux dont les membres s’engageaient à consacrer leur vie aux pauvres et aux infirmes, à donner l’hospitalité aux pèlerins et une sépulture aux morts.
Devenu très riche, l’Ordre des Hospitaliers s’affranchit, en 1193, de la juridiction de l’abbé de Sainte-Marie-Latine. Son deuxième Grand Maître, Raymond du Puy, obtient alors du pape Pascal II d’être soustrait à l’autorité du patriarche de Jérusalem. En 1130, les Hospitaliers construisent l’église Sainte-Marie-Majeure. Après leur départ, en 1187, Saladin s’installe dans l’hôpital. Une partie des bâtiments servirent de khan (caravansérail) puis, mal entretenus, se dégradèrent. A partir du XVIe siècle, l’hôpital sert de carrière de pierres à bâtir.
Dans le quartier du Muristan se trouve aussi la mosquée Omariyeh. En 1216, Chihâb ed-Din, neveu de Saladin et moins tolérant que son oncle, la fit bâtir en face de la basilique. Mais ce nom, Omar, rappelle un acte de tolérance, pour le coup.
Ayant conquis Jérusalem bésif (« par le sabre »), Omar visitait un jour le Saint-Sépulcre au moment où les muezzins appelaient à la prière. Il quitta aussitôt les lieux pour faire ses dévotions à l’extérieur de la basilique, sur l’escalier ruiné du Matyrion. S’en étant étonné, le patriarche Sophronius lui demanda des explications qu’Omar lui donna volontiers : « Si j’avais fait ma prière dans l’église, mes coreligionnaires auraient transformé ce monument chrétien en mosquée malgré les clauses de capitulation ».
Mais, plus tard, le calife Hakem, pas tolérant le moins du monde, lui, fait graver un édit en caractères coufiques interdisant aux chrétiens, sous peine de mort, de passer près de la mosquée Omariyeh pour se rendre au Saint-Sépulcre. L’inscription menaçante a été retrouvée sur un bloc de la quatrième assise de la basilique de Constantin, entre la porte méridionale et la porte centrale.
En 1869, le prince de Prusse, Frédéric-Guillaume, obtient du sultan régnant la concession des ruines de Sainte-Marie-Majeure et du cloître. L’église sera reconstruite à l’identique et inaugurée en 1898 par l’empereur et l’impératrice d’Allemagne. Elle sera affectée au culte – protestant, hélas ! – sous le vocable du Sauveur : Erloesers-Kirche.
Alain Sanders
(1) Patriarche d’Alexandrie, il avait secouru les chrétiens de Jérusalem – massacrés par milliers – par les Perses.




Extrait du n° 7861 de PRESENT du mercredi 29 mai 2013
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IV. Bethléem, la « maison du pain »

Bethléem, bien sûr. Même si le passage des checkpoints (nous passons dans les « territoires ») n’est pas toujours évident. Même si – dans la ville où est né Jésus – les musulmans sont de plus en plus nombreux. Même si les muezzins nous bassinent avec leurs sonos façon rave party. Même s’il y a de nombreuses mosquées (une seule cependant dans la vieille ville). A commencer par la mosquée d’Omar (1) sur la place de la Crèche (Manger Square) face à la basilique de la Nativité !
Mais Bethléem, bien sûr où les chrétiens palestiniens portent fièrement la croix autour de leur cou et arborent des chapelets dans leurs voitures. Bethléem où je ne me suis jamais autant félicité de parler arabe pour communier dans une même foi et une même langue avec ces chrétiens héroïques.
Bethléem : la « maison du pain » en syriaque, porta primitivement le nom d’Ephrata (« peine de fruits »). La première mention de ce qui n’était alors qu’un village se trouve dans la Genèse (à propos de la mort de Rachel). C’est la patrie du lévite Jonathan, d’Elémélech et de Noémi dont la belle-fille, Ruth la Moabite, devenue veuve, épousera Booz. De cette union naquit Obed, père d’Isaï (ou Jessé), père lui-même de David dont devait naître – d’après les prophéties – l’Emmanuel (le « Sauveur du monde »).
En 1933, la ville comptait 5578 chrétiens, 420 musulmans, 2 juifs. On n’en est plus là… Parmi les chrétiens, des Latins (en majorité), des Grecs non unis, des Syriens schismatiques, des Grecs catholiques, des protestants, des Arméniens schismatiques, des Coptes. Bref, comme on dit dans la région, un vrai Capharnaüm de chrétiens qui seraient bien inspirés de s’unir plutôt que se tirer dans les pattes…
Un exemple ? Dans la Grotte de la Nativité, la crypte est éclairée par des lampes : six appartiennent aux Grecs orthodoxes, cinq aux Arméniens, quatre aux catholiques. C’est à en pleurer… En 1873, une bande de 300 Grecs, moines et séculiers, tabassèrent les Franciscains qui y priaient, saccagèrent et pillèrent le saint lieu. En 1893, un Grec de religion orthodoxe tua un Franciscain puis tira sur une procession catholique…
Pour oublier de telles aberrations, on ira se recueillir à la Grotte du Lait (Moghâret es Siiti Mariam) à une encablure de la basilique. La Sainte Vierge y fit un court séjour avec le Divin Nouveau Né avant la fuite en Egypte. Comme elle l’allaitait, quelques gouttes de lait tombèrent sur la roche rouge, la colorant à jamais de blanc.
Depuis des temps immémoriaux, l’endroit est un lieu sacré de pèlerinage tant pour les chrétiennes que pour les musulmanes. Dans la Grotte, ces fidèles détachent de petits éclats de la roche crayeuse et les réduisent en poudre très fine qu’elles mélangent à leurs boissons.
Le 31 décembre 2006, une nouvelle église, construite au-dessus de l’ancienne chapelle, a été dédiée à la Théotokos (la Mère de Dieu). La même année, avec l’approbation du patriarche latin et le Décret de la Congrégation vaticane approprié, les moniales de l’Adoration perpétuelle sont arrivées à Bethléem dans un couvent préparé pour elles par la Custodie de Terre Sainte. Une sœur est en permanence en prière dans leur chapelle où est exposé le Très Saint Sacrement.
Où dormir à Bethléem (ne faites pas comme ces pèlerins transportés de Jérusalem le matin et ramenés à Jérusalem le soir) ? A l’hôtel Sancta Maria, à cinq minutes à pied de la vieille ville. Il est tenu par des chrétiens palestiniens et offre une belle vue sur le Champ des Bergers (les Anges leur y annoncèrent la naissance du Messie).
Alain Sanders
(1) Elle fut construite en 1860 sur un terrain concédé par l’Eglise orthodoxe qui, là comme à Jérusalem où à Nazareth, est plus souvent animée par sa hargne à l’égard de l’Eglise catholique que par une nécessaire prudence à l’égard de l’islam…


Extrait du n° 7862 de PRESENT du jeudi 30 mai 2013
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V. La mer Morte est toujours vivante

Cela faisait très longtemps que je voulais me baigner dans la mer Morte (Bahr Loût en arabe) en y lisant le Jerusalem Post et en y fumant un cigare. C’est chose faite. Quel endroit étonnant… Située à 425 mètres en dessous du niveau de la mer, Yam HaMelah (« la mer de sel » en hébreu) est ainsi l’endroit « le plus bas » du monde et contient vingt fois plus de bromure, quinze fois plus de magnésium et dix fois plus d’iode que toutes les autres mers du monde ! Et on a l’impression de s’y tremper – car impossible d’y nager – en apesanteur…
Ces particularités minérales ont suscité la construction de complexes balnéaires mammouthesques à Ein Bokek (et il y a tellement de Russes au mètre carré qu’on a envie d’appeler ça « Ein Kopeck »…). On y soigne – voyez comme c’est romantique – l’arthrite, le psoriasis et les affections pulmonaires.
On choisira donc plutôt de remonter vers Ein Guedi (Engaddi : « la source du chameau »). Le Cantique des Cantiques (I, 13) célèbre les vignes d’Engaddi (1). Aujourd’hui, c’est surtout les tongs et les bermudas qui dominent… On se baignera donc vite fait bien fait en faisant la planche (impossible de nager) et on ira se ressourcer au jardin botanique d’Ein Guedi : on s’y promène au milieu d’espèces végétales mentionnées dans la Bible, acacias, henné, kofer, pommes de Sodome, myrrhe, arbre à encens, etc.
A ce propos, il est inutile de préciser que les références bibliques surgissent à chaque instant. La région occupée au sud du promontoire, El Lisân (« La Langue »), la vallée du Siddim, nous rappellent que c’est là que se trouvaient Sodome, Gomorrhe, Adama et Seboïm. Gomorrhe n’existe plus. Mais il y a toujours un lieudit Sodome au pied du Djebel Ousdoum (le mont Sodome). A 11 km au sud de l’extrémité d’Ein Bokek, du côté ouest de la Route 90, une colonne rocheuse détachée du mont évoque la femme de Lot, transformée en statue de sel pour la punir de sa curiosité (Gn 19, 17, et 19, 26). Le mont Sodome a d’ailleurs cette particularité d’être formé à 98 % de sel.
Le Wadi Hadithé (appelé jadis, et encore par les Bédouins, Wadi et Frandji, la « vallée des Francs ») conduit à El Karak situé à 1420 mètres sur le Gir-Moab. Mésa, roi de Moab, traqué par Joram et Josaphat, rois d’Israël et de Juda, se réfugia là. Et il y immola son fils aîné à Baal… Les Grecs anciens appelaient El Karak Characmoba. Ce fut le siège d’un évêché au VIe siècle sous le nom de Cyriacopolis. En 1136, les Croisés y bâtirent le château de Crac.
On peut évoquer encore ha-Tsits (« la montée de Sis ») où s’assemblèrent les Ammonites et les Moabites pour marcher contre Israël. Quand Josaphat se porta à leur rencontre avec son armée, il s’aperçut que Dieu avait poussé ses ennemis à s’entre-exterminer. Pour cette raison, le lieu reçut le nom d’emèq Bérabak, à savoir la « vallée des bénédictions » (2 Ch 20, 26).
Les noms nous viennent par grappes et nous parlent : Hésébon, le roi Séhon, Josué, Og de Basan, le pays des Amorrhéens, la tribu de Ruben, les Emîm, les Enacim, les Madianites, le devin Balaam, les sources de Moïse (Aïoun Mousa), les Machabés, etc. Mais à qui, sinon à quelques curieux de ma sorte ou à des érudits férus du Mishna et du Talmud de Jérusalem, ces noms parlent-ils encore ? Pour le touriste lambda, le Jardin d’Eden se résume aujourd’hui aux quelques massifs fleuris des complexes hôteliers et aux plages bronze fesses d’Ein Bokek…
Alain Sanders
(1) « Mon bien-aimé est pour moi une grappe de henné dans les vignes d’Engaddi ».


Extrait du n° 7863 de PRESENT du vendredi 31 mai 2013
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VI. Massada, l’Alésia du Neguev

Massada l’héroïque. Massada arpentée dans une chaleur étouffante (un sympathique 38 degrés…). Massada proche de deux voies antiques : la route qui traversait le centre du désert de Judée et menait vers le sud du pays de Moab en Transjordanie ; la route qui reliait l’Idumée, le Moab et l’Arava à En Guedi et à Jérusalem.

En 72, après la conquête de Jérusalem par Titus, un groupe de quelque mille rebelles juifs (les Zélotes) se retranchent – hommes, femmes, enfants – sur un piton du bout du monde, Massada. Un plateau désertique entouré de falaises infranchissables (sauf pour des Romains…). Pendant des mois, ils résistent aux soldats de la Xe Légion de Flavius Silva qui ont installé huit camps – on peut toujours les voir – autour de la forteresse assiégée. Ces camps, les fortifications et la rampe d’assaut qui permit aux Romains d’ouvrir une brèche, constituent le complexe de siège romain le plus complet conservé jusqu’à nos jours.

A quelques heures de l’assaut final, les défenseurs de cet Alésia du Neguev et leur chef, Eléazar, refusant d’être réduits en esclavage, vont se donner la mort. Flavius Josèphe, ancien gouverneur de Galilée pendant la première guerre judéo-romaine (66-70), puis historien à Rome où il avait été emprisonné, a raconté cette tragédie. Et comment les sicaires (1), élite combattante dominante au sein de la rébellion, formèrent des groupes de dix personnes, l’une d’entre elles devant sacrifier les neuf autres et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul exécuteur (2).

Le chef des rebelles, Eléazar, échappa ainsi au sort réservé à Vercingétorix, traîné au triomphe de César à Rome, enfermé des années durant dans un ergastule et finalement étranglé (3).

Aujourd’hui, les unités de l’armée israélienne prêtent serment à Massada : « Massada ne tombera pas une seconde fois. » Jadis, on ne montait au sommet que par la Sente du Serpent sur le flanc est. On peut toujours le faire : au moins 45 minutes de marche épuisante (l’ascension est interdite les jours de très forte chaleur). Aujourd’hui, un téléphérique vous emmène au sommet en quelques minutes. C’est autant de temps (et de fatigue) épargné pour consacrer ses forces à la visite des lieux.

Si l’on retient surtout l’histoire du siège et de son issue tragique, on se rappelle aussi que cette place forte fut construite par le grand prêtre Jonathas et fortifiée par Hérode. Fortifiée et embellie : le palais nord, construit sur trois degrés de rochers de près de 30 mètres d’élévation avec des murs de soutènement énormes, est un chef-d’œuvre architectural. Réputé – à juste titre – cruel et jaloux, Hérode n’en aimait pas moins le confort et le luxe. En témoignent des mosaïques superbes, des colonnes à chapiteaux corinthiens, des bains à la romaine (du vestiaire : apoditrium, à la salle chaude : calderium, en passant par le tepidium et le frigidarium), etc.

Au sud de la synagogue (une des rares synagogues antiques de l’époque du second temple, détruit en 70), la « resserre des rouleaux » où fut rassemblé un butin trié par les Romains après leur entrée dans la forteresse. Ils prirent ce qui les intéressait mais abandonnèrent – heureusement pour les historiens – ce qui leur semblait sans valeur : des rouleaux de parchemin de papyrus, des projectiles, des boulets de baliste, des vaisselles cassées. Et même la feuille de paie du légionnaire Gaïus Masius, natif de la colonie de Beyrouth. Une paie qu’il touchait trois fois par an, ses frais d’habillement, d’équipement et de subsistance (pour lui et sa monture) étant largement déduits à la source. Nil novi sub sole…

(1) Du grec sica, nom de l’épée courte et recourbée qu’ils utilisaient.

(2) Deux femmes et cinq enfants (qu’elles avaient cachés) survécurent.

(3) L’arc de Titus, à Rome, commémore la victoire de Massada.

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7866 de PRESENT du mercredi 5 juin 2013
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VII. Nazareth du Galiléen

Curieusement, Nazareth n’est pas nommée dans l’Ancien Testament, ni dans les œuvres des historiens de l’antiquité. Etymologiquement, nezer signifie « rejeton », « jeune pousse ». Ce qui fit dire au père Barnabé Meistermann, O.F.M., dans les années trente : « Nazareth doit toute sa célébrité à l’honneur insigne qui lui fut réservé d’être la ville où vivait l’Immaculée Vierge Marie, lorsque l’archange saint Michel lui annonça le mystère de l’Incarnation du Verbe, et le lieu choisi par le Fils de Dieu pour y passer sa jeunesse jusqu’à l’âge de trente ans, pauvre, ignoré et soumis à Marie et à Joseph. »

Jusqu’au temps de Tertullien (160-240), le nom de Nazaréen servit aux juifs et aux païens pour désigner, de façon quelque peu méprisante, les chrétiens. Les musulmans continuent de désigner les chrétiens sous le nom de Nosrâni (au singulier ; au pluriel : Nasâra).

Dans les années trente, Nazareth comptait 5 000 chrétiens, 2 500 musulmans, une cinquantaine de juifs. Et aujourd’hui ? C’est la plus grande ville arabo-musulmane d’Israël. Avec tous les problèmes que cela sous-entend. Les menées islamistes – dans la ville de Jésus – sont de plus en plus violentes. Au chevet même de la Basilique de l’Annonciation, il y a une immense affiche proclamant que tous ceux qui n’obéissent pas au Coran – à savoir les juifs et les chrétiens – sont des « mécréants ». Et on laisse faire…

On passera d’ailleurs très vite dans cette basilique paradoxalement sans âme (elle a été bâtie entre 1960 et 1969 par un architecte italien peu… inspiré) pour aller prier plutôt dans la grotte de l’Annonciation où furent prononcées ces paroles : « Je vous salue, peine de grâce, le Seigneur est avec vous. » Là, encore, les orthodoxes ont trouvé utile – pour rester charitable – de situer ce moment sacré ailleurs, dans un endroit par eux désigné…

Site très émouvant, aussi, le lieudit « Cuisine de la Vierge ». En 1624, l’autel de Saint-Joseph, qui se trouvait au fond de la grotte, fut déplacé et adossé à l’autel de l’Annonciation. Ce qui permit de tailler dans la masse un escalier de seize marches conduisant à la sacristie et au couvent. En cas de pogroms anti-chrétiens – très nombreux à l’époque (et ça ne s’est pas arrangé depuis…) – cette communication permettait aux religieux de se cacher, à l’abri des fureurs musulmanes. En créant ce passage, on découvrit une petite grotte. Comme elle semblait communiquer avec la maison de Marie, on l’appela « Cuisine de Marie ». Si non e vero…

Après être entré en vainqueur dans Jérusalem, Tancrède prend possession de la Galilée en 1100. Il y trouve les sites chrétiens entièrement saccagés par les Sarrazins. Les Croisés entreprennent alors de les restaurer et de bâtir de nouvelles églises. Après la défaite de Hattin (1187), les chrétiens sont vaguement tolérés (sauf s’ils sont européens) par Saladin. En 1229, Frédéric II, empereur d’Allemagne, reprend le contrôle de la route d’Acre à Jérusalem.

Comment oublier, surtout, que saint Louis, venu à Saint-Jean d’Acre après sa captivité en Egypte, quitta cette ville le 23 mars 1254 pour se rendre, avec son épouse, la reine Marguerite, à Nazareth (1). Moins de dix ans plus tard, déferlement des armées égyptiennes qui massacreront tous les chrétiens de la ville.

Ayant débarqué à Acre en août 1219, saint François d’Assise fit aussi le pèlerinage à Nazareth. Redisons que, là comme dans de nombreux lieux saints et martyrs de Terre Sainte, la constance et le courage des Franciscains relevèrent de l’héroïcité. Car je vous fais grâce des massacres de 1548, 1634, 1638, 1644, perpétrés par les Turcs et les Bédouins…

Pour l’anecdote, rappelons qu’en 1799, pendant que Bonaparte assiégeait Acre, Junot installa sa brigade à Nazareth pour contrer le pacha de Damas, Abdallâh, qui progressait avec 40 000 hommes. Junot fut appuyé par la division de Kléber, puis par Bonaparte lui-même. Les blessés de Cana et du Thabor furent soignés par les religieux. Les trois officiers visitèrent le sanctuaire de l’Annonciation et logèrent à la Casa Nostra (c’est toujours une hôtellerie très accueillante).

(1) Lire, sur ce pèlerinage royal, ce qu’en dit le confesseur de saint Louis, Godefroi de Beaulieu (Vita S. Ludovici).

ALAIN SANDERS


Extrait du n° 7868 de PRESENT du vendredi 7 juin 2013
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VIII. De Tibérius à Tibériade

Tibérias (Tibériade) a été fondé en 21 après J.-C. par Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, qui en fit sa capitale et lui donna le nom de son protecteur romain, Tibère. Cet Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand, s’était moqué de Jésus pendant la Passion. Cela ne lui porta pas chance : tombé en disgrâce, il fut exilé en Gaule en 38. Après sa mort, en 41, Néron céda la ville à Agrippa 1er.

Tibériade eut fort à faire avec les empereurs romains. Lors du soulèvement des juifs ses habitants, craintifs, ouvrirent la ville à Vespasien. Après avoir écrasé la nation juive, Adrien y construisit un temple en l’honneur des dieux. En vain : les docteurs de la Loi en firent leur nouvelle Jérusalem. Vers la fin du IIe siècle, le Grand Sanhédrin y installa l’école talmudique de Jamnia.

Au IVe siècle Joseph, un notable juif de la ville, se convertit au christianisme. L’empereur Constantin le nomme alors « comte de Galilée » et l’autorise à transformer en église l’Hadrianum, le temple païen bâti par Adrien. Jean en fut le premier évêque et souscrira aux actes du concile de Chalcédoine (451). Justinien va en restaurer les remparts. Si bien que le christianisme s’y maintiendra pendant l’invasion musulmane. Après la conquête de Jérusalem par les Croisés, Godefroy de Bouillon donne la Galilée à Tancrède. Avec Tibériade pour capitale.

En 1187 la ville, tenue par Raymond III, comte de Tripoli, tombe aux mains de Saladin. En 1329, Eudes de Montbéliard passe un accord avec le sultan de Damas, Melek Salèh Ayoûb, qui lui rend la ville. Cinq ans plus tard, le sultan d’Egypte massacre tous les chrétiens. En 1620, Tibériade ne compte plus un seul juif ni un seul chrétien…

Mais, plus que Tibérias, devenue aujourd’hui une cité balnéaire, c’est le lac de Tibériade qui retient le voyageur sur le chemin des lieux saints : Magdala, patrie de sainte Marie-Madeleine ; Betsaïde, patrie de saint Pierre, de saint André, de saint Philippe ; Bersabée (Heptapégon), où eut lieu la multiplication des pains et des poissons ; le mont des Béatitudes ; Capharnaüm etc.

Il faut se promener sur les rives de ce grand lac (le Nouveau Testament l’appelle « mer de Galilée ») et imaginer Jésus et ses disciples déambulant. C’est là qu’il apaisa une tempête qui menaçait d’emporter la barque de Pierre (Matth., 8, 23-27). C’est là qu’il marcha sur les eaux (Matth., 14, 22-32). Là que, assis sur une barque, il délivra à la foule la parabole du royaume des Cieux (Matth., 13, 1-9). Et c’est là qu’eurent lieu les pêches miraculeuses : la première, suivie de la conversion des apôtres ; la seconde qui servit à payer l’impôt ; la troisième, après la Résurrection.

A quatre kilomètres de Tibériade, nos pas nous portent à Magdala. C’est la ville natale de Maria Magdalena (Marie de Magdala), une des saintes femmes qui suivirent Jésus dans sa « tournée » apostolique. Elle est aussi la « pécheresse » dont Luc, qui se garde bien de l’accabler, tait le nom. Pénitente, elle entra à Capharnaüm dans la maison du pharisien pour arroser de larmes les pieds de Jésus et les oindre de parfums.

Dans tous les restaurants de Tibériade, on sert le poisson de Saint-Pierre, ainsi nommé parce que le premier vicaire de Jésus sur terre trouva dans la bouche d’un de ces poissons (les musulmans l’appellent barboût) la pièce de quatre drachmes que réclamait le fisc du Temple.

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7869 de PRESENT du samedi 8 juin 2013
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IX. Face au Liban hezbollahisé : Kyriat Shmona

Disons-le simplement : Kyriat Shmona, dans le nord de la Galilée, est tout sauf vraiment touristique. D’abord parce que c’est une ville dont la proximité avec le Liban du Hezbollah fait une des cibles régulières des tirs de Katiouchas (1). Si bien que les inscriptions en hébreu, en anglais (et même en arabe) indiquant des abris (shelters) fleurissent à chaque coin de rues et d’immeubles.

Kyriat Shmona cela veut dire « la ville des huit ». En référence aux huit colons juifs – dont le héros sioniste Josef Trumpeldor – tués à Tel Haï, à 3 km de la ville, en 1920.

Nous sommes là dans le Golan récupéré par les Israéliens lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Pendant la guerre du Kipour, en 1973, la Syrie réoccupa une partie du terrain. Et puis elle fut renvoyée, vite fait, bien fait, sur ses actuelles frontières. La région reste marquée par ces combats : carcasses de chars, canons, bunkers. Et, dans certaines zones, des terrains encore truffés de centaines de mines anti-personnel.

On peut passer une journée à Kyriat Shmona, ville un peu poussiéreuse, certes, mais pleine de vie : quelque 25 000 habitants dont certains descendent des premiers colons et beaucoup d’autres de juifs originaires d’Egypte, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, tous animés d’une volonté de résistance qui force le respect.

On poussera ensuite, via la route 99, à l’est de Kyriat Shmona, jusqu’à la réserve naturelle de Tel Dan (la rivière Dan est un des principaux affluents du Jourdain). On peut y visiter les vestiges d’une ville importante habitée par les Cananéens au XVIIIe siècle avant J.-C., puis par les juifs à l’époque du premier Temple (XIIe siècle avant J.-C.). La stèle, dite de Tel Dan, découverte en 1993, est un fragment d’une tablette en araméen datant du IXe siècle avant J.-C. Le roi de Damas s’y glorifie d’avoir vaincu le roi d’Israël.

Pour les amateurs de faune exotique, on signalera le porc-épic indien et, surtout, la très menacée salamandre tachetée : elle a cinq doigts sur ses pattes arrières, mais quatre seulement sur ses pattes de devant.

A visiter, aussi, la grosse bourgade de Metula, située sur une colline et entourée sur trois côtés par le Liban. Elle fut fondée en 1896 avec l’aide des Rothschild français. Du sommet du tel (colline), on peut distinguer la forteresse croisée, Beaufort, qui sert désormais d’avant-poste à l’armée israélienne.

Le site de Good Fence (« la bonne barrière ») est un poste frontière. Il est désormais fermé. Naguère, les habitants du Sud-Liban l’empruntaient pour venir travailler en Israël. Ils ont été remplacés par des ouvriers thaïlandais, ce qui offre cette curiosité de panneaux indicateurs en thaï !

Petit intermède gastronomique : les restaurants de la région, la Villa Lishanky, HaTachanah, Luissa, proposent des poissons merveilleusement épicés d’herbes de Galilée, des côtelettes d’agneau, du bœuf succulent, etc. A accompagner – en oubliant les pisse-froid du Hezbollah de l’autre côté de la frontière – des vins de la région de Rosh Pina.

(1) Ces roquettes, utilisées pour la première fois par l’URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, doivent leur surnom au diminutif de Yekatrina (Catherine).

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7871 de PRESENT du mercredi 12 juin 2013
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X. Saint-Jean d’Acre des Croisés

Aujourd’hui, on dit Akko (en hébreu), Akka (en arabe), Acre (en touriste). A l’époque des Ptolémées, on disait Ptolémaïs. Pour nous c’est – et ce sera toujours – Saint-Jean d’Acre tant cette ville, une des plus belles de Terre Sainte, a été marquée par les Croisés et les marins d’Amalfi, de Pise, de Gênes, de Venise.

Il s’y passa cependant bien des choses et il y passa bien des gens avant les Croisés. Il y eut les Assyriens, les Perses, les Syriens, les Parthes, les Romains, les mahométans. On y vit Ataxerxès II (403-359), Alexandre le Grand, les Ptolémées (Soter puis Philadelphe), Simon Macchabée, un fils de Cléopâtre (Ptolémée Lathyre), Hérode le Grand, saint Paul (en route vers Jérusalem), saint François d’Assise, etc.

La conquête de la ville, alors aux mains des musulmans, fut difficile. Il fallut attendre 1104 et le renfort des Génois aux côtés de Baudouin 1er pour la libérer. En 1187, après la funeste bataille d’Hattin, la cité fut reprise par les Infidèles. Deux ans plus tard, Guy de Lusignan, secondé par les Pisans cette fois, réoccupe les lieux. Face à Saladin l’Europe chrétienne s’unit : des Français, des « Italiens », des Danois, des Frisons, des Anglais, des Flamandes, des Teutons, des Souabes.

En 1291, les Sarrasins pénètrent dans Saint-Jean d’Acre. Pour ne pas subir leurs souillures, les Sœurs de Sainte-Claire (les Clarisses) se tranchent le nez. A la vue de ces visages affreusement mutilés, les musulmans se contenteront de les massacrer toutes. Et, avec elles, les prêtres, les moines et les chrétiens qui n’avaient pu s’enfuir en mer…

En 1799, Bonaparte tente d’arracher la ville à Ahmed el Djezzar (el djezzar signifie « le boucher »…), une brute sanguinaire originaire des Balkans ottomanisés. Il en fut empêché par la flotte anglaise oublieuse en ces temps de l’esprit de croisade et alliée pour l’occasion aux mahométans les plus fanatiques.

La population de la vieille ville est aujourd’hui à 95 % arabe. En ville nouvelle, les juifs sont près de 70 %. On prétend que les deux communautés ne coexistent pas trop mal. C’est oublier les émeutes qui éclatent régulièrement (1). Mais elles sont vite réprimées et de façon plus durable que dans nos banlieues ethniques…

Le bon plan pour visiter Saint-Jean d’Acre, c’est de s’installer dans un des hôtels situés à l’entrée de la vieille ville et, après avoir déjeuné chez Hummus Saïd, de partir à la découverte des ruelles et des monuments.

Commencer la visite par la ville dite « souterraine » des Croisés. Pourquoi souterraine ? Parce que, après la prise d’Acre par les Mamelouks (1291), elle fut enfouie sous les décombres. Près de cinq siècles plus tard, les nouveaux maîtres jugèrent moins compliqué de reconstruire par-dessus les ruines. Ce fut une bonne chose en soi : nulle part ailleurs, on n’a un exemple aussi complet d’une cité de Croisés. Des salles des chevaliers à la cour à ciel ouvert en passant par le refectorium (où dîna Marco Polo lors de son passage à Acre), la crypte contenant le tombeau du dernier évêque de Nazareth, le domus infirmorum (l’hôpital), la tête vous en tourne ! (2) Comme disait ma grand-mère : « Quand même, qu’est-ce qu’on était et qu’est-ce qu’on est devenu… »

Témoins de ces temps glorieux, l’église Saint-Georges (non loin de la rue Saint-Louis) et l’église Saint-Jean (près du phare). Mais ce ne sont hélas plus les cloches que l’on entend à Saint-Jean d’Acre, mais les muezzins des mosquées alentour (dont la mosquée El-Djezzar bâtie, en 1781, sur une ancienne cathédrale des Croisés…).

(1) Les dernières sont du 15 mai dernier. Pour marquer le Nakba Day (« le jour catastrophe »), à savoir la création de l’Etat d’Israël. Le même jour, des heurts très sérieux ont eu lieu à Jérusalem, Kalandiya, Ramallah, Hébron, El-Khader, Bethléem, Jaffa, Saknin, Nazareth, etc.

(2) A ne pas manquer, non plus, le tunnel des Templiers qui reliait la ville au port. Il n’a été découvert – et par hasard – qu’en 1994.

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7872 de PRESENT du jeudi 13 juin 2013
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XI. Césarée, le cadeau d’Hérode à Auguste

Au IVe siècle avant J.-C., les Phéniciens avaient installé sur le site de la future Césarée, au lieu-dit Tour de Straton, une tour qui existe toujours, une petite colonie. Hérode va en hériter. En l’an 25 de notre ère, il décide de transformer la petite anse en port de mer. Douze ans de travaux gigantesques. Un nom : Césarée, en hommage à César Auguste. Et une cité qui, avec son hippodrome, son amphithéâtre, son palais, ses bains, ses bassins, ses rues marchandes, supplante bientôt Jérusalem. Et devient le siège ordinaire des procurateurs romains (Ponce Pilate y résidera jusqu’en 36).

Césarée a joué un rôle important dans l’histoire du christianisme. Saint Philippe le Diacre l’évangélise. Saint Pierre y baptise le premier païen converti au christianisme avec sa famille, le centurion Corneille. Saint Paul y vient plusieurs fois. Et une fois de façon tragique : il y est emprisonné deux ans avant d’être transféré à Rome devant le tribunal de César.

C’est à Césarée que Vespasien fut proclamé empereur par les légions en 69. Elle prit alors le titre de Colonia prima Flavia.

C’est aussi à Césarée, devenue évêché en 195, que se tint le concile au cours duquel fut décrété que Pâques serait célébré un dimanche. Saint Pamphile y a subi le martyre avec des centaines d’autres chrétiens dans l’immense hippodrome.

Sautons les années pour arriver en 1101, date à laquelle Baudouin s’empare de la ville. Elle passera ainsi à quatre reprises des mains des musulmans à celle des Croisés. Elle est reconquise en 1251 par Louis IX (saint Louis). Il y demeure une année entière pour la fortifier : douves, murailles, seize tours. Puis Césarée sera réoccupée et rasée entièrement par les Arabes. Le sultan El Aschraf s’acharna tout particulièrement sur les symboles chrétiens et notamment sur la cathédrale Saint-Paul (bâtie sur une ancienne église byzantine) dont on peut voir les ruines.

Après le passage des « sauterelles », le lieu fut déserté et servit de carrière de pierres (notamment pour la mosquée El Djezaar à Saint-Jean d’Acre). En 1878, les Ottomans installent des réfugiés bosniaques, construisant des habitations jusque dans l’amphithéâtre. Il faudra attendre les années quarante pour refaire surgir Césarée des sables et la tirer de la désolation. Les archéologues y découvrent de nouvelles merveilles quasiment tous les jours (1).

Des trésors et de belles histoires. Il en est une que j’aime particulièrement. Après la prise de Césarée, les Croisés vont découvrir une coupe en verre hexagonale de couleur émeraude. Pour Baudouin, aucun doute : c’est le Saint Graal, le calice sacré (sacro catino) dans lequel Jésus a bu lors de la Cène. Ce qui ne l’étonna pas plus que ça, lui que l’on disait descendre de Lohengrin… Il accepta néanmoins de s’en défaire pour remercier les Génois d’être venus à son secours.

La coupe fut emportée à Gênes. On peut toujours l’admirer dans la cathédrale San Lorenzo. Tout en sachant qu’il ne s’agit, en fait « que » d’un verre de table datant des Romains, cet objet venu du fond des âges et passé de mains en mains, participe de la légende dorée des chevaliers de la Table Ronde.

Pour une visite complète de Césarée, comptez six bonnes heures. Et entre deux et trois pour les moins courageux. La ville était notamment alimentée par la rivière Crocodile ainsi nommée parce que des sauriens – très différents de ceux du Nil – y étaient nombreux (jusqu’au début du XXe siècle)

(1) Césarée est un des plus grands sites archéologiques d’Israël.

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7873 de PRESENT du vendredi 14 juin 2013
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XII. Lod, ce n’est pas que l’aéroport de Tel Aviv

Pour les touristes qui arrivent par avion – et en repartent – à Tel Aviv, Lod (plus exactement Lod-Ben Gourion), est le nom de l’aéroport de la « Colline du printemps » (c’est ce que signifie tel aviv en hébreu). C’est dommage car Lod mérite qu’on lui consacre au moins une petite visite. Pour ce faire, la veille du départ, prenez vos quartiers au Saddot Hotel à Be’er Ya’akov (à cinq minutes de Lod et à un quart d’heure de l’aéroport).

L’histoire de Lod est ancienne. Détruite au VIIIe siècle avant Jésus-Christ par les Assyriens, elle fut rebâtie au IVe siècle et colonisée par des Grecs qui la baptisèrent Lydda. Puis vinrent les Hashmoneans (143 avant Jésus-Christ), etc.

Dès les débuts du christianisme, les chrétiens s’y établirent. Saint Pierre, venu y prêcher, y soigna un homme qui était grabataire depuis huit ans. En 57 de notre ère, les Romains occupent les lieux qu’ils rebaptisent Diospolis (c’est-à-dire « ville de Zeus »).

Selon la tradition, saint Georges, tribun dans l’armée romaine, est né à Lod. Ses restes ont été rapportés dans sa ville natale et on peut se recueillir sur sa tombe depuis le Ve siècle.

Durant la période byzantine, une basilique fut édifiée pour honorer Saint-Georges. Elle fut détruite par l’Omeyyade Abd el-Malik, mais reconstruite par les Croisés de Richard Cœur de Lion (et c’est la raison pour laquelle saint Georges est le saint patron de l’Angleterre). Au XIIIe siècle, les Mamelouks utiliseront une partie des pierres de l’église pour bâtir la mosquée El Chodr consacrée à… saint Georges. Sous le nom d’El Chodr, saint Georges est en effet vénéré par les musulmans en tant que vainqueur du démon Dadjal. Curieuse impression, de nos jours, que cette vision du clocher de l’église Saint-Georges (où se trouve le sarcophage du saint) voisinant avec le minaret de la mosquée.

A signaler aussi, non loin de Lod, la petite ville de Latrun, elle aussi ignorée par les touristes pressés de se rendre à Jérusalem. En 1890, des trappistes français y installèrent un monastère et y plantèrent des vignes (la production d’un excellent vin débuta en 1899), une oliveraie, des céréales. Chassés par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale, ils reprirent possession de leur domaine en 1926.

Il y avait jadis, à Latrun, une église élevée en l’honneur de saint Dismas réputé être le bon larron de l’Evangile. Au sommet de la colline, les Croisés avaient construit un château fort, le Toron des Chevaliers (1). En arabe, ce Toron est devenu El Torun et donc Latrun, mot proche du latin latro (le mot qui a donné « larron »). Ce qui donna à penser aux pèlerins chrétiens de la fin du Moyen Age que cette bourgade était celle du bon voleur crucifié – et sauvé – aux côtés de Jésus.

Une visite aux trappistes donc (ils vous réserveront le plus chaleureux – et le plus arrosé – des accueils…), et direction ensuite vers le musée de l’Arme blindée, le plus grand musée de chars de combat au monde. Le bâtiment, construit par les Britanniques dans les années trente (et confié à la Légion arabe pour surveiller la route vers Jérusalem) abrite également un musée d’histoire de l’antiquité à nos jours. Bref, de quoi s’occuper généreusement avant de reprendre l’avion…

(1) Selon d’autres sources, le fortin se serait appelé Castellum boni latronis (le château du bon larron).

ALAIN SANDERS



Extrait du n° 7876 de PRESENT du mercredi 19 juin 2013
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Servabo
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Odeia (l'agence qui a organisé le voyage à Malte avec Présent ) organise un voyage en Terre Sainte dans un an, en mai 2014.
Tout compris le budget sera entre 1700€ et 1800€ (avion, hôtel, tous les repas vin compris, les transports, les taxes, les pourboires, les entrées et guides pour les visites) C'est vrai que c'est pas donné, mais faut reconnaître que cette agence fait très bien les choses et puis, c'est pas désagréable de mettre les pieds sous la table et ne se soucier de rien pour organiser un voyage dans un coin à problèmes.

(info gratuite )

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