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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Fri 12 Jul - 14:01:31 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Cette excellente série est publiée dans Présent.

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Le Top 10 de la chanson correcte (1/10)
“Le Métèque”, ou le gai maraudeur

Le panégyrique médiatique et politique qu’a déclenché la mort de Georges Moustaki n’est pas résumable ou synthétisable. Plusieurs générations de Bollandistes s’épuiseraient à recueillir les témoignages et à les organiser.

Hollande, Ayrault, le président du Sénat, le président de l’Assemblée, Filipetti, Delanoë… Les plus hautes autorités ont glorifié les « résonances multiculturelles et internationales » de ses chansons, la « tradition humaniste multiculturelle » qu’il représente, le proclamant tour à tour « citoyen du monde » et « symbole de la France universelle », à l’unisson avec Mélenchon, la CGT, SOS Racisme et autres seconds couteaux de l’assiette au beurre.

Des âneries sont plus remarquables que d’autres. Pour Nicoletta, Moustaki possédait « un sens fabuleux de la musicalité qui lui venait de ses origines de Grec d’Alexandrie ». Mozart a toujours regretté de n’être pas un Grec d’Alexandrie : il me manque quelque chose, disait-il. Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, décrit Moustaki comme « un fils du métissage et du multiculturalisme » – deux parents grecs, ça fait du métissage (sa mère mangeait de la macédoine et son père portait des spartiates ?). Claude Bartolone se souvient qu’il chantait « le droit à chacun à tous les privilèges », c’est beau mais les privilèges des députés et encore plus ceux du perchoir paraissent « à chacun » difficilement accessibles, partageables.

La palme de l’ânerie sera-t-elle décernée à Yves Duteil ? « Il avait le visage, les cheveux, l’allure d’un voyageur qui n’a jamais vraiment posé ses bagages. » Observez les gens dans les gares, vous verrez.

Robert Hue et Mireille Mathieu se sont trouvés d’accord pour estimer que ses chansons resteront « éternelles ». Autant que les leurs, vraisemblablement.

Un texte fondateur

Venons-en au Métèque, chanté en 1969 par cet escogriffe barbu et mollasson, grand jean-foutre de l’accord majeur avec ce qui deviendra vingt ans plus tard la pensée unique.

Avec ma gueule de métèque

De Juif errant, de pâtre grec

Et mes cheveux aux quatre vents

Avec mes yeux tout délavés

Qui me donnent l’air de rêver

Moi qui ne rêve plus souvent…

La Gauche anticapitaliste s’est souvenue que « ses textes évoquent un monde de liberté dans lequel avoir une gueule de métèque n’excite pas la haine et la discrimination ». Maxime Le Forestier signale : « c’est la première fois qu’on parlait du racisme dans une chanson ». Les deux explications sont incompatibles. Mais on voit ce que chacun veut dire, en quoi la chanson est un texte fondateur.

« Avec ma gueule de métèque / De Juif errant, de pâtre grec… » En chanson, il serait déplacé de s’attacher à une logique trop stricte. Le métèque, à l’origine, est l’étranger en situation régulière et s’acquittant de ses taxes, et par définition il ne saurait avoir la même gueule que le pâtre grec, et celui-ci que le Juif errant. Ne pinaillons pas. Il dit métèque, là où aujourd’hui on dirait « Rom ».

Avec mes mains de maraudeur

De musicien et de rôdeur

Qui ont pillé tant de jardins…

La chanson exhale le parfum hippie de Mai 68, moment cher à l’artiste. Il chante l’amour, la route et la liberté – le rôdeur et le vagabond, qui est aussi le voleur et le maraudeur, mais ce ne sont pas des défauts : il chante l’homme libéré des chaînes sociales et du travail.

Libéré du travail, Moustaki l’était, le livret d’épargne bien abondé par les droits d’auteur. Le rôdeur, l’homme supposé n’avoir jamais posé ses bagages, a vécu un demi-siècle dans un duplex de l’Ile-Saint-Louis, en bon sédentaire, et servi sur la fin par une gouvernante brésilienne, en bon rentier. La Gauche pardonne à Moustaki, parce que l’hypocrisie n’a rien d’exceptionnel et qu’il a fondé un genre musical : la chanson politiquement correcte, ce qui fait de lui le pâtre grec des moutons de Panurge.

• Samedi prochain : Lily, de Pierre Perret.

MARTIN SCHWA



Extrait du n° 7889 de PRESENT du samedi 6 juillet 2013
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PostPosted: Fri 12 Jul - 14:01:31 (2013)
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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Fri 12 Jul - 14:04:07 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Le Top 10 de la chanson correcte (2/10)
“Lily”, ou le méchant Blanc

Le métèque de Moustaki (voir Présent de samedi dernier) était douceâtre comme la voix du chanteur. Lily est plus agressive. Le métèque chantait l’altérité (comme on dit), Lily proclame pour la première fois la culpabilité de l’homme blanc.

L’ami posthume de Paul Léautaud – et par décision judiciaire – accumule les clichés. Les Blancs exploitent les pauvres immigrés de couleur qui font les sales boulots. L’hôtelier est raciste.

Un hôtelier rue Secrétan

Lui a précisé en arrivant

Qu´on ne recevait que des Blancs

Les familles sont racistes.

Elle aima un beau blond frisé Lily

Qui était tout prêt à l´épouser Lily

Mais la belle-famille lui dit nous

Ne sommes pas racistes pour deux sous

Mais on veut pas de ça chez nous

Tiers-monde et Amérique

En comparaison, les immigrés ont toutes les qualités. Ils « venaient tous de leur plein gré / Vider les poubelles à Paris », Lily aime la liberté, rêve de fraternité… C’est le manichéisme de l’antiracisme qui s’exprime, nettement. En ce sens, sans retirer au Métèque le rang de texte fondateur, Lily en est un à sa manière : Perret est politique, là où Moustaki jouait les baladins.

Manichéisme de l’antiracisme, disions-nous, et mensonge ! Les immigrés, dit Pierre Perret, viennent de leur plein gré dans ce pays qu’il affirme raciste. Mais les gens n’émigrent jamais dans un pays raciste ! On peut établir que, vu l’immigration invasion que subit la France, ce pays est au contraire le plus accueillant qui soit. Peu importe à l’idéologie antiraciste. Elle n’est pas là pour ça. Elle est là pour culpabiliser l’Occidental et glorifier le Tiers-monde.

Lily quitte la France et « essaye » l’Amérique. Elle y rencontre Angela Davis et la lutte pour les droits.

Elle a vu Angela Davis Lily

Qui lui dit viens ma petite sœur

En s´unissant on a moins peur

Des loups qui guettent le trappeur

Elle se fait combattante, revendicative. Lily « lève un poing rageur »…

Au milieu de tous ces gugus

Qui foutent le feu aux autobus

Interdits aux gens de couleur

Légitimité d’un combat ? En France, dans les années 2000, les « jeunes » incendient des bus qui ne leur ont jamais été interdits. Il arrive même qu’ils grillent la petite cousine de Lily, comme en 2006 à Marseille. Pierre Perret n’a pas cru bon d’écrire une chanson en l’honneur de Mama Galledou… Il aurait fallu, pour ce faire, « stigmatiser » certains « jeunes ».

Non, en 2006, il préférait écrire un hymne au métissage – Mélangez-vous (1) –, d’inspiration post-moustaquite :

Femme pleine de grâce

Quand l´étranger à l´entour de ta maison passe

Noir, Blanc, Juif ou Berbère

Laisse ton cœur désigner celui qu´il préfère


Mélangez-vous, mélangez-vous

Quand toutes les peaux finiront par se ressembler

Mélangez-vous, mélangez-vous

Un jour, les hommes sauront même plus sur qui taper

Cette chanson n’a jamais dépassé la rampe. Trente ans après Lily, Pierre Perret n’est plus grand-chose. Politiquement correct, il a chanté contre la famine, contre la guerre, pour l’écologie et l’avortement, contre le racisme, d’une petite voix grêle qu’on n’entend plus guère, sur des rythmes datés. Même La bête est revenue, en 1998, qui devait attirer l’attention sur la montée du Front national et la xénophobie, n’a pas eu le succès du Zizi.

Par contre, lors du second tour de l’élection de Villeneuve-sur-Lot il y a quelques semaines, la candidate du Front de gauche, qui avait été éliminée sans les honneurs, est venue avec quelques tricoteuses au moment de l’annonce des résultats. En chœur, pour fêter la défaite du candidat Front national, elles ont chanté Lily, de Pierre Perret. Paraît que ce fut émouvant.

(1) En 2002, Princess Erika avait sorti une chanson intitulée Mélangeons-nous. La conjugaison permet d’obtenir plusieurs bides avec un unique verbe.

• Samedi prochain : Laziza, de Daniel Balavoine.

MARTIN SCHWA




Extrait du n° 7894 de PRESENT du samedi 13 juillet 2013
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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Sat 27 Jul - 21:32:15 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Le Top 10 de la chanson correcte (3/10)
“L’Aziza”, ou les années potes

« L’Aziza, c’est une chanson… à sa manière… engagée dans l’ambiance » : et comment ! L’« ambiance » des années Touche pas à mon pote.

SOS Racisme est fondé en 1984. L’Aziza est chantée par Daniel Balavoine en 1985 et récompensée la même année par le prix de la « meilleure chanson anti-raciste », lors de la Fête des Potes, au Bourget. Un mois plus tard (janvier 1986), a lieu l’événement télévisuel et invasif qu’est le Paris-Dakar, troisième du nom, au cours duquel le chanteur meurt d’une chute d’hélicoptère. Fin 1986, ont lieu les manifs étudiantes contre le projet de loi Devaquet et, à l’occasion de l’une d’entre elles, la mort de Malik Oussekine.

Petite rue de casbah

Au milieu de Casa

Petite brune enroulée d’un drap

Court autour de moi

Là où une vieille gauchiste invoquait Lily (cf. Présent de samedi dernier), une militante quadragénaire aurait choisi, plus emblématique de sa génération, L’Aziza. Je pense à Delphine Batho, dont la vocation politique et l’engagement antiraciste sont nés au moment des manifs de 1986 et au son de « Ta couleur et tes mots tout me va / Que tu vives ici ou là-bas ». Le 45 tours resta en tête du classement pendant huit semaines et se vendit à plus d’un million d’exemplaires. Le deuil scolaire après la mort du chanteur, les sit-in des collégiens manipulés, puis l’engagement à la FIDL et à SOS Racisme : toute une époque et, en effet, une chanson « engagée dans l’ambiance » – ce sont les termes mêmes de l’imbécile qui remet le prix à Balavoine (1).

Balavoine fait alors une petite déclaration en se grattant les cheveux : « Je dirais pas que c’est une chanson contre le racisme, je dirais que c’est plutôt une chanson pour l’amour des races. » Un matin il a regardé sa « gonzesse » – « j’ai constaté qu’elle avait les cheveux noirs, la peau mate, je me suis souvenu qu’elle était née à Casablanca, qu’elle est de religion juive » – et il a écrit la chanson. « C’est une forme d’amour pour la race à laquelle elle appartient. »

(En 1985, l’antiracisme n’était plus balbutiant mais Daniel Balavoine n’aurait su prévoir que le mot même de « race » serait un jour banni. Il est vrai qu’en l’espèce, c’est un synonyme de religion.)

Il existe un grand malentendu entre les fans et le chanteur. « L’Aziza », en arabe, cela signifie « la chose la plus chère », et Aziza est aussi un prénom maghrébin (plus exotique que Corinne, prénom de la compagne de Balavoine). La France entière a cru que la chanson parlait du racisme anti-maghrébin. SOS Racisme l’a promue pour dénoncer ce racisme. Un malentendu à la hauteur d’une équivoque ? Il y aura des mauvais coucheurs pour dire qu’en réalité SOS Racisme sert la cause sioniste au détriment des « beurs » (et d’autres qu’elle sert la cause des « beurs » au détriment des « nègres » – on n’en finit pas).

L’étoile jaune

Le malentendu a fonctionné parce que les éléments de son succès étaient réunis. Particulièrement, l’assimilation des immigrés aux Juifs, la transposition des années 1980 et de la montée du Front national aux « années sombres ».

Ta couleur et tes mots tout me va

Que tu vives ici ou là-bas

Et quand tu marches le soir ne tremble pas

Laisse glisser les mauvais regards qui pèsent sur toi L’Aziza

Ton étoile jaune c’est ta peau,

tu n’as pas le choix

Ne la porte pas comme on porte un fardeau,

ta force c’est ton droit

Au mythe du Juif errant, réprouvé individuel, qu’évoquait la chanson de Moustaki, succède l’allusion à une stigmatisation générale, précurseur des pires massacres. Avec la main symbole de SOS Racisme, à la fois main de Fatma et étoile jaune (sa couleur), un message passait : les immigrés maghrébins sont de pauvres gens persécutés par un Etat obscurément fasciste et génétiquement vichyssois. Le bon Tiers-monde face au mauvais Occident. Dans la logique marxiste, la persécutée de couleur se doit d’être une frêle jeune fille : Laziza est la petite sœur de Lily.

Daniel Balavoine dédia sa victoire antiraciste à Louis Chedid. Cela n’était pas un hasard.

• Samedi prochain : Anne, ma sœur Anne, de Louis Chedid.

(1) L’imbécile en question est-il Laurent Petitguillaume ou Laurent Broomhead ? Ou un troisième de la même espèce ? Difficile à dire. La vidéo est sur YouTube.

MARTIN SCHWA


Extrait du n° 7899 de PRESENT du samedi 20 juillet 2013
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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Mon 29 Jul - 21:12:47 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Le Top 10 de la chanson correcte (4/10)
“Anne, ma sœur Anne”

En recevant le prix SOS Racisme, Daniel Balavoine précisait que quatre ou cinq autres chanteurs auraient mérité de l’avoir autant que lui. C’est dire si la chanson antiraciste était à la mode en 1985 !

Mais il ne nomma que Louis Chedid et lui dédia le prix. Celui-ci avait en effet sorti un album quelques mois auparavant, intitulé Anne, ma sœur Anne, titre d’une des chansons – ou plutôt titre de la chanson qui lui apportera l’estime durable du système médiatique et culturel. Chedid attachait tant d’importance à ce titre qu’il fit pression sur les producteurs pour qu’elle soit diffusée en en 45 tours.

Anne, ma sœur Anne,

Si j’te disais c’que j’vois v’nir,

Anne, ma sœur Anne,

J’arrive pas à y croire, c’est comme un cauchemar…

Que voit-il venir, sinon Barbe-Bleue en personne et ses six millions de cadavres de la chambre du fond ?

Elle ressort de sa tanière, la nazi-nostalgie :

Croix gammée, bottes à clous, et toute la panoplie.

Après le Juif errant de Moustaki et « l’enfant du prophète roi » de Balavoine, voici Anne Frank réquisitionnée, autre jeune fille martyre après Lily et Laziza. La fragile Juive, la frêle immigrée face au nazi botté, l’image fonctionne. Les médias nous l’ont resservie à peine modifiée (il faut bien coller un minimum à la réalité) lors de la mort de Clément Méric, petit gabarit antifa cogné par une brute musclée néo-nazie.

Anne, ma sœur Anne est une étape essentielle dans le cursus anti-raciste puisque, même si le Front national n’y est pas désigné, l’identification entre ce parti et le nazisme est explicite.

Elle ressort de sa tanière, la nazi-nostalgie (…)

Elle a pignon sur rue, des adeptes, un parti…

La voilà revenue, l’historique hystérie !

« Hystérie », « aboiements », « vermine », « damnés »… Celui qui fut dans sa jeunesse Petit Chanteur à la croix de bois a troqué le registre angélique contre le lexique de la diabolisation. Trente ans plus tard, que constater, sinon que l’« hystérie » était en fait une bonne analyse et les « aboiements » des mises en garde qu’il eût été judicieux d’écouter ? A Brétigny-sur-Orge les « jeunes » dépouillent les victimes et les cadavres d’un accident ferroviaire, à Trappe ils mènent la guérilla, mais silence, autocensure – pas d’amalgame, et que les politiques ne surfent pas sur les peurs des gens. Mais qu’est cette chanson, sinon un amalgame pour faire peur ? Un amalgame toujours valable. Trente ans après, Chedid persiste et signe : le décalage entre sa chanson et la réalité, hier et aujourd’hui, de l’immigration, il ne l’admettra pas.

La bête, le diable

Sans rencontrer le même succès, Louis Chedid ponctionnera encore la veine antiraciste, avec Bleu Blanc Rouge en 1992 (« On les croyait en chambre-forte, Condamnés éternellement ; Quelqu’un leur a ouvert la porte, Les revoilà tambour battant ! »), non sans s’en être pris auparavant, en 1988, à Jean-Marie Le Pen – Le gros blond :

J’regarde le gros blond à la télé

Faire son ciné,

Tout cravaté, tout oxygéné

A l’heure de vérité,

De dire toutes les conneries dont il a le secret

Ces conneries, quelles sont-elles ? « Chômage, famille, patrie, immigrés »… Louis Chedid n’aimerait-il pas la famille ? Pourtant la sienne est présente sur trois générations. De sa mère, le poète et écrivain Andrée Chedid (morte en 2011) à son fils le chanteur M (né en 1971), en passant par lui, c’est une dynastie de poètes et de musiciens récompensée par des prix et des hochets. Elle a eu, en 2011, les honneurs d’un livre : Chedid – Une saga familiale ; ce mois-ci quatre émissions sur France Inter, centrée sur Louis Chedid mais intitulée « Les chiens ne font pas des chats » – un proverbe raciste ? La famille Chedid, d’origine libanaise, émigrée en Egypte, se présente sous des dehors « multiculturels » qui rachètent, dans l’imaginaire antiraciste, ce que la notion de famille peut avoir de renfermé sur soi et de « fascisant ». Le côté maronite est tu, ne subsiste qu’un orientalisme du meilleur ton.

Le gros blond et Bleu blanc rouge sont anecdotiques tandis qu’Anne, ma sœur Anne, de l’aveu même de Louis Chedid, est une chanson majeure. Il a raison, la postérité le vérifie. Elle a inspiré « La bête (J-M-L-P) » du groupe toulousain Zebda en 1995 (groupe métissé à base de Beurs du quartier des Izards, plus connu pour son Merah). Pierre Perret, lui, a réutilisé l’idée de Louis Chedid avec « La bête est revenue »… en 1998. C’est dans les vieux chants qu’on fait les meilleures soupes.

• Samedi prochain : Né quelque part, de Maxime Le Forestier.

MARTIN SCHWA



Extrait du n° 7904 de PRESENT du samedi 27 juillet 2013
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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Wed 7 Aug - 02:17:46 (2013) Reply with quote
Courtoisix
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Mes pronostics / suggestions :

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(BM, je vous laisse leur transmettre si vous le jugez utile, sait-on jamais)

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Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Wed 7 Aug - 03:16:04 (2013) Reply with quote
Bonne Maman
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Je ferai suivre, Courtoisix, bonne idée.

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Le Top 10 de la chanson correcte (5/10)
“Né quelque part”, ou le destin aidé

La carrière de Maxime Le Forestier, au début des années quatre-vingt, est au plus bas. Plusieurs albums n’ont connu qu’une faible diffusion. Comment retrouver l’oreille du public ?

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

On choisit pas non plus les trottoirs de Manille

De Paris ou d’Alger

Pour apprendre à marcher

Le Forestier est né, ni à Manille ni à Alger, mais à Paris. Il est de la même génération que Balavoine (1950) mais sa carrière a commencé plus tôt, en même temps que celle de Moustaki (1930) avec lequel il est ami. Puis la roue de Fortune a tourné pour le chanteur hippie. Sous Mitterrand, il le concède, il a « une image de grande ringardise ». Dix ans qu’il ne vend plus de disques. Un nouveau directeur prend la tête de la maison Polydor, découvre en Maxime Le Forestier « une personne qui avait gardé les qualités de la philosophie baba-cool, c’est-à-dire la tolérance et la générosité » – mais pas forcément le désintéressement : « Ça ne l’a pas choqué quand un jour je lui ai dit qu’il n’était peut-être pas interdit d’écrire un tube », explique Marc Lumbroso.

C’est bien beau d’accepter de prostituer son talent, encore faut-il arpenter le bon trottoir. Nous sommes en 1988. La diabolisation du Front national est activement soutenue par les médias. Les lois Pasqua de 1986 ont agacé les gencives du monde de la culture. Les chansons anti-racistes se multiplient, elles trouvent grand ouvert les ondes de la radio et les plateaux de la télé. Où tapiner mieux que dans ce registre ?

Le 45 tours Né quelque part sort en 1988. Il chante l’aveugle destinée qui nous fait naître au hasard et l’égalité de toute naissance.

Est-ce que les gens naissent égaux en droits

A l’endroit

Où ils naissent

Que les gens naissent

Pareils ou pas

Chantre des migrations

La chanson comporte deux phrases en zoulou. Elles apportent la touche de sagesse ethnique indispensable à un texte ouvert sur le monde (« Quand on a l’esprit violent, on l’a aussi confus » et « Les enfants jouent et parlent les uns avec les autres »). La pochette elle-même, une foule bigarrée et colorée, correspond parfaitement à l’idéologie tiers-mondiste et immigrationniste qui inspire Le Forestier :

Etre né quelque part

C’est partir quand on veut,

Revenir quand on part

« J’ai eu envie de faire cette chanson parce que j’ai peur que la France se ferme », explique-t-il. « Mon fils Philippe était scolarisé dans une école où cohabitaient dix-huit nationalités. Avec son copain Francis, fils de boat-people vietnamiens, ils allaient connaître les mêmes profs, les mêmes filles, et peut-être qu’à 16 ans ils voleraient une mobylette. Moi, j’engueulerais Philippe tandis que Francis serait renvoyé de son pays natal. » Tour de passe-passe : le problème de l’immigration se résumerait en un vol de mobylette par un jeune réfugié vietnamien…

Le hippie s’est fait bobo. Il cache derrière d’humanitaires raisons la programmation d’un succès. Chanter le hasard de la naissance et programmer un succès, c’est le paradoxe caché d’une opération réussie pour Maxime Le Forestier : grâce à Né quelque part, il retrouve un public. Sa carrière est relancée. Réjouissons-en-nous pour lui… Dans les années 1990, il est très présent dans les concerts bien-pensants qui assurent une visibilité médiatique : Sol en si (contre le sida), les Enfoirés.

Il se fourvoie en 2009 au sujet d’internet, question de génération ? Grand défenseur du projet de loi Hadopi, il va jusqu’à dire que ceux qui favorisent le piratage des chansons sont « des pétainistes ». Quand on a l’esprit violent, on l’a aussi confus… Loin de lui obtenir une attention respectueuse, cette déclaration provoque une volée de bois vert des internautes : Maxime Le Forestier leur paraît être un artiste qui se cramponne à un système rentier dépassé.

Etre né quelque part, est-ce toujours un hasard ? La sœur du chanteur, Catherine Le Forestier, a chanté en duo avec lui quand ils étaient jeunes. Elle l’a suivie à San Francisco, puis s’est installée au Maroc, a épousé un Marocain et s’est fait appeler… Aziza. En 1980, elle sort un album maghrébisant Music of Aziza. Trop tôt pour ce prénom que Balavoine exploitera plus habilement. Cet album « danse du ventre » fait un bide

• Samedi prochain : Tout le monde, de Zazie.

MARTIN SCHWA




Extrait du n° 7909 de PRESENT du samedi3 août 2013
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"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

Le top 10 de la chanson correcte
PostPosted: Mon 19 Aug - 21:43:27 (2013) Reply with quote
ozone
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Les pieds dans le plat..........ça fait du bien.....

http://www.youtube.com/watch?v=9FJUpNf215A

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PostPosted: Mon 19 Aug - 22:09:26 (2013) Reply with quote
possum
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Oui... mais...

http://youtu.be/Ndf6FFggVNc

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La rue appartient à celui qui y descend...

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