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La Fronde des Princes
PostPosted: Sun 18 Jan - 13:16:45 (2015) Reply with quote
Bonne Maman
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Extrait de Jacques Bainville :


Quote:
Histoire de France, chapitre XII:

"On a pris l'habitude de regarder la Fronde comme un épisode romanesque et même galant à cause des belles dames qui s'en mêlèrent. Ce fut, en réalité, la poussée révolutionnaire du dix-septième siècle. Ce « grand siècle » n'est devenu celui de l'ordre qu'après avoir passé par le désordre. Il a eu, vers son milieu, une fièvre, une éruption répandue sur plusieurs pays d'Europe. Nous avons déjà vu le roi d'Espagne aux prises avec des mouvements d'indépendance en Catalogue et au Portugal. À Naples, le pêcheur Masaniello prit le pouvoir et son histoire frappa les imaginations. À Paris, dans les rues, au passage d'Anne d'Autriche, on criait : « À Naples ! » Mais rien ne saurait se comparer à l'impression que produisit la révolution d'Angleterre. L'exécution de Charles Ier, beau-frère de Louis XIII, semblait annoncer la fin des monarchies. Le rapport de ces événements avec les troubles qui éclatèrent en France n'est pas douteux.

On retrouve dans la Fronde les éléments ordinaires dont les révolutions se composent. L'effort et la fatigue de la guerre de Trente Ans y entrèrent pour une part. Richelieu avait demandé beaucoup au pays et tout ce qui avait été contenu sous sa main de fer se libéra sous Mazarin. Il se fit une alliance des grands qu'il avait contraints à la discipline nationale, et de la bourgeoisie qui avait souffert dans ses intérêts d'argent. Pour une autre part, et non la moindre, il y eut le jansénisme, cette Réforme sans schisme, qu'on a pu appeler « la Fronde religieuse ». Les pamphlets contre Mazarin et les polémiques avec les jésuites, les « mazarinades » et les Provinciales (bien que légèrement postérieures) partent du même esprit. Un admirateur de la Fronde l'a appelée « la guerre des honnêtes gens contre les malhonnêtes gens ». Si elle avait réussi, on lui aurait certainement reconnu les caractères intellectuels et moraux d'une révolution véritable.

Lorsque les troubles éclatèrent, au commencement de 1648, l'année du traité de Westphalie, le gouvernement était depuis plusieurs mois en conflit avec le Parlement qui déclarait illégales quelques taxes nouvelles. La raison du mécontentement était toujours la même : la guerre, l'action extérieure, l'achèvement du territoire coûtaient cher. Le Trésor était vide. Il fallait emprunter, imposer, quelquefois « retrancher un quartier » de la rente, ce que les bourgeois prenaient mal comme on s'en douterait si la satire de Boileau ne l'avait dit. Mazarin, tout aux grandes affaires européennes, laissait les finances et la fiscalité au surintendant. Lorsque les choses se gâtaient, il se flattait de les arranger par des moyens subtils. Il eut le tort, quand le Parlement adressa au pouvoir ses premières remontrances, de ne pas voir qu'il s'agissait de quelque chose de plus sérieux que les cabales d'Importants dont il était venu à bout au début de la régence. La résistance du Parlement faisait partie d'un mouvement politique. On demandait des réformes. On parlait de liberté.

Surtout on en voulait à l'administration laissée par Richelieu, à ces intendants qu'il avait créés et qui accroissaient l'autorité du pouvoir central. Les hauts magistrats recevaient des encouragements de tous les côtés. Les concessions par lesquelles Mazarin crut les apaiser furent donc inutiles. Le Parlement s'enhardit, et bien qu'il n'eût que le nom de commun avec celui de Londres, l'exemple de la révolution anglaise ne fut pas sans échauffer les imaginations. En somme le Parlement de Paris, le plus souvent soutenu par ceux des provinces, prétendait agir comme une assemblée souveraine et, au nom des antiques institutions et libertés du royaume, limiter l'autorité de la monarchie, singulièrement renforcée sous la dictature de Richelieu. Les Parlements deviennent dès ce moment-là ce qu'ils seront encore bien plus au dix-huitième siècle : un centre de résistance au pouvoir et d'opposition aux réformes, d'agitation et de réaction à la fois, un obstacle à la marche de l'État..."



Source :
http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2008/12/22/ephemeride-du-18-…

_________________
"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

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PostPosted: Sun 18 Jan - 13:16:45 (2015)
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La Fronde des Princes
PostPosted: Fri 23 Jan - 23:23:52 (2015) Reply with quote
TVR
Membre (modérateur du tchat)

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Joined: 07 Oct 2011
Posts: 960




La Fronde ... ou plutôt les Frondes en fait, puisqu'il ne faut pas confondre la Fronde des Princes, dernière révolte des grands féodaux contre le pouvoir ministériel, et la Fronde parlementaire qui avait lancé le mouvement, puis reprend quelques mois plus tard et qui, elle, est effectivement fortement marquée par l'exemple anglais, si proche dans le temps et l'espace.

Le Parlement de Paris verra même dans ses lubies Turenne comme un possible Cromwell.

La Fronde des Princes ... salons des marquises ou des guerriers bottés, en cuirasse et écharpes de commandement, rivalisaient d'élégance martiale devant les belles dames du Marais qui allaient les envoyer au massacre et les perdre.

Condé, ce "héros fourvoyé" comme l'a si magnifiquement résumé Simone Bertière, sera à la tête d'une révolte de grands militaires alors même qu'il est le cousin du jeune roi.

La Rochefoucauld, l'un de ses amis, y laissera la vue pendant quelques temps, ses illusions pour toujours, et en retirera ces maximes qui ont fait de lui l'un des plus grands écrivains français de l'âge baroque.

La Fronde parlementaire, comme l'avait parfaitement analysée Bainville, est beaucoup plus pernicieuse si elle est largement moins chatoyante.

Le Parlement de Paris, cour de justice suprême, se conduisit alors comme, dans la seconde partie de la guerre de cent ans, s'était comportée l'Université de Paris, collaborant sans état d'âme avec l'occupant anglais. Les parlementaires iront jusqu'à appeler de leurs vœux l'ennemi juré espagnol, qu'il avait été si difficile de contraindre et rejeter vers les Flandres.

La rébellion du Parlement de Paris aura un écho terrible dans l'opposition permanente des parlements de justice tout au long du XVIIIème siècle, jusqu'à produire la Révolution.

Et après on s'étonne que depuis Napoléon tous les pouvoirs en France aient toujours eu à cœur de museler la magistrature !

Notons aussi dans cette galerie de personnages le coadjuteur, futur Cardinal de Retz, qui souffle sur les braises parlementaires et, avec le duc de Beaufort devenu "roi des halles", met le feu à une populace parisienne qui n'en demandait pas tant pour se mettre à élever des barricades.

Monseigneur le coadjuteur était évêque in partibus de Corinthe. Il finance un régiment de clercs de notaires qui, lors de sa première et dernière sortie, se fera rosser proprement par les troupes royales. Morts de rire, les généraux nommeront cette journée "la première aux corinthiens".

Coups de canon et mots d'esprit : les mousquetaires de Dumas ne sont pas si éloignés d'une certaine vérité historique.

La Fronde des Princes
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