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Le coin de l'Yourop en 2019
PostPosted: Thu 24 Jan - 00:32:51 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
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Aix-la-Chapelle : le traité secret

A Aix-la-Chapelle, mardi, Merkel et Macron ont signé à la va-vite, sans « grand débat » préalable, un traité dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques.

Après le « pacte mondial de Marrakech », c’est la seconde fois en quelques semaines que le président engage notre pays dans des accords majeurs. A chaque fois la démarche a été accomplie dans une quasi-clandestinité. Est-ce du « complotisme » que de le constater ? Ces textes prennent à rebrousse-poil l’opinion publique, sur l’immigration, dans un cas, sur la souveraineté nationale, dans l’autre. Ceci explique sans doute cela.

Cet accord se contente d’actualiser, d’« approfondir » un traité signé en 1963 entre de Gaulle et Adenauer. Le texte de 1963 correspondait à une situation géopolitique bien précise : les Soviétiques occupaient la moitié de l’Europe. Leurs complices communistes allemands venaient d’édifier le mur de Berlin. Chaque jour ou presque des Berlinois tombaient sous les balles des Vopos pour avoir tenté de se réfugier à l’Est. Des jeunes gens agonisaient pendant des heures sur la ligne artificielle séparant les deux Etats. Ce traité était un moyen de réintégrer l’Allemagne de l’Ouest dans le concert des nations européennes, et de matérialiser les liens étroits unissant désormais tous les pays libres face à la nouvelle menace bolchevique. Quelques semaines plus tard, Kennedy devait à son tour apporter son soutien, avec sa fameuse phrase, qui fit le tour du monde : « Ich bin ein Berliner ».

Cela signifie-t-il que nous allons partager notre siège à l’ONU ?

Mais nous ne sommes plus à l’époque de la guerre froide, et ce nouvel « accord de convergence » franco-allemand aurait mérité d’être préalablement exposé aux Français. « Fake news », « mensonges », « fantasmes », « interprétations » : hommes politiques et journalistes macroniens n’ont pas eu de mots assez durs pour qualifier les inquiétudes, les objections, les interrogations émises par les porte-parole du RN, de Debout la France, voire des mélenchonistes.

Mais ces journalistes et ces hommes politiques sont-ils bien certains de faire correctement leur métier, quand ils découvrent ou font découvrir à leurs lecteurs, leurs auditeurs, leurs électeurs, ce texte le jour même de sa signature, à peu de chose près ?

Et n’est-il pas normal de se poser des questions quand on apprend la création d’une « zone économique franco-allemande dotée de règles communes », quand on découvre que la France va faire de l’admission de l’Allemagne comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU une question prioritaire ? La France a un siège, pas l’Allemagne. Cela signifie-t-il que l’on va désormais devoir le partager ? Et cette présence d’un membre du gouvernement d’un Etat au conseil des ministres de l’autre Etat, n’est-ce pas un début d’institutionnalisation d’une supranationalité franco-allemande ?

Cet accord pose une fois de plus la question de notre souveraineté. Question d’autant plus pressante que, sur le plan économique, la France a été largement distancée par son voisin, au fil de ces quarante dernières années. Partager notre poids diplomatique, partager nos moyens militaires, c’est-à-dire nos points forts, c’est accentuer encore ce déséquilibre global.

L’accord d’Aix-la-Chapelle est évidemment un mauvais coup. C’est une façon de favoriser la dilution nationale au profit de l’Europe de Bruxelles. Et l’absence d’information, l’absence de concertation correspondent tout simplement à une volonté de passer en force, contre l’opinion publique, et même contre les urnes.

Francis Bergeron



Source : Présent

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"Si je meurs demain, je me regretterai, parce que je m'entends assez bien avec moi-même"

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PostPosted: Thu 24 Jan - 00:32:51 (2019)
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Le coin de l'Yourop en 2019
PostPosted: Fri 8 Feb - 13:19:01 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
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Les racines chrétiennes de l’Europe

L’Europe et l’Église forment depuis plus de quinze siècles un tandem inséparable. L’Europe sans l’Église ou l’Europe à la place de l’Église ne serait plus l’Europe.

La question, éminemment inactuelle, des racines chrétiennes de l’Europe, s’invite régulièrement dans l’actualité, du Président Jacques Chirac se battant pour qu’il n’en soit pas fait mention dans le préambule de la Constitution européenne, au commissaire français Pierre Moscovici disant qu’il n’y croyait pas. Or une telle question ne devrait pas faire débat. Car sinon qu’est-ce que l’Europe ? Une donnée géographique ? Alors la Turquie en fait partie. L’ethnie, ou la langue, « indo-européenne » ? Elle comprend aussi les Iraniens, les Indiens, les Kurdes, les Arméniens… Une institution ? La Norvège a refusé d’y entrer, la Grande-Bretagne veut en sortir, d’autres la suivront peut-être… Alors peut-on donner raison au président turc, Recep Tayyip Erdogan, de l’avoir qualifiée de « club chrétien » ?

Oui, car l’Europe s’enracine évidemment dans le christianisme. Elle est en effet issue de la pars occidentalis de l’Empire romain, qui était officiellement chrétien lors du partage de 395. C’est dans cette moitié d’Empire, englobant l’Afrique du Nord, que vécut saint Augustin dont La Cité de Dieu a fondé un élément essentiel pour l’avenir de l’Europe : la distinction entre la « Cité des Hommes », dont la construction est la mission de l’État, et celle de Dieu, qui relève de l’Église, même si les deux doivent coopérer. Cette distinction était nouvelle, tant la tradition romaine était celle d’une confusion entre pouvoir politique et autorité religieuse. Une juste conception de la laïcité est dès lors un élément essentiel de l’ADN européen. Voyons maintenant quelques jalons sur la route de l’identité chrétienne de l’Europe.
Le temps des monastères

Le moine irlandais (saint) Colomban tout d’abord, fonde à la fin du VIe siècle une série de monastères dans les actuelles France, Suisse, Allemagne et Italie, maillons de réseaux économiques et intellectuels, et bases d’une culture commune. Il est le premier à avoir utilisé le terme « Europe » pour désigner notre région (pour les Grecs, l’Europe c’était grosso modo la Thrace), dans une lettre à Grégoire le Grand (590), et une autre à Boniface IV (614) : l’Europe était, pour lui, l’espace soumis à l’autorité du Pape.

L’Empire carolingien ensuite, est la véritable matrice politique et géographique de l’Europe. Des chroniqueurs désignent en effet Charles Martel comme chef des « gens d’Europe », son petit-fils Charlemagne comme « phare de l’Europe », Louis le Pieux le « prince de l’Europe », tandis que le pape Jean VIII (872-882) est qualifié de « recteur de l’Europe ». Citons enfin la règle de saint Benoît, imposée par Louis le Pieux, par souci d’unité spirituelle et culturelle, à tous les monastères de l’Empire (817), et la fondation, avec l’aide de l’Espagne et de l’Angleterre, de l’abbaye de Cluny (909), dont la carte des fondations qu’elle fera à son tour dessinera celle de l’Europe. L’éminent juriste Yves Guyon a défini les bénédictins comme « la clef de voûte » de l’Europe.
Deux rivaux : le Trône et l’Autel

Cet enracinement a bien sûr souvent été vécu de manière conflictuelle, la distinction entre le Trône et l’Autel n’étant jamais allée de soi. La papauté a régulièrement eu tendance à comprendre son rôle comme supérieur à celui des souverains qui, tirant de Dieu, donc d’elle, leur autorité, lui devraient aussi leur pouvoir, et qu’elle aurait le droit de déposer (ce qu’on a appelé, à tort, « l’augustinisme politique »). Ceux-ci ont pour leur part souvent cédé à la tentation d’intervenir dans les affaires de l’Église, en nommant évêques et abbés, jusqu’à prétendre au droit de désigner le Pape, ou d’en faire leur « chapelain privé », tel Charlemagne avec Léon III.

L’histoire de l’Europe est rythmée par ces conflits : Querelle des investitures (XIe siècle), lutte du Sacerdoce et de l’Empire (XIIe siècle), théorie des « Deux Glaives », « guelfes » contre « gibelins », sac de Rome par les armées de Charles-Quint (1527)… Jusqu’à la séquestration par Napoléon de Pie VI et Pie VII. Le sacre de 1804, immortalisé par David, n’est ainsi que l’écho de celui — mille ans plus tôt — de Charlemagne, qui tenta déjà de se couronner lui-même… Les schismes ont toujours eu, au-delà des prétextes théologiques, un arrière-plan politique, l’affirmation d’une identité nationale, comme en Angleterre. En France, celle de la monarchie absolue est allée de pair avec celle des libertés gallicanes.
Une culture commune

Malgré cette rivalité, le christianisme a favorisé une culture commune. La carte des monastères correspond à celle des droits de l’homme, issus du message évangélique, et de la démocratie, restée vivace dans l’Église. On a aussi pu montrer que la notion de progrès, qui a fondé l’essor de la civilisation occidentale, était liée à la conception chrétienne d’un temps vectoriel allant d’un « moins bien » vers un « mieux », au moins espéré.

Quand bien même certains nient que l’Europe puisse avoir une quelconque identité, a fortiori chrétienne, et même si, en désacralisant « le monde », le christianisme a entraîné une « sortie de la religion » (Marcel Gauchet), l’Europe reste anthropologiquement chrétienne. On ne saurait en effet réduire une religion à la foi, ou même à la pratique, ou aux joies du communautarisme : chacune a façonné une manière de penser que partagent même les plus incroyants. Il est à ce titre frappant de constater combien ceux qui se déclarent « athées » sont parfois, dans leur vie et leurs engagements, un vivant témoignage de l’Évangile !
La tentation nationaliste

Mais au cœur de cette unité culturelle, le dia-bolos, le diviseur, est encore intervenu. Sur les ruines de l’idée impériale se sont affirmées des nations. L’Angleterre et la France ont tôt fait « bande à part », celle-ci préférant même, à partir de François Ier, l’alliance turque à la solidarité européenne : notre flotte manquait scandaleusement à la coalition européenne de Lépante (1571). Le XIXe siècle a ensuite marqué la victoire des nationalismes, avec leur succession de guerres « patriotiques »… On préféra alors exalter ce qui nous divisait plutôt que ce qui nous rapprochait, jusqu’au suicide européen des deux guerres mondiales.

La construction européenne, qui a mis fin à ces guerres fratricides, il faut le souligner, respire le christianisme. Par ses promoteurs d’abord : le procès de béatification de Robert Schuman, auteur de la Déclaration du 9 mai 1950, est en cours, et ses partenaires Adenauer et De Gasperi étaient de fervents catholiques. Par son inspiration ensuite : ne plus fonder la paix sur l’idée de revanche, créer une « Europe du pardon et du don » (H. Tincq). La CECA n’est pas sans rappeler Isaïe : « Martelant leurs épées, ils en feront des socs ; de leurs lances ils feront des faucilles. » Par sa composition, enfin : les six États fondateurs sont tous à majorité catholique (la RFA de l’époque comprenant essentiellement les régions catholiques de l’Allemagne), et le drapeau européen ne représente pas les États membres, mais la couronne de la Vierge.

Un « club chrétien »

L’Europe est donc bien un « club chrétien », et même catholique, car la CEE a d’abord englobé des pays catholiques, avant de s’étendre à des pays protestants, puis orthodoxes. Mais l’on note que les premiers problèmes sérieux (après le vote négatif de la Norvège) viennent de la Grèce, orthodoxe, et du Royaume-Uni. Quant à l’Église, elle est longtemps restée centrée sur l’Europe, le pape actuel étant le premier issu d’un autre continent — encore sa famille n’était-elle immigrée que de fraîche date. Mais de même qu’il faut deux jambes pour marcher, deux poumons pour respirer, et deux cerveaux pour penser, l’Europe et l’Église forment depuis plus de quinze siècles un tandem inséparable. L’Europe sans l’Église, l’Europe à la place de l’Église, ne serait plus l’Europe.

Jean-François Chemain



Source : Aleteia

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Le coin de l'Yourop en 2019
PostPosted: Fri 22 Mar - 18:33:20 (2019) Reply with quote
Bonne Maman
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Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »

L’auteur de « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » (Fayard) répond aux nombreuses critiques et accusations qui se sont abattues sur son livre depuis sa sortie. Pour lui, il s’agit bien d’un livre d’enquête sur les origines du projet européen. Entretien

Jean-Sébastien Ferjou : Un certain nombre d'Européens se désolent que l’Europe ne puisse pas s’appuyer sur l’équivalent d’un roman national et que les billets représentent des ponts qui ne vont nulle part plutôt que des héros européens : avez-vous à l’inverse pensé votre livre comme une sorte d’anti-roman national européen pour faire voler en éclat tout ce qui pourrait aider à l’émergence d’un sentiment d’identité « charnel » ? Car « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » (Fayard) n’est pas un livre théorique mais un livre de chair et de sang, qui fourmille de portraits de héros nationaux ou d’anti-héros européens.

Philippe de Villiers : Pour qu'il y ait un roman national, il faut qu'il y ait un légendaire, un rêve, une projection de soi-même, une affection, des voisinages, une personnalité. Or, l'Union Européenne ne possède rien de tout ça. Elle s'est détournée de la civilisation européenne, l'a détruite à petit feu en instituant une société multiculturelle et donc multi-déculturée. Il n'y a pas de roman national européen parce qu'il n'y a pas de peuple européen. Nous n'avons pas les mêmes mœurs, les mêmes langues, les mêmes traditions.

Quant aux points communs qui nous réunissent dans notre histoire, et qui sont liés à la mémoire chrétienne, ils sont rejetés par les institutions européennes elles-mêmes. L'histoire de la construction européenne c'est La tabula rasa, l'histoire d'un mythe fabriqué, d'une abstraction.

Comment pourrait-il y avoir un roman national dans ce non-pays où les mots-clés d'une société politique ont été changés ? Gouvernement est devenu gouvernance, mot qui vient des banques, le peuple est devenu une société civile, la loi est devenue une régulation, le territoire est devenu un espace sans frontières. On pourrait continuer ainsi, à décrire le glissement de la sémantique qui traduit le glissement de cette Europe informe vers "globalia".

Votre question me fait penser à la seule phrase, écrite à la main, par Jean Monnet, dans ses mémoires (tout le reste a été écrit par d'autres). C'est la phrase de conclusion, une question affirmation : "Ai-je assez fait comprendre que la communauté européenne que nous créons n'a pas sa fin en elle-même mais qu'elle n'est qu'une étape vers les formes d'organisation du monde de demain ?" Monnet était mondialiste avant la lettre.

Pour lui, l'Europe ne devait en aucun cas être un nouveau pays, un nouvel État, une nouvelle puissance, mais un simple marchepied, une simple étape vers les formes d'organisation du monde de demain : un marché connexe au marché américain, dans ce qui est devenu un marché planétaire de masse, avec non plus des citoyens romains mais des consommateurs compulsifs, qui s'inclinent devant le divin marché, et une gouvernance acéphale, voulue par Monnet et par ses officiers traitants.

De votre point de vue, souverainiste, attaché à la préservation de l'identité française, n'est-ce pas une chance ? La nation européenne n'existe pas et son roman non plus mais il y la réussite d’un continent ayant retrouvé la paix et un rêve européen développé par les Pères Fondateurs de l'Europe. C'est à ce rêve-là que vous vous attaquez. Auriez-vous préféré une Europe plus classiquement politique mais aussi plus difficile à combattre que la Globalia que vous dénoncez ?

Philippe de Villiers : Il y avait deux manières de faire l'Europe. La première –et c’est ce qu’on a choisi de faire- était de construire une Europe de la marchandisation, une Europe intégrée, sans âme, sans rêve ou armée d’un rêve mensonger, d’un mythe fabriqué à partir des mémoires de Monnet qui sont une vaste entreprise de mystification. Cette Europe-là repose sur une architecture post-politique, sans les États. Une Europe ni inter-étatique ni supra-étatique. Et normalement les fédéralistes devraient être aussi déçus que moi, puisque l'Europe n'est pas fédéraliste. Une Europe fédéraliste devrait rassembler les États pour construire quelque chose d'autre.

La deuxième possibilité était l'Europe de De Gaulle, l'Europe des Nations, fondée sur le principe de la souveraineté, car sans elle il n'y a ni continuité historique ni démocratie, donc il n'y a pas consentement des peuples. Cette Europe aurait pu se construire sur le principe de la coopération inter-étatique, ça aurait pu être une Europe à géométrie variable, l'Europe des anneaux olympiques, de la coopération entre les institutions et les entreprises. D'ailleurs la seule chose qui marche en Europe c'est l'Europe de la coopération, Erasmus, Ariane, Airbus.

Et le marché commun.

Philippe de Villiers : Parlons-en. Si De Gaulle, en 1958, a donné suite à l'entrée de la France dans la Communauté Européenne, c'est pour le marché commun et la préférence communautaire. Il y avait une communauté de producteurs et de consommateurs. Mais elle a disparu au moment de Maastricht.

Dans l’Union Européenne d'aujourd'hui, qui va vers l'épuisement final puisqu'elle est devenue une cible, il y a un mythe fondateur, fondé sur un mensonge : tous les 9 mai, dans toutes les écoles de France et d'Europe, on lit des pages choisies des écritures sacrées. On explique l'histoire sainte de l'Europe, avec Moïse qui sort d'Égypte pour conduire son peuple à la Terre de Promission, et Josué qui arrive à la Terre de Promission. Monnet, Schuman. Or ce mythe est faux, construit sur un mensonge, car ce que j'ai découvert en premier c'est une lettre de Shepard Stone de la Fondation Ford, qui rappelle à Monnet la nécessité de lui fournir la liste des gens qui vont écrire ses mémoires, et le numéro de compte auquel il va falloir apporter l'argent.

En d'autres termes, j'ai découvert les documents qui confirmaient certaines thèses universitaires selon lesquelles les mémoires de Monnet ont été commandées, inspirées, financées par le département d'État de Washington. Les Américains ont expliqué à Monnet qu'il fallait faire croire aux Européens qu'on allait construire une Europe troisième voie, une Europe puissance. Les Américains, pour faire croire aux Européens qu'ils devaient s'engager dans cette aventure, ont vendu l'idée que chacune des nations allait être démultipliée. C'est une idée de lawyers pragmatiques, intelligents, conquérants, qui ne voient en l'Europe qu'un marché annexe où écouler les surcapacités productives.

C'est pourtant une idée que les Européens ou les Français peuvent avoir par eux-mêmes aussi. On entend souvent cet argument du "comment voulez-vous que face à la Chine nous nous en sortions tout seuls ?". Pensez-vous réellement que cette idée n’a prospéré que parce qu’elle était poussée par les Américains ou parce qu’en soi, même si elle avait cette origine-là, elle entrait en résonance avec le monde tel qu'il existe depuis 1945 ?

Philippe de Villiers : Certains Européens ont résisté à la mainmise américaine sur l'Europe mais la plupart ont accepté, à l'époque du plan Marshall et ensuite, l'idée que l'Europe devait être une Europe soumise, à travers l'OTAN par exemple, à l'Amérique. Ils ont accepté la protection américaine, et c'est là le coup de génie américain. Le département d'État a pris prétexte de la Guerre Froide pour configurer une Europe à sa main.

À l'époque, ils voulaient empêcher que l'Allemagne et la France ne constituent une force commune comme la projetait le traité de l'Élysée. Quand les Américains l'ont découvert, ils ont demandé à Monnet, contre 150 000 dollars, de faire une campagne auprès des députés du Bundestag pour ajouter un préambule atlantiste et neutraliste qui vidait de sa substance le traité de l'Élysée.

Certains Français, anti-communistes, considéraient pendant la Guerre Froide que les Américains étaient nos alliés, qu'ils nous avaient rendu service, qu'ils étaient venus à notre secours deux fois de suite, mais qu'ils devaient être à leur place et nous à la nôtre, que l'Europe devait rester libre, européenne et indépendante. C’est respectable. Mais ce n'est pas du tout la vision de Monnet.

Qu'est-ce que cela nous dit de l'Europe d'aujourd'hui ? Tous les mythes fondateurs sont des mythes, le roman national réécrit l’histoire en fonction de ses intérêts presque par essence… Vous qui êtes vendéen êtes bien placé pour savoir que le roman national français a largement détourné la mémoire des guerres de Vendée…

Philippe de Villiers : L'architecture de l'Europe repose sur un vice constitutif. L'idée d'un processus normatif, qui échappe à tout contrôle démocratique et dans lequel les lobbies sont partie prenante est une folie.

Quand j'étais jeune, j'écoutais les grands anciens comme Valéry Giscard d’Estaing qui disaient : "Il y a des dérives, ce n'est pas cela qu'on voulait faire au commencement du projet européen mais on va corriger les dérives." J'ai donc cherché les dérives et je me suis aperçu que le gène déconstructeur qui mine et fragmente l'Europe d'aujourd'hui et la met au bord de l'abîme était déjà dans l'ADN du corps d'intentions des pères fondateurs. L'Europe sans tête, sans corps, sans racines et sans âme était prévue dès le début.

Figurez-vous que je viens juste de comprendre ce qui m'est arrivé en 2004, dans mon combat pour sauver les abeilles. Des chercheurs et apiculteurs sont venus me voir en disant "Peut-être aurez-vous le courage d'attaquer le fipronil et l'imidaclopride, qui sont deux neurotoxiques extrêmement puissants et dangereux et qui expliquent la fin du monde des abeilles". Je publie mon livre, et immédiatement l'avocat d'Albin Michel, me fait savoir que Bayer attaque. A partir de cet instant, à l'Assemblée Nationale et au Parlement européen, je me retrouve seul face au ministre de l'Agriculture de l'époque, Hervé Gaymard, et aux commissaires européens, extrêmement offensifs. Et bien, ce matin, je découvre dans la presse un article annonçant que Bayer paye des sommes considérables aux partis politiques européens.

La leçon est édifiante : l’Europe est totalement infiltrée par les lobbies au premier rang desquels figurent Soros et les GAFA. Quand il n'y a plus la puissance publique, il y a les intérêts privés. Des puissances légales et illégales qui répondent à des allégeances cachées. Nous avons des élus politiques qui obéissent à des bureaucraties supranationales, qui elles-mêmes obéissent à des allégeances cachées.

Sont-elles si cachées que ça ? Les groupes d'intérêts sont transparents au parlement de Bruxelles, beaucoup plus qu’au Parlement français. Comment expliquez-vous que les défenseurs des abeilles ou de l'Europe des Nations ne parviennent jamais à s'organiser avec la même efficacité que les groupes d’intérêt dont vous parlez ? Pourquoi n’y a-t-il pas de groupe Bidelberg souverainiste ?

Philippe de Villiers : Parce que les moyens financiers des uns sont sans rapport avec les moyens financiers des autres. Le petit peuple des apiculteurs est bien incapable de faire face à Bayer Monsanto. Ce mécanisme de la loi infiltrée, qui ne trace plus la destinée vers le bien commun mais n'est que la résultante de pressions plus ou moins connues, c'est très malsain et contraire à la culture européenne. Il y a 25 000 lobbyistes et 3 milliards d'euros dépensés chaque année à Bruxelles. C'est complètement fou.

Ils ont des milliardaires, nous non.

Vous aviez pourtant rencontré Jimmy Goldsmith…

Philippe de Villiers : Oui mais c’est bien le seul. C’était un milliardaire qui s’était retourné contre le système mondialiste et l’accusait de tout détruire, un système dans lequel ce sont les pauvres des pays riches qui subventionnent les riches des pays pauvres.
Serait-ce si différent si tout se jouait exclusivement à Paris ? On peut comprendre les possibilités politiques théoriques que peuvent offrir la souveraineté et l'identité mais avec le recul de votre longue expérience politique, êtes-vous certain que la France seule se comporterait différemment de la manière dont se comporte l'UE au global. Assumerait-elle plus son identité ? Protégerait-elle plus ses frontières ? Se défendrait-elle plus face aux GAFAM et à l’impérialisme juridique américain que vous dénoncez ?

Philippe de Villiers : J'en suis certain ! Pour une raison simple, ce ne sont pas les hommes qui commandent la politique, mais la politique qui commande les hommes, comme dans le Dialogue des Carmélites "Ce ne sont pas nous qui tenons la Règle, c'est la Règle qui nous tient". En d'autres termes, quand un pays est souverain, il développe des anticorps à toutes les formes de dépendance, d'esclavage, d'abandon. La France a 1000 ans de savoir-faire diplomatique, qui est aujourd'hui stérilisé par Bruxelles. Vous citez l'exemple des GAFAM, mais il y a quinze ans j'avais proposé un internet européen, sur le mode d'Ariane ou d'Airbus. S'il avait été mis en place, avec une coopération européenne, plutôt que de se laisser infiltrer par les GAFAM on aurait aujourd'hui en Europe une puissance numérique bien supérieure.

On a déjà essayé avec le Minitel…

Philippe de Villiers : Bien sûr, mais la meilleure manière de disparaître c'est de n'être plus rien et aujourd'hui la France n'est plus rien face à Bruxelles ! Cette fameuse commission exécutive à la tête de l'UE a sa propre politique, qui n'en est pas une, il n'y a pas de diplomatie, pas de défense, regardez les Belges qui achètent leurs F-35 aux Etats-Unis. Cette Europe n'est plus rien et nous épuise ! Le livre "La France vendue à la découpe" (Editions du Toucan) de Laurent Izard montre que la plupart des entreprises françaises sont rachetées par l'étranger… 35 % des actifs des entreprises européennes sont aux mains de compagnies étrangères, c'est-à-dire 10 % de plus qu’il y a 10 ans. Même la Commission s’en alarme.
Peut être aussi pour des raisons de fiscalité, un problème qui, lui, est franco-français…

Philippe de Villiers : Oui mais d’abord parce qu'on ne défend plus nos fleurons et notre identité. Pour les politiciens le mot "France" ne veut plus rien dire, il est dépassé, c'est la "Startup Nation". Mais nous sommes rentrés dans un monde inédit, il ne faut pas raisonner comme du temps de Ford. Aujourd’hui les ressorts de l’économie sont nouveaux : c’est la combinaison contradictoire de l'infiniment petit et de l'infiniment puissant. J'en sais quelque chose avec le Puy du Fou, nous taillons des croupières à des géants du monde du loisir alors que nous sommes tout petits, du moins nous étions tout petits. C'est nous qui sommes invités à aller en Chine ou à Tolède, tout a changé !

Ne soyez pas Européens, soyez Vendéens ?

Philippe de Villiers : Soyez Européens du monde de demain et non pas du monde d'hier. Le monde de demain, ce sont des frontières comme filtres pacificateurs, des souverainetés exprimant le droit à la continuité historique et des nations comme familles de familles.

Cette Union européenne est à l'agonie parce qu'il y a le décrochage des peuples. Et pourquoi y-a-t-il le décrochage des peuples ? Parce que le rêve de la fusion des nations s'est désintégré dans le cœur des peuples, parce qu'il était tramé dans un tissu de mensonge : la prospérité, la sécurité, la protection, la puissance. Le Brexit, c'est la porte qui s'ouvre. Après le Brexit, il y aura le groupe de Visegraad. J'ai rencontré Viktor Orban qui m'a dit : "il y a deux Europes, il y a deux mondes. Il y a ceux qui veulent construire l'Europe en se passant des vieilles nations et ceux qui veulent construire l'Europe en les retrouvant."

S'appuyer sur la nation peut-il suffire pour affronter l’avenir ? Dans le livre, vous évoquez vos amis d'Europe de l'Est, et vous parlez des régimes communistes qui faute de légitimité, justement, s'étaient appuyés sur le principe national, en Roumanie, en Hongrie. Cela n'a pas suffit pour eux. Est-ce que cela suffirait pour nous ?

Philippe de Villiers : Il y a trois facteurs de puissance. Un, la souveraineté : je suis souverain, je suis indépendant. La souveraineté, c'est la compétence de la compétence, disent les juristes. Je suis chez moi, je suis libre. Ensuite il y a l'identité : je suis affilié, j'ai des racines. Mon rêve trouve sa source, son exubérance, son rayonnement à partir de toutes mes dettes morales et affectives. Et troisièmement, la coopération, les voisinages. Pour la France, les voisinages, c'est le monde entier. La France a une raison singulière d'être lié à tous les pays du monde, quand ce n'est pas cent, une raison qui tient à l'histoire, qui tient à la langue, qui tient au rêve que la France constitue pour les pays du monde entier, puisque chaque peuple a deux rêves : le sien, et un peu du rêve français. C'est notre richesse, notre trésor. C'est tout cela qu'on est en train de mettre en jachère. Je ne vous dis pas qu'il faut substituer à l'Union Européenne le repli français. Il faut faire des additions de puissance et non pas des soustractions de puissance.

Je pense, comme j'ai eu l'occasion de le dire à Emmanuel Macron, qu'il faut faire tout de suite l'Europe d'après. L'Europe d'après, c'est l'Europe de la souveraineté, de la coopération et des voisinages. C'est le continent, de l'Atlantique à l'Oural.

Vous qui avez, à certains moments en tout cas, une relation privilégiée avec le Président de la République, avez-vous l'impression qu'il vous écoute ? Lors de L'émission politique entre Marine Le Pen et Nathalie Loiseau, la ministre des Affaires Européennes, la vision de l'Europe défendue par cette dernière était très loin de celle que vous exposez-là…

Philippe de Villiers : Je vous réponds sur la relation privilégiée. Emmanuel Macron est venu au Puy du Fou, quand il était ministre de l'Économie, pour saluer un fleuron français. Ces prédécesseurs allaient à Disneyland où ils se croyaient en France. Cela vaut de ma part un sentiment de gratitude qui ne s'efface pas avec le temps. Il se trouve que cette amitié qui est née au Puy du Fou a perduré, mais c'est une amitié dans la vérité, et la vérité est parfois rude. Il m'accorde le droit de tout lui dire. Il accepte une totale liberté de ton. Je lui reconnais cette liberté-là.

Je lui dis : "Emmanuel, vous êtes européiste. Avec votre souveraineté européenne, vous allez renforcer la Commission de Bruxelles qui nous détruit, vous allez encore un peu plus nous éloigner du pouvoir. C'est une folie d'accorder à une institution moribonde un peu plus de pouvoir. Le pouvoir de nous tuer."

Deuxièmement, je lui dis : "Vous êtes mondialiste. Le pacte de Marrakech est une faute puisque vous préparez la migration de masse, alors que les Français n'en veulent plus ». Nous avons perdu 100 000 emplois industriels en 5 ans, c’est une hémorragie continue.

Et troisièmement : "Vous êtes multiculturaliste, et à vouloir juxtaposer deux civilisations sur notre territoire, vous allez exposer toute l'Europe à son propre éclatement et aussi à sa disparition."

Je lui dis que son discours que l’on retrouve dans la vidéo de campagne des Européennes d’En Marche sur le progressisme et le populisme est dangereux. Le populisme, c’est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir. Le progressisme porte aujourd’hui, à partir des deux principes actifs du Traité de Rome, la liberté de circulation et la non-discrimination, un double bouleversement de civilisation : la fin de la frontière physique qui produit l’Homme nomade, l’Homme remplaçable ; la fin de la frontière anthropologique qui produit l’Homme désaffilié sans humus ni postérité, la fabrique de l’Homme de sable.

Et que vous répond-il ?

Philippe de Villiers : Ce qu'il me répond doit rester dans le secret de nos conversations qui sont privées. Je ne suis plus un homme politique : je parle à qui me parle. Quand Emmanuel Macron m'appelle, je lui réponds, parce que je me dis que si je peux l'influencer, cela ne sera pas du luxe. Là par exemple, je lui ai dit : "la seule manière que vous avez de vous sortir de ce débat stand-up, c'est de faire un référendum sur l'immigration, parce que c'est la question clé. Ou bien on arrête la migration de masse et on impose en France l'art d'être français. C’est-à-dire la fin du voile, du hallal, des djellabah qui gouvernent 1500 cités où les petits blancs deviennent des passe-murailles. Ou bien vous traitez ce problème, ou bien vous ne ferez qu'un mandat." C'est une de nos dernières conversations.

Vous disiez qu'on en est à l'essoufflement de l'Europe, mais les enquêtes d'opinion montrent que ce n'est pas particulièrement le cas. C’est-à-dire que oui, les gens ne croient plus vraiment à cette Europe-là mais ils demeurent assez européens dans l'absolu et le souverainisme a un potentiel électoral limité. Vous-même disiez que vous aviez quitté la vie politique parce que vous constatiez que vous étiez minoritaire.

Philippe de Villiers : Les choses sont en train d'évoluer dans des proportions que personne ne connaît. Il suffit de voir ce qui s'est passé depuis dix ans en Europe. Je pense que les Européens sont attachés à l'Europe, c’est-à-dire à la civilisation européenne. Nous avons entre nous des beaux fruits qui sont attachés à notre histoire : l'Europe bénédictine, l'Europe de Léonard de Vinci, l'Europe baroque, l’Europe de Cervantes et de Dostoiëvski … Si l’Europe n’est plus qu’une « tabula rasa », ce n’est plus l’Europe : c’est un espace sans frontière, c’est ainsi qu’elle s’appelle, c'est-à-dire un corpus juridique et non plus un corps politique. Ce que vous dites me fait penser à la phrase de Rémi Brague : "Être européen, c'est être romain, c’est-à-dire avoir en amont un classicisme à imiter et avoir en aval une barbarie à soumettre." Un Français, c'est quelqu'un qui veut l'Europe. D'ailleurs Erasmus, c'est l'Europe.

Mais l'Europe a été capturée du temps de Monnet et Schuman par un système idéologique qui n'est pas l'Europe. C'est la raison pour laquelle j'ai intitulé un de mes chapitres : la révolte de l'Europe charnelle. L’Europe idéologique a immolé son enveloppe charnelle.

Viktor Orban par exemple, me citait l'illustration suivante qui confine à la tragédie : "lorsque le communisme s'est effondré, que vous nous avez tendu les bras, après des années d'oppression, nous étions dans les larmes, c'était des larmes de joie parce que nous avions l'impression de rentrer chez nous. Nous sommes l'Europe tout autant que vous, nous les Hongrois. Et voilà que, surprise, on découvre un impérialisme à l'intérieur même de l'Europe qui nous rappelle l'impérialisme que nous avons connu avec la souveraineté limitée." C'est une très belle manière de dire que nous sommes tous attachés à l'Europe et que l'Union Européenne détruit l'Europe dans sa civilisation même. C'est là le piège. Beaucoup de gens confondent l'Europe et l'Union Européenne. Pour sauver l'Europe, il faut qu'on se débarrasse de l'Union Européenne, de ce système Junker qui est « un bateau ivre ».

Justement, vous considérez qu'en quelque sorte, le ver était dans le fruit et que le pêché originel post-national de la pensée des fondateurs empêche qu’il y ait quoi que ce soit à sauver dans l’Europe telle que nous la connaissons. Ne peut-on pas soutenir qu'il y a quand même des choix ou des erreurs qui ont été faits ensuite, notamment au moment de la chute du mur de Berlin et que cela a été des stratégies tout à fait "nationales" et absolument pas désincarnées. Lorsque Helmut Kohl a voulu la réunification allemande ou que François Mitterrand a voulu l'euro pour contrôler la puissance allemande, c’était des choix fondés sur la perception de l’intérêt national de la France ou de l’Allemagne. Ne serait-ce pas précisément aussi parce que l'Europe est restée nationale qu'elle s'est enfermée dans le piège dans lequel elle végète à l'heure actuelle ?

Philippe de Villiers : Là, vous évoquez une période que je connais bien, puisque j'ai eu l'occasion de parler avec François Mitterrand quelques jours après la chute du mur de Berlin. Il a lancé à ce moment-là - Roland Dumas en parle longuement dans ses mémoires - une idée nouvelle qui s'appelle la confédération européenne. Mitterrand a considéré que le système en gestation de Maastricht n'était pas la bonne réponse à la chute du mur. Il a eu une intuition juste et il a pensé qu'il était temps de faire la grande Europe de l'Atlantique à l'Oural, en commençant par une confédération européenne. Cela voulait dire : les pays de l'Europe post-pénitentiaire doivent être accueillis par nous mais il faut mettre des écluses et ils n'accepteront jamais notre souveraineté limitée. Il a dit à Delors à ce moment-là, j'en étais témoin : "ne cherchez pas à enrégimenter l'Europe de l'Est, vous n'y parviendrez pas. Il faut faire la grande Europe". C'était une manière d'abandonner cette fausse bonne idée de l'euro qui n’a fait qu’accroître les divergences de nos économies nationales.

A l'arrivée, il y a quand même eu le traité de Maastricht…

Philippe de Villiers : Justement, qui a empêché la confédération ? L'Amérique, la diplomatie américaine, le département d'État qui ne voulait surtout pas de cette confédération, parce que les Américains avaient peur d'une Europe puissance. Hubert Védrine vous confirmera cela, lui qui a sur l'Europe une vision enracinée dans son expérience et conforme au bon sens. Védrine dit par exemple : "l'Europe n'est pas la mère de la paix, elle en est la fille, la fille de la guerre froide. Les deux pères de l'Europe sont Truman et Staline."
C'est une réalité historique difficilement contestable, malgré tout, l'Europe est toujours restée nationale. Vous parliez des frontières, Emmanuel Macron ferme tout autant la frontière de Vintimille que Viktor Orban ferme sa frontière à lui. Il y a des manières de présenter les choses différentes mais on est toujours resté dans des logiques d’intérêt national.

Philippe de Villiers : Parce qu'on ne peut pas, d'un trait de plume, effacer 10 000 ans d'histoire. On voit bien par exemple avec Air France- KLM que les Pays-Bas, qui sont pourtant un pays plutôt neutraliste, qui n'a pas vraiment d'aspérité en termes de souveraineté, ont réagi en cherchant à défendre leur intérêt national. Les nations demeurent une réalité vitale et on ne peut rien construire sans elles. Accorder les souverainetés, c'est s'enrichir des composantes nationales pour faire une Europe forte.

Pourquoi, en Europe de l'Ouest du moins, les nations ne parviennent-elles pas, ou peu, à produire des grands hommes soucieux de la ligne nationale que vous défendez ? Nombre de figures politiques qui s’inscrivent dans cette vision, indépendamment de leur ligne idéologique en tant que telle, ne sont pas forcément les plus efficaces... On l'a vu récemment encore avec Marine Le Pen perdant un peu ses moyens face à une Nathalie Loiseau pourtant passablement maladroite par ailleurs. On se souvient tous aussi du débat d'entre-deux-tours… Pourquoi les Philippe Séguin, les Charles Pasqua ou vous-même, n'y arrivez-vous pas ?

Philippe de Villiers : Il faut du temps et de la patience pour que l’histoire donne raison aux dissidents. Et puis, l'Europe a tué la politique. Quand il n'y a plus de souveraineté, il n'y a plus d'hommes politiques, il n'y a plus, sauf exceptions, que des histrions dans toute l'Europe. Il n'y a que des histrions qui répondent à des normes marketing, qui sont dans les humeurs de l'instant et qui naviguent dans la société médiatique. Le cri des gilets jaunes, c'est un cri qu'il faut savoir articuler : « qu'avez-vous fait de nos pouvoirs ? Vous les avez dispersés, confiés à d’autres. Qu'avez-vous fait de la France, de ses voisinages affectifs, de sa personnalité, de sa civilisation ? ». Quand il n'y a plus la souveraineté, il n'y a plus de conversation légitime, il n’y plus d’agora, c’est le grand vide civique.

Jusqu'à ses représentants, quels qu'il soient ?

Philippe de Villiers : Quand on a tué la démocratie représentative, et qu'on l'a remplacé par la démocratie participative, le Grand Débat, il n'y a plus de capteurs. S’il y avait eu encore des Députés-Maires, il n’y aurait sans doute pas eu de mouvement des Gilets jaunes.

Les politiciens ne croient plus qu’à la fraternité cosmique.
Vous avez beaucoup été accusé, depuis la sortie du livre, de complotisme et de plagiat. Qu'avez-vous à répondre aux accusations qui vous ont été faites ? Sur deux angles, l'un étant que vous êtes imprécis, l'autre étant : « on savait déjà tout ça ». Etes-vous êtes tombé sur un argument au moins qui vous aurait troublé et dont vous vous seriez dit : celui-là, il quand même pertinent ?

Philippe de Villiers : J'étais justement en train de me dire : la réplique est d’une indigence surprenante. Le mot plagiat est un mot insultant. Mon avocat ainsi que celui de Fayard déposent en ce moment-même une plainte en diffamation avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction.

Un plagiat, c'est quand on copie un auteur qu'on ne cite pas. A aucun moment, ce n'est le cas et mon livre est hyper-référencé. Comme dirait de Gaulle, ce n'est pas à soixante-dix ans, après avoir écrit trente livres, que je vais commencer une carrière de plagiaire ! Mon lectorat me reconnaît une chose, c'est que j'ai mon style à moi, qui sans doute explique un petit peu le succès de mes livres. C'est minable d'avoir écrit cela. Ils pensaient en fait discréditer le propos, le fond du propos, en discréditant l'auteur. Quand on ne peut plus utiliser la lance à incendie, parce qu'elle est insuffisante, en France on utilise la lance à purin.

« Complotisme »… Le complotisme, ce sont des rumeurs, des contre-vérités, des théories, des fantasmes. Mon livre, c'est le contraire, c'est un livre d'enquête et de révélations. J'étais persuadé que les esprits critiques et avisés allaient se précipiter sur les documents, les 111 pages avec mes commentaires. J'étais convaincu qu'il y aurait une discussion au fond. Mon livre n’a rien à voir avec le complotisme, il est une réponse au complotisme : des faits, des documents, des preuves. Je vais plus loin : les gens qui liront mon livre vont comprendre très vite que c'est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste. La méthode Monnet est fondée sur l'opacité, pour ne pas inquiéter, ne pas affoler les peuples, et cela fonctionne très bien depuis soixante-dix ans.

Quand on dit complotiste, on veut dire que c'est faux. En même temps, on me dit : « tout cela on le savait déjà ». Moi je dis à ces gens : « vous avez bien de la chance, parce que moi je ne le savais pas. Vous saviez que Schuman avait porté l'uniforme allemand pendant la Première Guerre mondiale ? Moi, je ne le savais pas. Vous saviez qu'il avait voté les pleins pouvoirs à Pétain ? Moi, je ne le savais pas. Qu'il avait été ministre de Pétain ? Moi, je ne le savais pas. Qu'il avait été frappé d'indignité nationale à la Libération ? Moi, je ne le savais pas ».
Vous en faites tout de même une interprétation un peu maximaliste par rapport à la réalité des faits…

Philippe de Villiers : C’est ce que disent mes contradicteurs inquiets. Moi, je pars des faits, ils se suffisent à eux-mêmes. Ce qui m'a donné l'idée de faire ce livre, c'est quand je suis tombé sur la lettre de la Chase Manhattan du 29 janvier 1958, adressée à Monnet : on est heureux d'ouvrir un compte, 150 000$. J’ai relu les mémoires de Monnet. Ils soulignent qu'il était pauvre, sans moyens, avec des concours bénévoles. On dirait l'abbé Pierre. Qui ment ? Monnet ment. Mes accusateurs savaient donc qu'il y avait des versements secrets de dollars, avec des opérations d'influence servant des intérêts américains comme contrepartie. Il y a des télégrammes où Monnet et John Foster Dulles essaient de voir comment on peut bloquer l'indépendance nucléaire de la France avec la maîtrise des matières fissiles dans le cadre de l'Euratom. Si mes adversaires savaient tout ça, pourquoi ne l’ont-ils pas dit ? Il n’y a pas de maximalisme à conclure que Monnet a menti.

Cela a été dit pour partie, mais effectivement, ce ne sont pas éléments que les gens ont retenu dans le débat public.

Philippe de Villiers : Ceux qui veulent démolir mon livre ont envoyé au front des historiens ou des journalistes. En réalité, ils ne contestent rien des faits que je cite. Ils parlent seulement d’une « nécessaire contextualisation » à la manière de ces islamologues qui implorent devant des passages délicats du Coran : « il faut contextualiser ».
Ils contestent l'interprétation que vous leur donnez. Vous citez vous-même une confidence de Maurice Couve de Murville qui donne son titre au livre. Couve de Murville lui-même a été impliqué dans le régime de Vichy…

Philippe de Villiers : Je ne vois pas en quoi cela viendrait affaiblir la portée de sa phrase. Sur le fond, Monnet et Schuman ont reçu de l'argent pendant quinze ans pour mener des opérations d'influence au bénéfice non pas du projet européen mais de la vision que les Américains souhaitaient que nous en ayons. Qui parle des opérations d'influence dans la presse ? Personne.

Paradoxalement, vous avez utilisé la méthode qu'on vous a beaucoup opposé ou qu'on a beaucoup opposé à votre famille de pensée, en vous cherchant des poux dans la tête, en disant : regardez, MM. Longuet et Madelin étaient chez Occident, Patrick Buisson était maurassien, Eric Zemmour veut réhabiliter Pétain, etc., et finalement, vous utilisez la même. Comme s'il ne fallait pas prendre les gens à hauteur de leur discours aujourd'hui sans nécessairement considérer que leur passé est la clé explicative de tout.

Philippe de Villiers : Ce que je dis est très simple, c'est que Monnet, Schuman et Hallstein avaient des fragilités que les Américains ont identifiées, détectées, et utilisées pour construire la « non-Europe » qu'ils voulaient, c’est-à-dire un marché annexe avec une Commission exécutive et non pas une Europe libre, indépendante, concurrente.. C'est très grave, je comprends que ce soit perturbant pour ceux qui se réclament d’eux mais c'est vrai.

Avec ce livre, plus polémique, plus engagé que les derniers que vous avez écrits, vous redevenez un homme politique même si ce n'est pas en allant devant les électeurs mais devant les lecteurs : l’écriture et les classements des meilleures ventes que vous squattez aux côtés de votre frère le Général Pierre de Villiers, ont-ils plus d’impact politique que les mandats électoraux ?

Philippe de Villiers : J'ai abandonné mes mandats, j'ai gardé mes convictions. Il m'arrive parfois de descendre sur l'agora pour me mêler à la conversation civique. Avec ce livre, je le fais. J'ai changé de statut : je ne suis pas un donneur de consignes de votes, je ne suis pas un prescripteur qui a ses préconisations dans sa besace. Je suis un lanceur d'alertes ou plutôt un sonneur de tocsin avant que le muezzin n’arrive.
Est-ce plus efficace ?

Philippe de Villiers : C’est aux lecteurs de répondre. Ma circonscription lectorale, j'y tiens beaucoup plus qu'à ma circonscription électorale. On a plus d'influence aujourd'hui quand on est sonneur de tocsin que quémandeur d'un picotin de popularité.

Je suis totalement libre. Mes joies sont ailleurs : dans ma vie, j'ai créé quelque chose qui s'appelle le Puy du Fou, qui suffirait à la vie d'un homme et à ses fiertés rétrospectives. Quand je suis au Puy du Fou, le public me couvre de lauriers. Mais, entre les feuilles, dans le vent du soir, je perçois des rayons douloureux. Et j’en viens à prononcer chaque matin la phrase de Lamartine : "Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle". Mes lauriers se fanent en mon cœur meurtri parce que la France va mal. C'est une manière différente de la servir. Je ne regrette rien, j'ai été gouverneur territorial de la Vendée, j'ai voulu lui rendre sa fierté, je crois que j'ai réussi. J'ai mené des combats : Maastricht, la Constitution de 2005, etc.

Croyez-vous comme Jimmy Goldsmith vous l'avait dit dans un avion en direction du Parlement de Strasbourg après la campagne européenne que vous aviez réussie ensemble, qu’un jour, forcément, vous parviendriez à avoir la peau de cette Europe ayant tourné le dos aux nations ?

Philippe de Villiers : Le mur de Maastricht va tomber car le rêve des élites post-nationales de la fusion des Nations s’est évanoui dans le cœur des peuples parce qu’il était tramé dans un tissu de mensonges : la sécurité, la prospérité, la puissance. Le monde qui vient est celui de la postnationalisation, de la déglobalisation, - le circuit-court-, un monde de réaffiliation avec des frontières conçues comme des filtres pacificateurs.

J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, de Philippe de Villiers (éditions Fayard)



Source : Atlantico

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 La marine maltaise prend le contrôle d'un pétrolier détourné par des migrants!
28 mars 2019, 07:44
- Avec AFP


                        

Un navire de la marine maltaise patrouille devant un porte-avions britannique, dans un port de La Valette (Malte), à l'occasion d'un sommet des pays du Commonwealth en novembre 2015 (image d'illustration).



La marine maltaise a annoncé le matin pour 28 mars avoir pris le contrôle de l'Elhiblu I, un pétrolier ravitailleur détourné par les migrants qu'il avait secourus le soir du 26 mars au large de la Libye.
La marine maltaise a déclaré le 28 mars avoir pris le contrôle d'un pétrolier ravitailleur, l'Elhiblu I, qui avait été détourné par les migrants qu'il avait secourus au large de la Libye.
«Le pétrolier, son équipage et tous les migrants sont actuellement escortés par la marine [...] pour être remis à la police pour des investigations», a ajouté la marine, précisant que le navire était attendu à Malte dans la matinée.


L'Elhiblu I, qui bat pavillon de Palau, avait secouru ces migrants le soir du 26 mars et faisait route vers Tripoli pour les débarquer, quand il a subitement mis cap au nord le matin 27 mars. «Ce ne sont pas des naufragés mais des pirates», avait dénoncé le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, prévenant que le navire ne serait pas autorisé à pénétrer dans les eaux italiennes.
Quote:



Le capitaine a répété plusieurs fois qu'il n'avait plus le contrôle du navire et que lui-même et son équipage étaient forcés et menacés par un certain nombre de migrants exigeant qu'il fasse route vers Malte





Le navire a toutefois mis le cap sur Malte, où la marine a pu entrer en contact avec le capitaine quand il était à 30 milles des côtes. «Le capitaine a répété plusieurs fois qu'il n'avait plus le contrôle du navire et que lui-même et son équipage étaient forcés et menacés par un certain nombre de migrants exigeant qu'il fasse route vers Malte», a ajouté la marine dans son communiqué.
Le patrouilleur P21 de la marine maltaise a empêché le pétrolier de pénétrer dans les eaux territoriales de Malte et un commando des forces spéciales, soutenu par plusieurs navires de la marine et un hélicoptère, a été dépêché à bord «pour rendre le contrôle du bateau au capitaine» et l'escorter jusqu'à Malte.



                      https://francais.rt.com/international/60460-marine-maltaise-prend-controle-…




 A première lecture, "marine maltaise" peut engendrer un sourire, à ces marins, je dédie le refrain du 67ème Bataillon de Chasseurs


                           
Refrain : "Oui nous avons des couilles, et nous l'avons montré !".

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Quote:


Retrouvez cet article et l'info alternative sur : http://www.contre-info.com



http://www.contre-info.com/?fbclid=IwAR1IdueTasKg4juKZGciaiGbGCiYpC40EwLur0…

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Caporal, faudra que je le répète combien de fois que certains sujets deviennent inabordables sur les forums de législation française ?

Je laisse le lien mais franchement, vous me voulez en taule ou quoi ?

Le coin de l'Yourop en 2019
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 Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Dupont-Aignan, le 25 octobre 2017, lors du lancement des Amoureux de la France.

Photo © Vincent Isore / IP3 Press / MAXPPP
           Européennes : comment Dupont-Aignan a tenté de (et échoué à) réunir la droite hors les murs


Par Patricia de Sagazan


Publié le 25/04/2019 à 14:40


Depuis deux ans, le président de Debout la France cherche à rallier à lui ce qui pourrait ressembler au substrat de la droite hors les murs. Récit d'une entreprise inaboutie.

Attablés, le 24 mars, dans un bistrot du VIIIe arrondissement de la capitale, Jean-Frédéric Poisson et Samuel Maréchal, le père de Marion, refont le match devant un demi. Cela fait déjà quelques jours que Nicolas Dupont-Aignan (NDA) ne prend même plus la peine de répondre à leurs SMS. Le président de Debout la France (DLF) doit dévoiler, le lendemain, au cours d’une conférence de presse, les premiers noms qui figureront sur la liste Les Amoureux de la France dont il tient les rênes pour les élections européennes. Une liste qui devait sceller définitivement l’alliance conclue, à l’automne 2017, entre les patriotes, les souverainistes, les conservateurs et les défenseurs des libertés nationales de tout poil. La dérobade de NDA n’augure rien de bon. Leur éviction couve.


S’ils ne nagent pas dans les mêmes eaux politiques, Poisson au Parti chrétien-démocrate (PCD) allié aux Républicains et Maréchal intimement lié à la famille Le Pen, les deux hommes se connaissent de longue date et s’apprécient. Leurs routes s’étaient fortuitement croisées, en mai 2018, dans le cadre d’une soirée organisée par Les Éveilleurs d’espérance et l’Incorrect, intitulée « Débranchons Mai 68 ! », où Marion Maréchal intervenait. Ce soir-là, une conversation à bâtons rompus avait fait germer dans leur esprit la possibilité de travailler main dans la main à l’union des droites. Quelques mois plus tard, c’est en tandem indissociable qu’ils faisaient acte de candidature auprès de NDA, encore soucieux de constituer une liste de rassemblement pour les européennes. Le nom de Maréchal sonne par ailleurs délicieusement à l’oreille de NDA : ce dernier rêvant de former un ticket en 2022 avec Marion Maréchal, le père pourrait alors jouer le rôle de marchepied à son dessein.




                          https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/europeennes-comment-…

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_ Bon, ben, voilà, demerdenzizich...





Le programme pour les européennes de chaque liste en cinq points Ce lundi 13 mai marque le coup d’envoi de la campagne officielle des élections européennes.



POLITIQUE - Dans deux semaines, les jeux seront faits. Environ 47 millions de Français seront appelés aux urnes pour choisir, dimanche 26 mai, les 79 députés qui siégeront au Parlement européen. Ce lundi 13 mai marque le coup d’envoi de la campagne officielle des élections européennes durant laquelle 34 listes vont tenter de convaincre les électeurs de leur accorder leur confiance.
De quoi faire peut-être grandir l’intérêt pour ce scrutin qui est, jusqu’à maintenant, tout relatif; seulement quatre électeurs sur dix envisagent de prendre part à l’élection dans laquelle LREM et le RN se disputent la victoire. De quoi, espérons-le aussi, attirer l’attention sur le programme et les propositions de chaque mouvement en lice pour ce premier scrutin intermédiaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. 
Alors que le ministère de l’Intérieur s’apprête à ouvrir son site où vous pourrez découvrir l’ensemble des professions de foi de chaque liste, Le HuffPost vous propose de vous forger un premier avis en vous présentant les cinq propositions marquantes défendues par chaque liste. Vous découvrirez aussi pour chacune un lien vous permettant de consulter l’ensemble du projet.
           Les listes sont présentées selon l’ordre défini par le tirage au sort effectué par le ministère de l’Intérieur.




                         https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-programme-pour-les-europeennes-de-ch…

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_  Il y a 50 ans, le général de Gaulle s'opposait à l'entrée de l'Angleterre dans la CEE

LES ARCHIVES DU FIGARO - Le 27 novembre 1967, la France refuse, par la voix du général de Gaulle, l'adhésion du Royaume-Uni au Marché commun. Ce veto intervient alors que les partenaires de la France sont pour une ouverture des négociations immédiates dans le cadre d'un élargissement.

Par Marie-Aude Bonniel
Publié le 27 novembre 2017 à 09:18, mis à jour le 27 novembre 2017 à 13:17


                        .

Ironie de l'histoire: en 1967, l'Angleterre frappe à la porte de l'Europe alors qu'aujourd'hui le Brexit est sur les rails. Le processus de rapprochement de l'Angleterre avec les «Six» (au sein du Marché commun) remonte à octobre 1961. Lors d'une conférence de presse retentissante (le 14 janvier 1963), le général de Gaulle met un terme aux discussions: il explique son opposition avant même d'en référer aux cinq autres états de la CEE. Quatre années plus tard, le Royaume-Uni renouvelle son ambition d'adhérer à L'Europe. De nouveau, le chef de l'État français s'y oppose au cours de sa 16e conférence de presse.
Replaçons-nous dans l'ambiance de l'époque. Comme nous le rappelle Le Figaro dans son édition du 28 novembre 1967, l'intérêt du général de Gaulle pour ces exercices oratoires, que sont les conférences de presse, ne s'essouffle guère depuis 1958: «Jamais, peut-être, plus grande curiosité ne s'était manifestée. 1.100 journalistes représentant tous les pays de la terre, 200 diplomates, le gouvernement au complet et de nombreux invités démontrèrent que pour une très longue heure les oreilles et les yeux du monde étaient combien attentifs aux paroles du chef de l'Etat». Comme à l'accoutumé, le général de Gaulle manie avec adresse «boutades, images à l'emporte-pièce, mots pour rire».

C'est donc lors de cet «extraordinaire exploit», ce «one man show» que le général de Gaulle exclut toute forme de négociation: «Pour que les îles britanniques puissent réellement s'amarrer au continent, c'est encore d'une très vaste et très profonde mutation qu'il s'agit».
Au cours de la conférence, de Gaulle retrace en cinq actes les relations mouvementées de l'Angleterre avec le Marché commun. Il rappelle les volte-face successives des britanniques face à la construction de l'Europe depuis 1958, date du Traité de Rome. Notre journaliste, Roger Massip est mesuré devant ces arguments qu'ils ne trouvent pas «bien sérieux». En revanche toutes les objections du général liées à la monnaie anglaise sont à ses yeux beaucoup plus «consistantes»:

css-1f6kbo8 easfuyd0 wrote:



Marché commun incompatible avec l'état du Sterling tels que l'ont mis en lumière, de nouveau, la dévaluation, ainsi que les emprunts qui l'ont précédés, qui l'accompagnent.
Général de Gaulle




«Marché commun incompatible avec l'état du Sterling tels que l'ont mis en lumière, de nouveau, la dévaluation, ainsi que les emprunts qui l'ont précédés, qui l'accompagnent. L'état du sterling aussi, qui se conjuguant avec le caractère de la monnaie, de monnaie internationale qui est celui de la Livre et les énormes créances extérieures qui pèsent sur elle, ne permettrait pas qu'elle fasse partie actuellement de la société solide et solidaire et assurée où se réunit le Franc, le Mark, la Lire, le Franc belge et le Florin» analyse le général de Gaulle lors de sa conférence.
Il propose même d'envisager la fin du Marché commun: cela permettrait de faire rentrer l'Angleterre dans une association complètement différente. «La menace est claire» indique le journaliste du Figaro et d'ajouter: «Mais le général de Gaulle sait bien que nul ne le prendra au mot et que nos cinq partenaires veulent conserver le Marché commun tel qu'il est. C'est une manière habile de leur interdire d'insister en faveur de la candidature britannique».

La conférence de presse du 27 novembre 1967 du général de Gaulle où il s'oppose à l'entrée de l'Angleterre dans le Marché commun. Rue des Archives/©Rue des Archives/AGIP


                        https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/11/27/26010-20171127ARTFIG00…

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_  Le «début de la fin du projet» européen ? Farage se paye l'UE dans son dernier discours au Parlement.
30 janv. 2020, 13:46


En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/70895-debut-fin-projet-europeen-farage-paye-ue-dernier-discours-parlement




                           



                    https://francais.rt.com/international/70895-debut-fin-projet-europeen-farag…

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_ Les lobbyistes de Monsanto virés du Parlement européen : enfin l’UE se réveille !

vendredi 20 octobre 2017 à 5:16
sud-post__excerpt sud-excerpt wrote:


En plein sommet européen à Bruxelles, les lobbyistes de Monsanto ont été déclarés persona non grata au Parlement de Strasbourg. Une décisions historique.




                        



C'est une première, des lobbyistes du géant américain des pesticides, Monsanto, ont été interdits d'entrer au Parlement européen à Bruxelles. Ça n'était jamais arrivé, enfin l'Europe se réveille ! Il était temps car le monde du lobby est un monde à part à Bruxelles : ils sont plus de 25 000, une ville dans la ville… Beaucoup ont pignon sur rue, à tel point qu’une ONG, l'observatoire de l'Europe des entreprises, qui étudie ces groupes de pression, vient de publier un petit guide : le Lobby Planet !
C'est un livret qui permet au grand public de se balader à Bruxelles à la découverte des bureaux et de l'histoire de ces groupes de pression. On apprend aussi combien ils dépensent et dans quels secteurs. Des visites guidées sont même organisées par l'observatoire : le "Lobby Tour" ! Des visites guidées devant leurs bureaux qui ont le don d’énerver ces lobbyistes qui n'aiment pas qu'on les dérange...
Qu’en est-il à Paris, me direz-vous ! À l'Assemblée en tout cas, les lobbyistes ont du mauvais sang à se faire car grâce à la loi Sapin 2, du nom de l'ancien ministre Michel Sapin, leurs déjeuners, rendez-vous téléphoniques, "notes " et même propositions d'amendements devront être transmis à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique début 2018. Celle-ci rendra ensuite publiques l'ensemble de ces opérations sur son site. Ces nouvelles règles devraient, pour la première fois, mettre en lumière le cheminement de certains textes de loi.
On s'apercevra ainsi qu'un député La République En Marche a permis aux fabricants de cigarillos d'être moins taxés que prévu dans le cadre du projet de loi de finance de la Sécurité sociale. Pour la petite histoire, le même député est à la tête du groupe d'amitiés France-Cuba. Ça vous choque ?

Bref, nouveaux élus mais vieilles pratiques. Ce n’est pas ce qu’Emmanuel Macron nous avait vendu...


                           https://www.sudradio.fr/editorial/les-lobbyistes-de-monsanto-vires-du-parle…

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Monsanto s'en fiche, en novembre 2018 la firme a obtenu la reconduite de l'utilisation du glyphosate pour 5 ans dans l'UE.

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_  Êtes-vous favorable à une sortie de l'Union Européenne ?



                       https://www.mesopinions.com/sondage/politique/etes-favorable-sortie-union-e…

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_  Vidéo : un policier turc menace des migrants avec une arme, afin qu’ils se rendent en Grèce.



                        




 Le compte Twitter qui diffuse cette vidéo est celui de Bahar Kimyongür, un alaouite de Turquie vivant aujourd’hui en Belgique.


 Turquie: des migrants sont emmenés de force vers la côte égéenne en autocar. Un policier leur promet que des soldats turcs vont les faire passer en Grèce.


 Les passagers refusent.

Le policier s’énerve, les menace et dégaine son arme devant des enfants.



                             http://www.contre-info.com/video-un-policier-turc-menace-des-migrants-avec-…

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_  Humilié par Poutine, Erdoğan roule des mécaniques contre la Grèce et l’Union européenne.



                                                  





Jeudi dernier, Erdoğan est allé à Moscou s’agenouiller devant Poutine, comme d’autres se rendirent jadis à Canossa. Une dépêche de l’agence chinoise Xinhua révélait que « commentant des informations selon lesquelles Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdoğan, Angela Merkel et le Président français Emmanuel Macron [auraient pu] se rencontrer vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu que le président russe avait d’autres projets ce jour-là ». En termes moins diplomatiques, Poutine aurait refusé tout net qu’Erdoğan soit accompagné de Macron et Merkel. Information confirmée dimanche, sur France 24, par la journaliste de Libé Hala Kodmani. À quoi pourraient donc servir ces deux-là ? Quelle part ont-ils pris au conflit ? Quelle influence leur reste-t-il dans la région ? La mine penaude, lâché de toutes parts, Erdoğan dut accepter sans sourciller les conditions de son vainqueur, baissant les yeux comme l’enfant terrible en passe de recevoir la fessée de son maître.


Mais, comme toujours, les dictateurs défaits trouvent toujours des plus faibles sur qui se rabattre pour pouvoir, à nouveau, rouler des mécaniques. Alors, Erdoğan s’en est pris à l’Union européenne, et au plus fragile de ses membres, la Grèce, par ailleurs ennemi héréditaire de son pays. L’envoi de milliers de migrants a provoqué un séisme à Athènes et les choses sont en train de tourner à la guerre entre populations locales et réfugiés. Les forces armées turques sont intervenues, tirant avec des balles en caoutchouc sur les pompiers grecs venus repousser les assauts des migrants. Là, Erdoğan peut à nouveau plastronner et faire oublier sa déconvenue d’Idleb : ce n’est pas la pauvre Grèce et encore moins l’Union européenne qui risquent de lui infliger un nouveau camouflet. Car la Grèce essaie, avec ses moyens, de repousser l’invasion, sans aucun soutien de l’Union européenne. Madame von der Leyen a beau s’inquiéter de cette nouvelle vague, qui doit lui faire revivre le fantôme de 2015, quand son pays reçut en quelques semaines plus d’un million et demi de réfugiés, elle ne propose rien de concret pour stopper la nouvelle brèche béante ouverte dans la frontière de Schengen. Et Merkel et Macron sont aux abonnés absents. La pauvre Grèce est donc seule au front, dans la panade, face à une Turquie décidée à se venger sur elle de sa déconvenue face aux Russes.


Mieux encore : oubliant la terrible leçon de 2015, l’Union européenne n’a rien trouvé de mieux que de ressortir des tiroirs les quotas de réfugiés à se répartir entre pays membres. Et une aide de 700 millions d’euros pour soulager la Grèce, c’est-à-dire, en fait, pour la convaincre d’accepter les arrivants. La capitulation de l’Union européenne est doublement grave : elle recrée de facto un nouvel appel d’air pour les migrations ; en plus, elle sonne comme un aveu de défaite face à Ankara, car si, en 2015, les migrants avaient été accueillis volontairement par l’Allemagne, aujourd’hui, ils nous sont imposés par Erdoğan. Le tyran d’Ankara peut dormir tranquille : si Poutine lui inflige défaite sur défaite, il peut toujours se refaire une santé sur Bruxelles, Berlin et Paris. Et passer auprès de sa population pour un vainqueur, quand il ne fait que recueillir des lauriers sur l’impotence européenne.




                https://www.bvoltaire.fr/humilie-par-poutine-erdogan-roule-des-mecaniques-c…

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